Souvenirs et nostalgie

13 Jan

CIMG8375

Nous sommes nombreux aujourd’hui à clamer notre besoin et notre envie d’aller de l’avant, de regarder vers l’avenir et de savoir profiter du moment présent. Et la poursuite de cet objectif est une noble cause, cela va sans dire. Parce que notre bonheur futur se joue là, à cet instant même où nous faisons des choix qui vont engager le déroulement des prochains jours, des prochains mois, des prochaines années. Et aussi parce que chaque petit signe qui passe, bon ou mauvais, un sourire ou une larme, une phrase qui nous touche, une image insolite, une dispute dans le métro ou un enfant qui s’extasie devant un escalator, le chassé-croisé des voitures sur un gros carrefour, toutes ces petites scène de la vie quotidienne sont autant d’instants qui nous remplissent, qui nous nourrissent, et qui nous donnent le sentiment de vivre plus pleinement, de participer au fonctionnement de la grande machine du monde, à la fois spectateurs et acteurs.

Mais ces moments dont nous sommes témoins ou acteurs sont aussi autant de souvenirs que nous emmagasinons, et que nous laissons se réveiller au gré de nos humeurs ou d’autres évènements. Parce que malgré tout, chacun à des degrés différents, nous sommes attachés à notre passé. A toutes ces mêmes petites choses qui nous ont fait arriver là où nous sommes aujourd’hui. Aux grandes choses aussi d’ailleurs. Et nous en conservons tous les traces, pas seulement dans notre cerveau, mais aussi chez nous. Ces lettres, ces photos, ces messages conservés, ces objets rapportés de vacances, ces cadeaux que nous conservons des années par affection pour ceux qui nous les ont offerts. Tout ce qui nous relie à la fois aux autres et à notre vie d’il y a 6 mois, 10 ans, 20 ans…

Personnellement, j’aime la présence réconfortante de tous ces signes matériels, tangibles, des jours passés. Savoir qu’ils sont là. Apparents pour certains, rangés dans un tiroir, dans une jolie boîte ou stockés sur un disque dur ou une carte mémoire pour d’autres. Naturellement, je suis particulièrement sensible aux écrits. Je stocke minutieusement chaque lettre ou e-mail reçu. Pas pour m’y appesantir en les relisant en boucle lorsqu’ils contiennent des mots durs, pas non plus par autosatisfaction pour ceux qui contiennent des termes élogieux, simplement comme des bribes de vie, des morceaux du puzzle à un milliard de pièces que je construis sans toujours en être consciente depuis que je suis née et pour encore quelques décennies. J’aime bien y revenir de temps à autre, à ces écrits, y compris à ceux que j’ai produits moi-même. Parce qu’ils me font sourire : de la joie et de l’enthousiasme, dont ils sont porteurs, de ce qui a été partagé avec ceux qui me les ont écrits, de ma naïveté d’antan lorsque je relis mon journal intime d’adolescente, de la beauté et de la force de certaines amitiés nouées il y a déjà fort longtemps mais c’est comme si c’était hier, de leur légèreté, de leur style maladroit ou très alambiqué… Parce qu’ils me font verser des larmes aussi, parfois : les personnes qui se sont éloignées, les épreuves traversées, de belles larmes aussi, celles que mon émotivité me fait verser face aux encouragements de mes proches, celles de phrases qui m’ont positivement chamboulées. Tous ces mots m’ont profondément fait évoluer, et si les consulter peut paraître à certains un brin nostalgique, ils sont pourtant un puissant moteur pour nous montrer le chemin et nous donner la force pour avancer. Pour peu cependant que l’on sache les lire l’esprit ouvert, sans les regrets, uniquement dans l’accueil de ce qu’ils peuvent nous apporter.

Il en est de même des photographies. Que l’on ouvre un vieil album contenant les tirages jaunis de notre enfance ou que l’on parcourt celles stockées plus récemment sur notre ordinateur ou notre téléphone mobile, toutes ces images ont ce pouvoir extraordinaire de nous replonger dans ces soirées, ces week-ends, ces vacances ou autres pérégrinations, un peu comme si nous rentrions temporairement dans un tableau ou un épisode la saison 4 de notre existence pour en ressortir à l’image suivante. Se laisser aller à rêvasser devant ces paysages qui nous ont marquées, se rappeler d’un anniversaire dignement fêté, se refaire une visite virtuelle d’un musée dont on a photographié toutes les pièces ou presque même si le rendu en était très moyen du fait des vitrines et des éclairages, voir les transformations que l’âge a entraînées chez les uns ou les autres (et au passage se féliciter d’avoir renoncé à cette teinture acajou expérimentée un été ou à ce look indescriptible que nous avions tenté d’adopter, pour exprimer quoi au juste, cela n’est pas clair). Ces images agissent un peu comme une sorte de machine à remonter le temps, une jolie fresque des âges passés. Là aussi, la fresque est inachevée, notre âge d’or est encore à venir.

Je l’évoquais aussi précédemment, il y a tous ces objets qui font partie de notre décoration intérieure, et qui pour la plupart ont une histoire. La place de chacun d’eux a été pensée, parfois changée plusieurs fois, certains ont disparu à la cave parce qu’ils ne nous correspondaient plus ou nous reliaient à une période que l’on voulait oublier. Pour ma part, je ne me lasse pas de contempler tous ces objets. Parce qu’ils me font du bien. Petit à petit, chaque bout d’étagère vide se remplit d’une petite statuette, de personnages folkloriques ou d’animaux en bois rapportés de séjours à l’étranger, les murs se remplissent de photos ou d’affiches qui ont attiré mon regard durant mes déambulations dans les boutiques ou expo-ventes, les poignées de portes se voient égayées d’éléments à accrocher, là un trèfle à quatre feuilles, ici un bonhomme pain d’épices… Tout comme ce que je stocke dans ma mémoire, mon chez moi s’enrichit au fil des années de ces objets empreints de douce mélancolie ou de suave sérénité. Et tout comme dans ma mémoire, il me faut parfois faire le tri, quand cela menace de déborder, entre les souvenirs qui participent de mon bien-être et ceux qui ont perdu de leur intérêt. Parce que le passé doit nous porter, et c’est pour ça que j’aime le mien et les choses qui m’y rattachent. Parce que je cherche à ce que mes souvenirs soient à l’image des cailloux semés par le petit poucet, des petites lucioles semées au bord des chemins de traverse que j’aime à parcourir pour leur charme qui dépasse de loin celui de l’autoroute et de ses réverbères.

Il est temps après cette longue tirade d’aller profiter du moment présent, je vous laisse en faire autant, à moins que vous ne préfériez profiter de votre dimanche soir pour rouvrir la boîte à chaussures cachée en haut de votre placard.

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

amenaviguante

La douceur et la force du thé, le piquant du chocolat au piment, la passion des mots

Broute le gazon

mais souris pas ! t'en as sur les dents !

cylklique

Des images... et des mots

rienaredire

La douceur et la force du thé, le piquant du chocolat au piment, la passion des mots

Chroniques erratiques d'une emmerdeuse

Wandering City et tout le reste

Les confidences extraordinaires du Professeur Bang

La douceur et la force du thé, le piquant du chocolat au piment, la passion des mots

#EtaleTaCulture – La Culture Générale pour briller en société

La douceur et la force du thé, le piquant du chocolat au piment, la passion des mots

%d blogueurs aiment cette page :