Ce que nos cadeaux disent de nous

22 Déc

cadeaux

Noël approche, plus que trois jours avant les retrouvailles au pied du sapin. Les illuminations sont apparues dans les rues depuis des semaines déjà, venant nous avertir de l’imminence de l’évènement. Mais à part pour noter que la rue était subitement mieux éclairée, nous n’avons pas spécialement relevé ce changement, observant seulement cette tendance à avancer de plus en plus le calendrier en installant les décorations de cette fête de la naissance au tout début du mois de novembre, au moment même où l’on est en train  de célébrer les morts, ce qui, au mieux constitue un gaspillage du budget local, au pire peut être vu comme d’un goût douteux. Les chocolats et papillotes en tête de gondole dès la mi-octobre n’avaient guère suscité plus de réactions.

Et nous y voilà, il nous reste désormais moins de 72 heures avant le grand évènement. Il est donc plus que temps pour ceux qui n’ont pas commencé à s’y atteler de songer aux cadeaux de Noël. Et pour les autres de terminer leurs derniers achats. Enfin, pour les plus organisés qui étaient fin prêts avant même que n’apparaisse la première guirlande dans les halls d’immeuble et les magasins, vous êtes sans doute comme moi en train de savourer un moment de tranquillité en regardant d’un air amusé que vous pouvez légitimement arborer les moins prévoyants s’affairer dans une cohue désordonnée.

Ah ! Les achats de Noël ! Vaste sujet qui mérite indubitablement d’être traité en cette fin d’année. Parce qu’ils sont un puissant révélateur des interactions entre ceux qui les offrent et ceux qui les reçoivent. Il en est de même des cadeaux d’anniversaire, m’objecterez-vous. Et vous avez en partie raison. Mais en partie seulement. Parce qu’à cette occasion, celui ou celle qui souffle sa énième bougie est seul(e) à voir son assiette garnie. Tandis qu’à Noël, chacun vient avec ses paquets pour repartir par un subtil jeu d’échanges avec d’autres présents qui lui auront été offerts. Et cette donnée n’est pas sans impact sur la stratégie adoptée lorsque nous faisons nos emplettes. Car qui n’a pas déjà déploré la pingrerie de certains, alors qu’il s’était décarcassé pour trouver une belle idée ?u qui ne s’est pas déjà découragé à l’avance en pensant que de toute façon, quoi qu’il fasse, l’autre ne saurait pas apprécier ?

Pour ceux qui ont maintenant pris l’habitude de me lire (et que je remercie vivement de leur fidélité et de leurs commentaires sur mes digressions littéraires), vous le savez maintenant, j’aime bien établir des listes et des typologies, et encore une fois, je ne vais pas faillir à mes habitudes d’énumérations commentées. Je vais donc sous vos yeux attentifs me livrer à cet exercice distrayant, et je l’avoue un peu perfide, de caractériser les acheteurs (ou concepteurs, pour ceux qui les fabriquent de leurs mains habiles) de cadeaux.

Bien entendu, je ne peux pas faire l’impasse là-dessus, entre dans la catégorisation de l’offreur la montant financier investi dans le cadeau. Le prix ne fait évidemment et heureusement pas tout, mais qu’on le veuille ou non, il est souvent, passée la préadolescence, vu comme un indicateur de la valeur accordée à la personne. Il ne s’agit pas pour moi en disant cela d’inciter à des dépenses inconsidérées, simplement de relever que le contentement ou la déception seront souvent liés à la somme consacrée (au regard de vos moyens, cela va sans dire). Et qu’à ce titre, si vous offrez une babiole en provenance du « tout à deux euros » (oui, sachez-le, en général, même quand elle présente bien, la babiole à 3 sous se reconnaît de loin), il serait malvenu d’attendre de l’autre plus qu’un merci un peu froid. A l’inverse, si vous avez cassé la tirelire et que vous n’obtenez même pas un sourire, vous êtes en droit de vous sentir déçu(e) ou véxé(e).

