Une petite flamme au fond des yeux

19 Jan

J’aime bien les yeux. J’ai toujours beaucoup aimé les yeux. D’abord parce qu’ils sont une fenêtre sur le monde. C’est grâce à eux que nous pouvons allez scruter partout, admirer la splendeur des lacs cristallins en pleine montagne l’été, avoir l’impression  de nous faire submerger par la taille des tours de la Défense, repérer tous ces petits détails au cours d’une ballade, ce tronc à la forme improbable en forêt, ce petit détail gravé dans la pierre au détour d’une petite rue…

Ces yeux nous rendent aussi témoins de scènes qui se jouent devant nous, nous permettant d’anticiper la trajectoire du ballon au milieu d’un groupe d’enfants, nous faisant deviner les paroles qui peuvent se prononcer en observant du lointain les gestes qui viennent appuyer la conversation. Les yeux sont une sorte de super-radar permanent qui encapsulent toutes les images qui ne cessent de défiler au cours de la journée. J’aime bien les yeux. Quand je les ferme, je peux me reprojeter le film de toutes les petites choses dont ils ont été témoins, et me faire mon propre montage.

Et puis j’aime bien les yeux surtout parce que ce sont à travers eux que transparaissent les regards. De surprise, de joie, de colère, d’émerveillement, de peur, d’affection, de satisfaction, de mélancolie, et j’en passe, faute d’avoir fait l’acquisition du lexique complet des émotions. Les yeux lorsqu’ils s’animent permettent de voir ce qui se passe au fond de la personne qu’on a face à soi. Les paroles mentent parfois, les gestes peuvent être maîtrisés, le regard est spontané. Aussi fugace que soit son passage, la vérité de l’instant présent le traverse toujours. J’aime tout particulièrement quand les yeux s’animent, pour transmettre la passion des convictions de celui qui est en mouvement, la force qui se dégage alors, la flamme que l’on voit se consumer au fond des pupilles de celui qui défend ses idées et idéaux m’émeut toujours, elle me transporte dans cet univers que l’autre veut faire passer et m’emmène avec lui dans sa croisière pour un monde qu’il juge meilleur. J’aime bien aussi être cette personne au regard scintillant qui cherche à faire voyager les autres vers les directions qui me meuvent au quotidien. Et puis j’aime surtout la complicité qui se reflète dans les yeux. Ces échanges de regards ou ces yeux qui se fixent et qui montrent sans rien dire que l’on a plaisir à être ensemble, à deux, à cinq, à douze, dans la simplicité et la joie de cette occasion partagée. Ces regards où tout est dit, ces regards où chacun se sourit….

J’aime les yeux, les miens ont assez brillé pour cette jolie journée de week-end, il est temps de laisser les voiles les refermer pour aller somnoler.

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