Savoir (quand) dire oui

14 Déc

nl9a

Depuis quelques années fleurissent dans la littérature dite de « développement personnel » et dans celle dite de « management » quantité d’articles et d’ouvrages, fort intéressants au demeurant, et riches de conseils intéressants, sur l’art de dire non. J’approuve totalement ces guides pour nous apprendre à faire face à un excès de demandes, à des injonctions contradictoires quand elles ne sont pas en plus irréalisables, ou encore à ne pas nous laisser manipuler par le chantage à l’affect que certains savent si bien pratiquer. Et puis, disons-le aussi, à laisser se libérer de temps à autre notre esprit contestataire, se laisse trop souvent dominer par notre volonté de bien faire, ou simplement de plaire.

Sans donc remettre en cause la nécessité d’arriver à poser des barrières, je voudrais ce soir réhabiliter le crédit et la joie de dire oui. D’abord, rien que pour la résonance de ce mot : « oui », tout en voyelles, qui s’ouvre en rondeur sur ce o, cercle parfait, pour s’achever sur ce i qui rime avec fantaisie, poésie, joli, ami… et j’en passe. Phonétiquement, le oui est mélodieux, il peut faire l’objet de variations infinies dans la façon de le dire et plus encore de le chanter. Je vous mets au défi de faire de jolies vocalises sur un non, mot par essence fermé sur lui-même. C’est là le premier atout du oui, il est ouvert à l’autre, à soi-même, à une promesse… le non n’est que repli.

Ensuite, le oui est le messager du positif. Même complété par un mot qui le nuance, le plus typique étant le fameux « oui, mais » dont nous sommes tous coutumiers , il adoucit, accueille, ou tout au moins rend acceptable ladite réserve qui l’accompagne. Il témoigne aussi et surtout du fait qu’il y a eu écoute de ce que la personne à laquelle on répond oui voulait nous faire passer. Comme moi, vous connaissez sans doute des gens qui disent toujours non, sur le mode : « non, je ne peux pas », « non, je ne suis pas libre ces 3 prochains jours / semaines / mois », « non, je n’ai pas envie », « non, ça ne va pas en s’améliorant », etc. Si vous réfléchissez, vous constaterez que petit à petit, vous perdez toute appétence à côtoyer ces personnes. Tandis qu’un « oui, simplement j’ai besoin d’un délai », « oui, j’ai envie de te voir, je vais voir quelle date peut nous convenir », « oui, petit à petit, les choses avancent », qui n’est pas négation des obstacles, mais volonté d’y faire face de façon constructive, engage le respect et l’envie d’être en présence de la personne. Et pour celui ou celle qui dit oui, c’est se mettre dans la voie de l’acceptation de ce qui se passe, bien ou moins bien, et souvent, par le seul fait de cette attitude de provoquer chez l’autre un soulagement, un sourire, une reconnaissance… et surtout une propension plus élevée à vous dire oui en retour.

Et puis, surtout, le oui est un récepteur de positif. Lorsque l’on dit oui à une demande ou une proposition, on prend le risque souvent très payant d’en éprouver du plaisir. Attention, je ne vais pas vous mentir, cela implique de dire oui UNIQUEMENT si l’on comprend à quoi on dit oui. Dire oui par principe ou par habitude et se retrouver noyé(e) sous des obligations peu gratifiantes tant intellectuellement que physiquement ou humainement est par essence nuisible, et les choses nuisibles ont vocation à être au plus vite balayées de nos vies à coups de spray anti-mauvaises ondes. de même, dire oui tout en pensant non est au mieux stérile, au pire gravement dommageable parce que la non réalisation de l’action place l’autre dans une position potentiellement intenable. Si les conditions sont réunies, le oui est donc un facteur d’enrichissement de ses connaissances, de la qualité de ses relations, de la satisfaction que l’on a vis-à-vis de soi-même par ce que la réalisation nous révèle de nos capacités….

Le oui bien dit est donc un oui à la découverte, à l’amour, à la vie, au rire, à l’envie, à des aujourd’hui qui chantent…

Mais qu’entends-je ? Mon lit me demande de le rejoindre ? Je vais trouver un moment qui nous convienne à tous les deux, et ça pourrait être… OUI, tout de suite !!

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Une Réponse to “Savoir (quand) dire oui”

  1. blogdemissbavarde 14 décembre 2012 à 09:17 #

    dire non est toujours plus facile que oui qui entraîne peut être parfois une prise de risque

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