Le dernier métro

3 Déc

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C’est un samedi soir, ou plutôt un dimanche matin. Les dîners et soirées ont été désertés parfois à la hâte, par les amis qui ont fait la fête ensemble, les familles qui se réunissaient, les couples qui vivaient un de leurs premiers rendez-vous. Une foule hétéroclite qui  se retrouve sur le quai de l’une des lignes du métro parisien pour attendre la dernière rame. Le compteur affiche 10 minutes d’attente.

Ceux qui ont couru respirent de nouveau, rassurés de ne pas être dans la situation des retardataires qui leur succèderont inévitablement, et de devoir se retrouver à rentrer à pied ou en Vélib’ par cette nuit glacée, ou de chercher un taxi, denrée qui à cette heure, se repère aussi facilement qu’une aiguille dans une botte de foin. Sur le quai, on trouvera aussi une ou plusieurs bandes de jeunes ayant prolongé l’amusement aussi longtemps que possible, plusieurs individus rentrant seuls après avoir profité de ces moments privilégiés en société, un ou deux couples pour lesquels le reste du monde n’existe pas, un sans domicile fixe profitant de la chaleur relative du lieu le plus longtemps possible…

Enfin, le train arrive, les usagers viennent rejoindre les passagers montés précédemment. Les wagons sont le plus souvent peu remplis, chaque voyageur pouvant tranquillement observer les places libres et choisir celle qui lui conviendra. Certains s’isolent pour profiter d’un moment de calme et laisser leur fatigue émerger avant de rejoindre la couette tant aimée, d’autres cherchent apprécient de se trouver face à un groupe composé d’une ou deux personnes volubiles, pour épier plus ou moins discrètement la conversation, il en est dont le seul but est de fuir à tout prix la proximité des gens éméchés. Les extrémités sont les endroits les plus intéressants, elles laissent le loisir d’observer tout ce qui se passe dans cette atmosphère très particulière qui suit l’achèvement d’une soirée agréable (car ceux qui n’appréciaient pas l’ambiance ont en général quitté bien plus tôt la soirée).

Venant de passer un bon moment, les visages, même fatigués sont sereins, souriants, parfois rêveurs. La tension des heures de pointe est loin, l’instant est à la décompression, au déroulé du mini-film des heures qui viennent de s’écouler, aux échanges bon enfant sur les convives présents pour l’occasion, et même les plus alcoolisés font preuve de jovialité non agressive. Se laissant bercer par les roulis de la RATP, les êtres sont beaux à contempler. Ils sont défaits de leurs artifices de la semaine, plus de posture de travailleur sérieux, le maquillage de soirée s’en est allé… ne restent que les expressions pures de rêverie, de douce nostalgie, d’espoir de recommencer. Les voisins de strapontins s’observent, parfois à la dérobée, parfois les regards se croisent en une belle cordialité, amenant les protagonistes à s’imaginer quelle pourrait être leur conversation avec celui ou celle qui leur fait face, même si la rencontre n’ira pas au-delà d’un sourire partagé. Les stations défilent, la scène nocturne se poursuit, une succession d’arrivées et de départs, un joli ballet de fêtards, tous heureux de rejoindre leur cocon après cette parenthèse bénie du milieu de week-end. Le métro continue délicatement son trajet, sans coups de freins brusques, profitant des ondes positives de ces passagers ayant joliment guinché, tâchant de la figer jusqu’au terminus.

Progressivement déserté, le wagon lui aussi va pouvoir aller sommeiller, bercé par toutes les rêveries qui viennent de lui être livrées… Lui aussi a le droit à sa part de bonne humeur, ne l’oubliez pas !

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2 Réponses to “Le dernier métro”

  1. blogdemissbavarde 3 décembre 2012 à 19:50 #

    t’imagine tout ce que peut voir un wagon en 1 journée et tout ce qu’il entend ? ça doit être treeees intéressant 🙂

    • plumechocolat 3 décembre 2012 à 21:57 #

      Oui c’était un peu le sens de ma phrase de fin, c’est venu en écrivant, c’est ça qui est marant d’ailleurs quand on se lance sur un texte, on se laisse surprendre par les idées qui viennent 🙂

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