Archive | février, 2013

Recevoir des lettres

27 Fév

Quand j’étais petite (bon c’est vrai, je le suis encore lorsque je ne porte pas de talons, disons quand j’étais enfant), j’adorais guetter le passage du facteur lorsque j’étais en vacances. Un peu à cause de sa camionnette jaune je dois l’admettre, parce qu’il faut admettre que c’est une voiture rigolote et qu’on voit arriver de loin, surtout dans les petits villages de France, où elles font partie du folklore et s’amusent à klaxonner pour bien marquer leur arrivée. Mais surtout parce que j’avais très envie de recevoir des lettres. Pour moi, les lettres étaient synonymes de bonnes nouvelles, de cartes postales des amis eux aussi en vacances, de nouvelles de la famille quand je passais mes congés loin d’eux… bref, le courrier, c’était le pied !!

A l’époque, je ne comprenais pas le caractère blasé des adultes devant le contenu de la boîte aux lettres. Je me disais qu’ils avaient une chance incroyable, de recevoir tous les jours plusieurs enveloppes à ouvrir. Or je ne voyais pas l’excitation dans leurs yeux lorsqu’ils ouvraient ces précieux plis. J’étais alors bien naïve, je n’avais pas compris que l’essentiel de ces missives tournaient soit autour de l’argent (qu’il vous reste, que l’on va vous prendre au nom du fisc, des loyers et autres réjouissances, ou que l’on voudrait que vous donniez pour des causes toutes plus nobles les unes que les autres), soit autour de papiers administratifs, parfois les deux à la fois. Lire la suite

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Du culte des apparences

19 Fév

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Je ne sais pas si vous avez remarqué, mais presque systématiquement, lorsque que vous demandez à quelqu’un s’il va bien, ou lorsque l’on vous lance un « salut ça va ? », la réponse va être oui. Et heureusement, le plus souvent, ce oui reflète à peu près la réalité. Mais vous remarquerez aussi que c’est un oui de convenance. Pas un oui hyper dynamique comme quelqu’un qui a une pêche à vous escalader l’Everest va avoir envie de lancer pour témoigner de son enthousiasme. Pas un trop petit oui non plus, qui pourrait trahir une baisse de régime ou des préoccupations plus importantes. Juste une réponse qui permet de ne pas creuser. De rester dans la neutralité.

Ce oui, de même que le « salut ça va » qui le précède est pour moi l’une des nombreuses manifestations du culte des apparences. Parce qu’aujourd’hui, on cherche souvent avant tout à donner une bonne image de soi, à montrer une personnalité agréable mais en restant assez lisse, en ne cherchant à se démarquer que si l’on pense pouvoir en retirer un profit quelconque. Ainsi, certains soigneront particulièrement leur look et leur allure en espérant plaire davantage au sexe opposé, allant même parfois jusqu’à en faire trop dans ce sens. D’autres feront preuve d’un excès de zèle face à leur patron, voire à friser le fayotage pour progresser dans leur job. D’autres encore iront jusqu’à défendre des opinions qui ne sont pas les leurs pour pouvoir être acceptés dans certaines sphères. Je ne dis pas que faire des efforts pour accroître sa sociabilité ne soit  pas défendable en soi, ni que certains ajustements ne sont pas nécessaires pour éviter des tensions inutiles. Mais pas au prix de son intégrité. Lire la suite

Sens fiction

17 Fév

Pour une fois, je ne vous parlerai pas de théâtre. Parce que oui, je m’intéresse aussi (parfois) à quelques autres sujets ;-), même s’il est vrai que celui-ci tient une bonne place sur ce blog et plus largement dans mon emploi du temps. Mais point ne faudrait faire preuve de trop d’audace, je resterai quand même dans le spectacle vivant. Et je vais encore vous frustrer parce que vous n’aurez sans doute pas l’occasion d’aller admirer cette chorégraphie qui ne se jouait que ce week-end à la MPAA Saint-Germain (avec possibilité toutefois de les voir à Créteil vendredi 22 février).

