Chronique d’un sac à main

20 Déc

Il est des femmes que j’admire avec une fascination teintée d’interrogation, qui, en toute occasion arrivent à sortir avec une petite pochette taille XXS, très élégante de surcroît, et portée avec grâce et féminité. J’ignore ce que contient cette minuscule sacoche, à peine plus sans doute que ce que les hommes arrivent à faire rentrer dans leur poche de manteau ou de jean. Je tiens à dire cependant qu’elles forcent mon respect.

Car en ce qui me concerne, le sac à main n’est pas qu’une parure, que l’on assortit chaque jour comme l’on choisirait ses boucles d’oreille. J’aime à ce qu’il me plaise par une forme bien dessinée, une couleur pouvant égayer ma journée, des bretelles venant se poser harmonieusement et confortablement sur mon épaule. Mais à cela doit s’ajouter un aspect fonctionnel, se traduisant concrètement par un volume (légèrement) supérieur à celui d’un beurrier, et par la présence de très nombreuses poches, qui serviront à mieux égarer les objets malencontreusement placés hors de la place qui leur est conférée.

Je dois donc bien le dire, je crois que je descends en droite ligne de Mary Poppins pour ce qui est de « mon sac » (et aussi pour d’autres saines activités comme chanter des airs sans queue ni tête et profiter de l’insouciance qu’offrent les manèges à l’ancienne). Je tiens toutefois à signaler que pour éviter de transformer cet accessoire en une vraie valise, je m’interdis catégoriquement de passer à la taille besace (ce qui me conduit, occasionnellement, à me munir d’un deuxième sac pour régler un problème de sur-remplissage).

Mais je lambine, à tourner autour de l’objet, quand vous attendez sans doute des révélations saisissantes sur les trésors qu’il renferme. Et là, j’ai la franchise de vous avertir que je risque de ne pas entièrement vous surprendre. Parce que malgré mes ascendances, il ne contient pas de lampadaire comme dans la comédie musicale (même s’il a accueilli un temps une lampe de poche extraplate taille carte de crédit ayant succédé à un porte clé lumineux devenu défectueux). Ce qui n’empêche pas que se trouve niché dans ces quelques centimètres carrés un condensé de ma personnalité, sans doute la raison pour laquelle il est bien rempli, parce qu’il se trouve que ladite personnalité – bonne ou mauvaise, cela je vous en laisse en juger –  est en tout cas un rien débordante.

Je vais ainsi tenter, sans en faire un inventaire exhaustif, de vous tracer un aperçu des richesses qu’il renferme (je parle bien évidemment des richesses non monétaires, mon code de carte bleue ne sera pas dévoilé dans cet article) :

  • Un portefeuille bien évidemment, à peu près le seul objet bien conçu qui s’y trouve, parce que j’ai astucieusement opté pour un tout en un, permettant de contenir à la fois la monnaie, mes papiers d’identité et les cartes de toutes les enseignes qui veulent s’assurer la régularité de mes visites et dont l’utilité s’est effectivement révélée (sont bannies les cartes payantes et la carte France Loisirs que les hôtesses essaient de te caser de force dans les mains). Mais mon portefeuille ne serait pas vraiment à mon image s’il ne portait pas la part de sentimentalisme tendre à laquelle la présence des photos des gens que j’apprécie me permet de céder. Plus quelques autres symboles superflus telles que des cartes de restaurants ou de boutiques à visiter, 2-3 stickers de lieux visités pendant mes congés, et j’en passe.
  • Des clés, élément non moins fondamental, lesquelles vont toujours inévitablement se nicher dans un coin où je mettrais une heure à les retrouver, finissant fréquemment par vider l’intégralité du sac, et ce en dépit de l’achat d’un porte-clés hypervolumineux qui devait me permettre de les localiser aisément.
  • Une trousse à pharmacie à peu près aussi fournie que la mallette d’un médecin lorsqu’il effectue ses visites à domicile, dont j’ai récemment eu la sagesse de retirer l’aspi-venin, considérant que la probabilité que je m’en serve en plein hiver à Paris était somme tout infinitésimale…
  • Mon agenda papier, sur lequel je me suis déjà longuement exprimée, je ne vais pas recommencer.
  • Un à deux carnets pour noter bonnes adresses, idées lumineuses (ou pas), sujets d’écriture, citations marquantes, et naturellement, une réserve de stylos qui se volatilisent toujours par des moyens que j’ai renoncé à comprendre.
  • Un livre, qui, si vous avez bien suivi, est fort utile pour trouver des citations permettant de noircir progressivement les pages de mon faux moleskine aux couleurs féminines.
  • Une bouteille de 50 cl, parce qu’à défaut de respecter scrupuleusement la consigne des cinq fruits et légumes par jour, je bois consciencieusement au moins 1,5l de ce fabuleux hydratant au PH neutre, pratique qui me permet de conserver un peau douce et sans l’ombre d’une ridule (je m’emballe là, je vous présente mes excuses, me revoilà).
  • Une collection phénoménale de billets de théâtre, qu’en spectatrice assidue je conserve pour en faire des marques pages, jusqu’au moment où je réalise qu’un seul est amplement suffisant pour ma lecture en cours.
  • Mon téléphone mobile, toujours rétro par rapport à celui des autres, ce qui suscite force moqueries dont je m’accommode avec bonhomie, et qui a surtout l’avantage que je ne ressens pas le risque de me le faire voler sur le quai du métro.
  • Et puisque je parle  de transport, mon pass navigo, précieux sésame dont le magnétisme semble à peu près aussi réveillé que moi lorsque je franchis le portillon le matin, et qui me permet d’entendre le son mélodieux de la voix de l’hôtesse me priant pour la énième fois de bien vouloir excuser la RATP pour la gêne occasionnée (avec parfois des motifs très inventifs qui pourraient faire l’objet d’un billet à eux tous seuls).
  • Enfin, selon les saisons, gants ou lunettes de soleil, accessoires auxquels je ne saurais renoncer tant pour des raisons pratiques que stylistiques.

Vous l’aurez compris à cet énoncé, si l’on dit que partir, c’est mourir un peu, partir avec son sac à main, c’est emporter une belle part de vie avec soi. Au fait, où mes clés sont-elles encore allées se nicher ?

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4 Réponses to “Chronique d’un sac à main”

  1. Damien 20 décembre 2012 à 11:56 #

    Comme de nombreux hommes, je n’ai pas ce merveilleux appendice greffé sur mon épaule mais aime cependant jouir de celui de la femme qui m’accompagne afin de soulager mes poches que je déteste sentir remplies et débordantes.
    Voici donc aussi une des raisons de la taille des sacs des femmes : avaler le contenu de nos poches ! Merci Mesdames ! 🙂

  2. blogdemissbavarde 20 décembre 2012 à 07:04 #

    à part l’agenda vu que c’est mon téléphone et la bouteille d’eau j’ai a peu près le même sac 🙂 et le pire est que je me promène avec un carnet toujours vierge mais tu peux être certaine que le jour ou je l’ai pas j’en aurais besoin 🙂 ah et j’ai tjs un parapluie aussi !!

    • plumechocolat 20 décembre 2012 à 11:41 #

      Le carnet, quand on aime écrire et noter plein de bonnes idées, c’est un peu comme le parapluie, c’est toujours le jour où il sert qu’on se rend compte qu’on l’a oublié. Entre les deux, j’ai choisi, je préfère avoir de l’eau sur le visage que d’être privée de papier 😉

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