Chronique chocolatière

18 Nov

Après vous avoir parlé de mon amour pour la plume, il est temps de poursuivre la genèse de la création du nom de ce blog, en vous entretenant gaiement de cette denrée exceptionnelle qu’est le chocolat. D’aussi loin qu’il m’en souvienne, le chocolat a toujours été présent à mes côtés, compagnon fidèle des occasions les plus festives et  des coups de blues des mauvaises semaines. Et je m’engage devant témoins à continuer à en manger, dans les moments les meilleurs comme dans les pires, jusqu’à ce que  la réalisation des prévisions de raréfaction des Paco Rabanne du cacao nous sépare.

Le chocolat, donc, ce héros des temps modernes, a été un témoin privilégié et un ami fidèle à chacune des étapes de ma vie. Et là, je vous entends frémir à l’idée de devoir subir les affres de la reconstitution de mon existence, depuis l’heure de ma naissance. Rassurez-vous, je serai brève, je saurai me contenter de narrer les passages permettant de comprendre les tenants et les aboutissants de ma relation avec le chocolat.

Tout commença donc vraisemblablement un matin, encore que mon jeune âge d’alors ne me permette pas de m’en souvenir avec précision, lorsque dans mon biberon fût introduite, en complément de la dose habituelle de lait, une dose de poudre provenant d’une boîte en plastique jaune sur laquelle était collée l’image d’un personnage du nom de Grosquick, qui devait devenir l’un de mes familiers. Très vite je m’habituai à cette dose de poudre journalière. Mais un jour, droguée comme je l’étais déjà, ce goût quelque temps auparavant inconnu, cette simple cuillère pas même rase diluée dans une énorme dose de lait, ne me suffit plus, et je voulus découvrir de nouvelles sensations. C’est alors que je découvris ce que l’on appelle des « plaquettes » de chocolat, là encore avec un emballage jaune et un autre animal dessiné dessus, un poulain cette fois, qui contenaient plusieurs rangés de petits rectangles à découper et à partager. J’étais trop petite encore pour pouvoir vous restituer les sensations qui furent miennes lorsque pour la première fois, j’eus le droit de goûter à cette nouveauté. Toujours est-il que ce jour confirma sans doute définitivement ma dépendance. Depuis, il ne se passe guère un jour sans que, sous une forme ou sous une autre, je ne déguste, engloutisse ou savoure délicatement ma dose de ce précieux aliment.

Car l’avantage du chocolat est aussi que l’on peut le consommer dans de nombreuses déclinaisons. Je ne ferai point non plus ici une liste exhaustive, le propos n’est pas d’écrire une encyclopédie des produits à base du chocolat. Je ne retiendrai subjectivement que mes mets préférés à base de cette substance quasi-divine.

La spécialité que j’affectionne le plus est tout naturellement le chocolat pour lui-même. Mais pas totalement sous sa forme brute, parce que cela serait trop simple – n’oublions pas que je suis une femme, je me dois d’introduire un peu de complexité dans mes goûts – j’avoue être une traqueuse invétérée des dernières recettes imaginées et une victime consentante du marketing offensif opéré par Lindt, Nestlé et consorts sur leurs plaques, quand je n’opte pas pour une gamme plus élevée et davantage de finesse en allant acheter ma plaquette chez un authentique chocolatier plutôt qu’au supermarché. Saveurs caramel, pointe de sel, violette, myrtille, wasabi, meringue, crème brûlée,  macaron, amande, noisette, Grand Marnier, praliné, crème de marron, nougat, pâte d’amandes, fruits secs,… je les ai toutes essayées. Et à chaque fois le même rituel : repérage de la future victime, approche et saisie, gracieux jeté dans joli panier, passage en caisse, imagination en ébullition à l’idée de la découverte de ce mélange innovant et encore méconnu, pensées qui vagabondent tout le long du trajet de retour, jusqu’au moment béni où je sors le précieux carré de son emballage pour l’insérer délicatement sur ma langue et laisser mon palais s’imprégner de cette nouvelle saveur, parfois très incongrue, parfois d’une douceur à m’attendrir moi-même, parfois très relevée pour s’accorder à mon caractère bien trempé, toujours riche et intéressante, et qui a presque systématiquement un goût de revenez-y… Car un carré tout seul bien trop souvent s’ennuie et j’ai définitivement acté que les morceaux de chocolat allaient par paires, parfois d’origine différentes (après tout, qui ne recherche pas à avoir de la compagnie ?). Ainsi, la dégustation du chocolat en tablette est-elle devenue un impondérable, une de ces petites habitudes heureuses qui ponctuent la fin (ou le milieu, et parfois même le début) de la journée, venant s’harmoniser avec le café de l’après-déjeuner ou clore fort agréablement une calme soirée.

Je pourrais disserter encore longuement sur ce classique, cet incontournable, mais je souhaite également vanter les mérites de ce délicieux breuvage qu’est le chocolat chaud. Vous ne manquerez pas de relever le paradoxe qui me faisait tout à l’heure dédaigner cette boisson qui noyait l’arôme cacaoté. Ma réplique est déjà prête, sans doute discutable, mais je parlais alors d’une poudre peu relevée, qui ne m’avait permis qu’un premier niveau de découverte, tandis que je veux désormais vous faire partager mon goût pour le chocolat chaud « à l’ancienne », fait avec d’authentiques carrés fondus à la casserole avec le lait, auquel on ajoute une touche de crème fraîche pour obtenir une texture plus dense. Cette recette, que l’on trouve dans les authentiques salons de thé, type Angelina ou Carette, est encore meilleure au milieu de l’hiver réunis à plusieurs, en famille ou entre amis, devant la cheminée, pour accompagner de longues discussions qui réchauffent les esprits mieux encore que le contenu de la tasse ne réchauffe les corps frissonnants à cause du froid de l’hiver.

Afin d’éviter de vous retenir trop longtemps, j’en viens maintenant au dessert, et, s’il en est de très nombreux qui contiennent du chocolat, il en est un qui me ravit tout particulièrement. Tantôt nommé fondant, tantôt mi- cuit, il s’agit de ce dessert généralement de forme ronde, dont les bords sont bien fermes et le centre presque comme une sauce, le mélange de ces textures lui conférant tous ces charmes. La cuisson de ce petit gâteau est donc l’élément clé qui en fera ou non le succès, plus encore que le dosage des ingrédients. C’est cela aussi que j’aime particulièrement dans le fondant, l’attention du cuisinier ou de la cuisinière à sortir sa préparation du four juste au bon moment pour réjouir ses convives. Et qui fait que les préparer est un bonheur tout autant que les manger. Et plus encore ce caractère métaphorique dont ils sont porteurs : forts et solides d’aspect extérieur, moelleux et coulants à l’intérieur, cela ne vous rappelle pas une ou plusieurs personne(s) que vous aimez ?

Je vous laisse, j’ai des gâteaux à sortir du four et des êtres chers à appeler pour les déguster…

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