L’esprit mis dans le cadeau offert, dont certains n’ont pas assez conscience, en dit long à l’autre à la fois sur vous et sur la place que vous lui accordez. Il existe en effet ceux qui se comportent de façon narcissique et ceux qui cherchent à faire plaisir. Les premiers offriront donc un présent qui correspond à leurs goûts propres, sans se soucier de savoir si la personne à laquelle ils le destinent peut l’apprécier. Ils ont aimé (le livre, le film, l’objet…), les autres aimeront aussi nécessairement. Et à l’extrême, ils sont capables de l’acheter en dix exemplaires, gagnant ainsi beaucoup de temps pour plonger dans leurs travers égoïstes. S’opposant à cette attitude, on trouve ceux qui vont chercher à trouver l’idée qui s’adaptera le mieux à chaque personne. Ce qui n’empêche pas le cas échant de vouloir transmettre ce qu’ils aiment eux-mêmes. Mais ils le font dans ce cas en tenant compte des préférences de l’ami ou du proche auquel ils destinent l’objet. Cela ne veut pas dire non plus  qu’ils ne font pas d’erreurs. Simplement, il est toujours agréable de recevoir un  cadeau choisi avec cœur, parce que, quoique certains en disent, l’intention compte énormément.

Le type de cadeau que vous faites va être soumis à moult interprétations, il faut le savoir et vous y préparer (d’ailleurs, vous faites certainement la même chose lors de vos séances de déballage). Chacun étant attiré par une palette généralement large de domaines (mis à part quelques monomaniaques qui passent dans Confessions intimes sur TF1), le champ dans lequel vous pouvez puiser votre inspiration est en apparence important. Mais soyez vigilant tout de même. Bannissez A TOUT PRIX les présents porteurs d’un message pas forcément sympathique : des vêtements sexy pour une femme (un peu trop) sobre, des produits high-tech pour quelqu’un qui a déjà du mal à régler un réveil matin, du parfum si vous avez déjà fait une réflexion sur l’odeur capiteuse de celui de la personne à laquelle vous l’offrez, un livre pour quelqu’un qui n’y a pas touché depuis la collection des Bennett à l’école primaire… Un cadeau peut être à côté de la plaque, mais ne doit pas heurter. Les cicatrices d’une plaisanterie de mauvais goût peuvent rester longtemps… de même, bannissez absolument les cadeaux de récup’, même d’une valeur pécuniaire élevée (vous risquez en plus si vous n’y prenez gare de réoffrir un jour un objet à celui ou celle qui vous en avait fait don à l’origine). Et, autre interdit, sauf s’il s’agit d’un exemplaire collector d’un Marvel ou d’une vieille édition de La Pléiade, n’allez surtout pas vous égarer dans le cadeau d’occasion, le recyclage a du bon, mais pas dans ce domaine.

Enfin, ce qui va donner le plus de sens à ce que vous offrez, c’est la touche personnelle que vous allez y ajouter. Si vous vous présentez le 24 décembre au soir les bras chargés de sacs tout frais sortis des boutiques, emballés par les souhaits des vendeurs, sans même avoir pris la peine d’en retirer les tickets de caisse, il y a fort à parier que certains vont tiquer. Tandis qu’avoir pris le temps et le soin de faire vous-même le paquet, surtout si vous êtes aussi doué de vos dix doigts que la reine d’Angleterre pour sauter sur un trampoline, cela va inévitablement booster votre capital sympathie. Un autre point qui me semble important est d’accompagner votre présent d’une petite carte ou d’un mot manuscrit plus long, témoignant de votre affection. On n’a pas ou on ne prend pas souvent dans l’année le temps de dire aux autres qu’on les aime et qu’on les admire. Les anniversaires en sont une, les fêtes de fin d’année aussi, et plus grande encore parce que s’y trouvent souvent réunis bon nombre de nos proches. Alors pourquoi ne pas en profiter et prendre une minute pour inscrire sur un petit carton une pensée affectueuse, un mot gentil, de ces « écrits qui restent » avant de retourner dire ces paroles qui peuvent unir autour d’un bon foie gras devant la cheminée ?

Pour finir, je dirais que, fier de vos trouvailles ou penaud de la médiocrité de ce que vous apportez, heureux ou non de ce que vous découvrirez dans vos souliers, que vous aimiez ou non Noël, le plus beau cadeau que vous puissiez faire à cette période et en présence des êtres qui vous sont chers, c’est de les aimer… et de leur montrer. Bon Noël à tous et à toutes !!

2 Réponses vers “Ce que nos cadeaux disent de nous”

  1. blogdemissbavarde 23 décembre 2012 à 21:11 #

    je crois que c’est ta derniere phrase la plus vraie pour Noël ! je prends le train demain soir c’est juste un aller retour pour moi et pour les cadeaux j’espère que ça plaira j’essaie de varier chaque année mais c’est pas toujours facile !

    • plumechocolat 23 décembre 2012 à 22:36 #

      J’essaie aussi de trouver des idées originales, mais en effet, le plus important, c’est de passer un bon moment en famille.

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