Piano Rigoletto

8 Jan

Chers ami(e)s (et même si vous n’êtes pas [encore] des amis, on va faire comme si, vous êtes là, j’ai de la sympathie pour vous), je n’irai pas par quatre chemins (ce n’est pas, mais alors, absolument pas mon style d’user et d’abuser des parenthèses), ce soir, ce moment que j’attendais depuis si longtemps est arrivé (parce que sans faire la genèse de l’attente, je dois quand même préciser que si on ajoute trois unités à cette durée, puis qu’on la divise par cinq, qu’on l’élève au carré, et  qu’on la multiplie par un coefficient de 1,478945623, on n’est pas loin de devoir admettre que cela a semblé presque interminable).

Donc, comme je le disais, j’irai droit au but : ce soir, un homme m’a dit « je t’aime ». Un peu comme dans un conte de fées, il s’est assis au piano, il s’est mis à jouer un air se situant entre jazz et blues, il m’a regardé fixement, et m’a dit qu’il m’aimait. Trois fois. A moi, et rien qu’à moi, devant pas loin de 100 personnes. Enfin plus exactement il a dit « I love you », mais quelle importance ? Cela n’avait pas très bien commencé, pourtant, il avait commencé par me charrier sur mes goûts musicaux, s’imaginant que j’écoutais André Rieux, alors que je venais de lui dire que j’étais une inconditionnelle de Vivaldi et Tchaïkovski (preuve s’il en est que les hommes n’écoutent pas ce qu’on leur dit). Mais il faut admettre qu’il s’est bien rattrapé. Bon, OK, je dois l’admettre, ça ne s’est pas passé exactement comme je viens de le dire. Alain (son doux prénom) était sur scène, moi dans le public au premier rang, exactement dans son champ de vision au moment précis de son deuxième numéro où il fait comme chaque soir le coup du « I love you », et il n’a même pas pris la peine de me demander ne serait-ce que mon prénom avant de me chanter son amour de pacotille.

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Mais même si je ne suis pas dupe, cela ne m’a pas empêchée de me laisser conquérir. Par cette voix qui passe des airs des Andes à Farinelli, par la dextérité de ses doigts (je vous vois d’ici jaser, bande de vicieux, vous n’allez pas tarder à être déçus) sur le clavier, par la beauté de son écriture et la finesse de ses jeux de mots. Une leçon de musique comme on aurait aimé en avoir au collège, en lieu et place de cette terrible flûte à bec qui a traumatisé toute ma génération. On se laisse entraîner au son de Chopin, d’Edith Piaf, de Charles Trenet, de Bourvil, de Beethoven et bien d’autres, au rythme des sketches sur les musiques de films, les animations musicales faites par les artistes qui n’ont pas percé, et de plein de surprises sur lesquels je ne souhaite pas lever le voile. Alain Bernard est un véritable artiste qui sait tout faire, à commencer et c’est le plus important par faire rire son public aux éclats. Profitez des prolongations que lui offrent le Théâtre des Déchargeurs après son succès cet automne. Et je ne saurais que trop recommander le premier rang côté jardin…

Plus d’infos :

  • Piano Rigoletto, jusqu’au 31 décembre 2017, horaires à consulter
  • Alhambra Music Club, 21 rue Yves Toudic, 75010 Paris
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