Mais qui sait, peut-être seront-ils reprogrammés, et dans le cas contraire, je vous encourage à suivre l’actualité de la compagnie Adlc. Cette pièce qui met en scène 4 personnes mêle avec talent et innovation la danse, les jeux de lumière et la musique électro. Les effets de lumière sont ainsi pour certains directement protégés sur les costumes entièrement blancs de cette jeune troupe. L’intention affichée est « d’exprimer les corps abîmés » et d’interroger l’idéal de modélisation qui se fait jour aujourd’hui. Le pitch : « Écrasés sous le poids des pixels, les danseurs échappent, résistent ou font corps avec l’univers de fiction subtile des artistes numériques ». Lire la suite

La confession d’un enfant du siècle

17 Fév

 

Ma dernière expédition théâtrale m’a menée la semaine dernière à venir entendre la confession d’un enfant du siècle, non pas celui que nous vivons actuellement, ni même encore celui où nous sommes nés, mais le 19ème siècle, celui de l’auteur de cette pièce qui n’est autre que Musset.

 

Octave sombre ainsi dans la déprime après avoir découvert que sa maîtresse le trompe avec son meilleur ami. De là, il cède à une vie de débauche qui ne parvient ni à le distraire ni à le consoler, jusqu’à ce qu’il rencontre et tombe amoureux d’une jeune veuve à l’occasion d’un retour dans sa campagne natale. Son sentimentalisme, le défi de la séduction et la fraîcheur de la jeune femme reprennent alors le dessus jusqu’à ce que la jalousie s’en mêle…

 

Ce seul en scène porté par Bertrand Farge, acteur dont la performance est plus que notable dans ce spectacle emmène vraiment le public dans cette époque depuis longtemps révolue, mais en montrant que les codes qui y régnaient alors n’ont finalement pas tant évolués, les humains étant restés les mêmes… Le texte est dense tant par le contenu que par la langue, mais tout le brio de la mise en scène est d’arriver à le transmettre avec une fluidité remarquable. Le décor boudoir, rehaussé par la présence de ces arbres et du dégradé de couleurs que les éclairages permettent de créer sur les feuilles participent de cette ambiance à la fois intimiste et propice à l’envolée lyrique. Le tout donne à cette confession une apparente simplicité, mais, que l’on ne s’y trompe pas, la réussite de cette pièce tient à un rodage parfait et à une implication complète de son interprète.

 

 

Plus d’infos :

  • La confession d’un enfant du siècle – Du 17 janvier au 31 mars 2013
  • Théâtre du Marais, les jeudis, vendredis et samedis à 21h et les dimanches à 17h
  • http://www.theatredumarais.fr/?p=852

Cher Saint Valentin

13 Fév

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Cher saint Valentin, je t’écris parce que la dame de la météo vient de dire que demain, c’est ta fête. Moi, je croyais que demain, c’était un jour un peu comme la fête du printemps, la fête de l’Europe, halloween, la fête des merles moqueurs (qui n’existe pas encore, mais je milite activement pour l’introduire dans le calendrier) et tous les autres jours de ce genre, il fallait donner un nom au jour que l’on dédie aux amoureux et qu’une équipe de marketeurs s’était dit que valentin ça sonnait bien. C’est vrai que ça paraissait étrange aussi, même pour des communicants débutants en création de nom. Parce que Valentin, à part avec Romorantin et métropolitain, ça ne rime pas avec grand-chose (au cas où il vous prendrait l’envie de me contredire, il est vrai que 1001 rimes donne plein de suggestions comme lutin, bulletin, argentin, gratin, intestin, strapontin, matin, ou fretin, ce qui fait effectivement du choix, mais on reste loin du romantisme).

Donc tu as vraiment existé, et il est injuste que tant de gens profitent indûment du 14 février pour recevoir des fleurs et déguster un bon repas à la lueur des bougies sans même connaître ton histoire, laquelle, il faut le dire, mérite bien ton passage à la postérité. Voici donc, pour combler les lacunes de ceux qui me lisent :

