Ode au pain

11 Nov

La mode aujourd’hui en termes d’alimentation tend à se conjuguer avec sophistication. Les traiteurs et restaurateurs rivalisent d’inventivité dans leurs présentations et dans le nom même de leurs plats, même les plus simples. L’œuf mayonnaise peut ainsi se transformer miraculeusement en « Paire d’yeux jaunes à lunettes claires observant un rocher blanc », la tomate mozzarella prend une tendance ethnique ascendant stendhalien après avoir été rebaptisée « la belle peau rouge et son chevalier blanc ». Au-delà de la modernisation de ces derniers survivants de la cuisine traditionnelle, les concepts fleurissent, visant à se démarquer de la grande méchante cuisine industrielle aujourd’hui très largement décriée. Et nous nous retrouvons ainsi, nous consommateurs, ballotés au gré des vagues du néo-bio à la cuisine moléculaire. Jusqu’à ce que finalement, passé l’effet de surprise, toutes ces tendances finissent par lasser, l’une chassant irrémédiablement l’autre.

Mais il est un aliment presque universellement apprécié, qui a su traverser les années, les décennies, les siècles, à la fois très simple et très savoureux, Eh oui, il me faut l’avouer, l’une de mes nombreuses (mais toujours saines) addictions, c’est de jouer à la chineuse de pains. Et j’ai la chance qu’à Paris, les boulangeries ne manquent pas, pour mon plus grand bonheur.

Quand donc, d’autres en se promenant au fil des rues, regardent seulement les bâtiments, sans but précis, je traque avec attention les jolis panneaux à épis et les devantures de boulangeries. Et quand j’ai le bonheur d’en découvrir une nouvelle, je prends mon temps pour évaluer son potentiel, observant sa fréquentation, scrutant la beauté de ses gâteaux et, surtout, le plus important, regardant attentivement l’aspect et le nombre de pains différents, avant de décider si j’en franchis ou non la porte.

Parce que, je dois l’admettre après avoir ironisé sur les modes culinaires, j’adore découvrir des pains inconnus et innovants. Et dans ce domaine, à l’instar de leurs amis restaurateurs, les boulangers contribuent pleinement à combler mon désir de nouveauté : pain bûcheron, pain de trois, pain aux céréales, pain aux fruits secs, pain au maïs, pains fourrés, salés ou sucrés, pain au curry ou curcuma (parmi mes préférés), pains aux amandes, noisettes ou pistaches, pains ronds, pains longs, pains individuels ou ficelles, je me délecte à tout goûter.

Je tiens ici à préciser qu’en bonne puriste, je tiens à manger le pain seul, pour lui-même sans atténuer ou altérer son goût en le tartinant de confiture, de tapenade, ou de toute autre garniture. Je veux sentir la force de la farine, la craquant de la croûte, la force de chacun des ingrédients de la « spécialité » choisie. Laisser ainsi le seul goût du pain réjoui mes papilles, laisser ce mets tant aimé à lui seul me rassasier.

Il est désormais tant de vous laisser, toutes ces évocations m’ont mise en appétit, il est temps de m’en aller céder à l’appel de ce péché mignon, dans lequel peut-être, vous vous reconnaîtrez : croquer avec bonheur le croûton de la baguette encore chaude.

En bonus, quelques-unes de mes meilleures adresses :

  • Le Coquelicot : 24 rue des Abbesses – 75018 Paris
  • Huré : 18 rue Rambuteau – 75003 Paris / 10 place d’Italie – 75013 Paris
  • Bonneau : 75 rue d’Auteuil – 75016 Paris
  • Gosselin : 125, rue Saint Honoré 75001 Paris / 28, rue Caumartin – 75009 Paris / 258, boulevard Saint Germain – 75007 Paris
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