Rencontrer l’autre

3 Jan

En tant que jeune active citadine, j’entends souvent autour de moi et j’exprime moi-même le désir d’élargir mon cercle de connaissances et d’amis. Non pas faute de relations, proches ou lointaines, d’amis fidèles ou de bonnes copines. Mais parce que le temps passant, certains s’éloignent, occupés par des activités associatives prenantes, d’autres se mettent en couple et ont logiquement moins de temps et de disponibilité qu’auparavant. Sans oublier le fait qu’avec les années, chacun traçant son chemin, les envies ou la proximité ne sont plus les mêmes. Et puis, il me faut être franche, nous sommes tous plus ou moins à la recherche de notre futur partenaire / conjoint(e) / ami(e) / compagnon(compagne), choisissez votre dénomination préférée. Et comme il ne nous saute pas aux yeux que celui-ci ou celle-ci se trouve déjà dans notre entourage, nous tentons assez logiquement de diversifier nos horizon. Ce à quoi j’ajouterais que, quelle que soit notre motivation, il est toujours agréable d’avoir davantage d’amis, pour partager nos différentes passions à plusieurs, pour voyager, ou simplement pour rire (ou être sérieux) au diapason.

Nous nous disons donc ouverts à la rencontre, la recherchant même par de multiples moyens, répondant positivement à chaque invitation, pratiquant une ou plusieurs activités régulières, nous inscrivant sur les soirées de réseautage, assistant à des conférences, que sais-je encore… Et pourtant, une fois présent à chacun de ces événements qui pourraient nous faire croiser l’un de nos futurs meilleurs amis ou qui sait, notre futur mari, nous mettons souvent, consciemment ou inconsciemment, beaucoup de freins à la création de ce lien que nous appelons pourtant de nos vœux.

En premier lieu en cherchant à changer notre apparence physique. Je ne cherche pas ici à dissuader quiconque de bien s’habiller lors d’une soirée d’anniversaire ou d’un concert de musique classique, simplement l’effort fait devrait laisser une place au naturel. Se vêtir mieux que de coutume d’accord, mais pour peu que l’on se sente à l’aise : messieurs, inutile de sortir le smoking et les weston prêtées par un ami si vous ne quittez jamais votre jean et vos puma ; mesdames et mesdemoiselles, il serait ridicule de vouloir porter une minirobe et des hauts talons, si vous avez l’habitude des ballerines et des jupes à hauteur du genou. A contrario, enfiler un sweat à capuche si vous ne jurez que par les chemises bien repassées ou un vieux jeans si vous n’aimez que les vêtements hyper-féminins pour vous donner un air cool ne fera pas de vous ce que vous n’êtes pas. Vouloir se composer un style qui ne nous correspond pas non seulement fausse les regards qui seront posés sur nous, mais risque aussi de nous gêner dans notre démarche ou notre posture. Et de créer la surprise, si lorsque nous revoyons les personnes avec lesquelles nous aurons pris contact, elles constatent un changement trop radical.

Débarquant dans un groupe ou un lieu inconnu, nous cherchons aussi à donner une certaine image de nous, à gommer les traits dont nous pensons (parfois à tort) qu’ils déplaisent à nos proches, à sélectionner soigneusement les anecdotes que nous racontons ou passons sous silence. Nous cherchons aussi à tenir un langage très policé, taisant nos convictions les plus ancrées de peur de déplaire, jouant la carte de l’ambiguïté pour ne pas avoir à les révéler. Là encore, il ne s’agit pas d’affirmer nos croyances avec la vigueur d’un avocat en plein plaidoyer, simplement d’oser dire notre désaccord (avec calme mais fermeté) si une phrase nous heurte, ou être franc sur ce que nous pensons du sujet abordé si la question nous est posée. Si chacun agit avec la même prudence, comment en effet savoir qui se trouve face à nous ?

Enfin, nous avons tendance à juger, à catégoriser, à nous mettre des barrières sur qui peut tenir quelle place dans notre sphère relationnelle, selon ses goûts, son mode de vie, son appartenance sociale, son travail ou tout autre critère (et ils sont souvent plus nombreux que nous-mêmes n’osons nous l’avouer). Alors que nous devrions simplement nous fier à notre instinct. Pas sans discernement bien sûr, il ne s’agit pas de se projeter cinq ou dix ans en avant au bout d’une heure sur un léger coup de cœur avec un représentant du sexe opposé, ou de s’imaginer partager nos prochaines vacances avec des personnes avec lesquelles nous avons découvert au bout d’une demi-heure que la même destination nous faisait rêver. Mais laisser ces possibilités ouvertes, et voir si le bon feeling se confirme en convenant de retrouvailles prochaines pour rediscuter de ces choses qui nous rassemblent.

Accueillir simplement ce qui se vit dans l’instant présent avec les personnes présentes, le vivre comme une joie, avec spontanéité, et réagir avec son cœur et sa fraîcheur, oser nous affirmer tout en accueillant ce qui se dit sans juger (nous aurons bien le temps d’analyser ou ressasser certaines phrases une fois rentrés chez nous), autant de défis mais aussi autant de conditions pour que chaque évènement vécu en compagnie d’inconnus nous enrichisse. Alors, à la prochaine occasion, montrons-nous sans fard (sauf sur les paupières), rangeons nos peurs et nos a priori et donnons plutôt la priorité à ce que l’on peut réussir ensemble.

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4 Réponses to “Rencontrer l’autre”

  1. nalou 14 octobre 2013 à 15:15 #

    je suis ouverte aux rencontres mais pas à LA rencontre 😉 ça va déjà mieux depuis que je l’ai accepté… reste maintenant à travailler sur le fait que ça serait sympa pour « mes vieux jours » de retrouver UN autre que Big (et qui ne pourra pas être Big)… je suis déjà épuisée rien que d’y penser… peut-être qu’il faudrait juste que je me laisse prendre 😉

    • plumechocolat 14 octobre 2013 à 15:32 #

      L’important, c’est de le savoir. Et de profiter DES rencontres de tes jeunes jours. De toute façon, que l’on attende ou pas la personne avec laquelle le mot amour prendra tout son sens, on ne maîtrise pas cette rencontre-là, le mieux que l’on puisse faire est de ne pas mettre de triple verrou derrière une porte blindée ;-). Et de vivre pleinement chaque instant passé en compagnie de ceux qui nous aident à grandir, chacun à sa mesure.

  2. blogdemissbavarde 4 janvier 2013 à 12:32 #

    faut laisser l’autre ou les autres rentrés dans nos vies… c’est souvent très enrichissant !!

    • plumechocolat 7 janvier 2013 à 17:22 #

      C’est souvent là tout l’enjeu, créer les conditions pour le laisser prendre sa place

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