« Saint Valentin était un médecin devenu prêtre à Rome au IIIè siècle. En 268, l’empereur Claude II, qui trouvait que les hommes mariés faisaient de mauvais soldats à cause de la dépendance à leur famille, fit abolir le mariage. Mais les jeunes fiancés continuèrent à venir trouver en secret Saint Valentin pour recevoir la bénédiction du mariage. Le prêtre fut donc arrêté et emprisonné. Pendant sa captivité, Saint Valentin se lia d’amitié avec Julia, la fille de son geôlier, une jeune aveugle. Un miracle se produit : la jeune fille, retrouva la vue. Juste avant d’être exécuté, il lui offrit des feuilles en forme de cœur avec le message suivant :  » de ton Valentin « … Mort martyr, décapité à Rome en 270, il fut enterré sur la voie Flaminienne où on lui rendit un culte. »

En lisant ça, je me suis dit que tu étais quand même un homme qui ne manquait pas de courage, ça m’a donc donné envie d’abord de te souhaiter une bonne fête, et puis aussi de t’écrire. Lire la suite

Passeport pour la bonne humeur

13 Fév

Récemment, j’ai été renouveler mon passeport, ce qui est plutôt une bonne chose parce que cela sent bon l’envol vers les vacances qui aura lieu dans quelques semaines. Mais l’objet de ce court billet n’est pas de vous narguer au milieu de l’hiver que je suis moi-même encore solidairement en train de traverser avec vous avec une peau dont la blancheur n’a rien à envier à la neige que nous avons récemment vu débarquer sur nos trottoirs.

Je constate simplement que le passeport n’est plus (eh oui, tout fout le camp, c’est la crise). Parce qu’il faut le dire, j’aimais bien mon ancien passeport. Déjà parce qu’il y avait quelques jolis tampons dessus. Pas tellement, c’est vrai, parce que je me suis essentiellement déplacée en Europe. Mais quelques uns quand même. Et les contempler me permettait l’espace d’un instant de me prendre pour une sorte d’aventurière (que je ne suis pas, il faut bien le reconnaître), et me plongeait dans un certain exotisme. Enfin, sur ce point, vous pourrez à raison m’objecter que toutes ces pages désormais vides ne demandent qu’à recevoir le cachet de quelque improbable poste de douane niché à l’autre bout du monde.

Mais ce qui me chagrine vraiment, ce sont les normes du passeport biométrique. Parce que plus encore que les noms des lieux visités, c’est la photo que j’aimais bien sur mon passeport. Lire la suite

Chers recruteurs

9 Fév

Chers mesdames et messieurs les recruteurs,

Depuis des années déjà, vous publiez des annonces dans la presse ou sur Internet, dans lesquelles, bien souvent, ne figurent ni le nom de l’entreprise, ni sa localisation géographique précise. Ces annonces sont également très évasives sur le salaire proposé pour le poste, lorsque par chance il y est fait allusion. Et je ne parle même pas des indications sur la taille de l’équipe au sein de laquelle le candidat à cette annonce sera amené à travailler, ni de l’ambiance qui peut y régner, élément pourtant fondamental puisque, est-il besoin de le rappeler, le futur salarié passera tout de même entre 8 et 12 heures avec ces dites personnes, entre 218 et 230 jours par an. Il est également extrêmement compliqué à la lecture des quelques paragraphes servant à décrire le poste et le profil attendu, de savoir si l’entreprise dispose d’un projet, d’une stratégie, et de valeurs pouvant susciter l’adhésion. Toutes les personnes cherchant en emploi vous sont néanmoins reconnaissantes de consentir à définir le poste à occuper, au moins dans les grandes lignes.

Vous listez ensuite une liste de compétences et de diplômes que vous souhaitez voir apparaître sur les CV que vous recevrez. Il est étonnant de voir à quel point vous parvenez soudainement, lorsque vous en venez à cette partie, à faire preuve d’une précision hors normes dans votre expression. Il semblerait toutefois que certains parmi vous soient assez mal renseignés sur la réalité du marché de l’emploi. En même temps, il apparaissait déjà dans le début de votre texte, que vous étiez aussi peu au fait de la réalité de l’entreprise qui fait appel à vos services. A ce titre, je me permets de vous signaler que les technico-commerciaux ayant suivi une formation d’ingénieur, âgés de moins de 30 ans, parlant 4 langues, désireux de passer 4 nuits par semaine dans un hôtel de ZAC pour un salaire dépassant de peu celui d’un ouvrier des usines Ford dans les années 20, n’existe pas. Lire la suite

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