Cher Saint Valentin

13 Fév

Render Autres/Inconnu - Renders Heart coeur engrenages montre temps love amour rouge

Cher saint Valentin, je t’écris parce que la dame de la météo vient de dire que demain, c’est ta fête. Moi, je croyais que demain, c’était un jour un peu comme la fête du printemps, la fête de l’Europe, halloween, la fête des merles moqueurs (qui n’existe pas encore, mais je milite activement pour l’introduire dans le calendrier) et tous les autres jours de ce genre, il fallait donner un nom au jour que l’on dédie aux amoureux et qu’une équipe de marketeurs s’était dit que valentin ça sonnait bien. C’est vrai que ça paraissait étrange aussi, même pour des communicants débutants en création de nom. Parce que Valentin, à part avec Romorantin et métropolitain, ça ne rime pas avec grand-chose (au cas où il vous prendrait l’envie de me contredire, il est vrai que 1001 rimes donne plein de suggestions comme lutin, bulletin, argentin, gratin, intestin, strapontin, matin, ou fretin, ce qui fait effectivement du choix, mais on reste loin du romantisme).

Donc tu as vraiment existé, et il est injuste que tant de gens profitent indûment du 14 février pour recevoir des fleurs et déguster un bon repas à la lueur des bougies sans même connaître ton histoire, laquelle, il faut le dire, mérite bien ton passage à la postérité. Voici donc, pour combler les lacunes de ceux qui me lisent :

« Saint Valentin était un médecin devenu prêtre à Rome au IIIè siècle. En 268, l’empereur Claude II, qui trouvait que les hommes mariés faisaient de mauvais soldats à cause de la dépendance à leur famille, fit abolir le mariage. Mais les jeunes fiancés continuèrent à venir trouver en secret Saint Valentin pour recevoir la bénédiction du mariage. Le prêtre fut donc arrêté et emprisonné. Pendant sa captivité, Saint Valentin se lia d’amitié avec Julia, la fille de son geôlier, une jeune aveugle. Un miracle se produit : la jeune fille, retrouva la vue. Juste avant d’être exécuté, il lui offrit des feuilles en forme de cœur avec le message suivant :  » de ton Valentin « … Mort martyr, décapité à Rome en 270, il fut enterré sur la voie Flaminienne où on lui rendit un culte. »

En lisant ça, je me suis dit que tu étais quand même un homme qui ne manquait pas de courage, ça m’a donc donné envie d’abord de te souhaiter une bonne fête, et puis aussi de t’écrire. Et je ne le fais pas avec tant de personnalités émérites que ça. Parce qu’au fil des années, il faut bien le dire, ma crédulité s’est émoussée :

  • Cela a commencé avec la petite souris, qui n’a pas été très maline, parce que déjà, au lieu de mettre une pièce sous mon oreiller, elle m’a offert le jouet dont je rêvais depuis un mois, qui était plus volumineux qu’elle et qu’elle a réussi à déloger ma dent de l’intérieur de la boîte cachée sous mon oreiller, le tout sans me réveiller. J’avais beau être jeune alors, mon esprit rationnel a tout de suite compris qu’un petit rongeur vivant dans les sous-sols du métro ne pouvait parvenir à une telle performance.
  • Ensuite, il y a eu le père Noël. Bizarrement, il a quand même fallu quelques années avant que je ne m’étonne du fait qu’il arrive à livrer les cadeaux dans un appartement sans cheminée (sans compter l’exploit qui consiste à faire le tour de tous les foyers avec enfants en moins de 24 heures et avec un traîneau de 3m² porté par seulement deux rennes).
  • Sur le même créneau que toi, il y a Cupidon, il est vrai, mais à part en peinture sur les plafonds magnifiques de quelques beaux châteaux et demeures, personne ne l’a jamais vu se matérialiser. Et il faut admettre aussi que je suis un peu sensible à la douleur, et que la seule fois où une flèche m’a touchée, il en est résulté une grosse frayeur, de l’énervement, et un bleu dont je me serais bien passée (cela dit, j’apprécie le tir à l’arc si c’est moi qui ai l’arme entre les mains).
  • Et puis bien sûr, il y a cette histoire de prince charmant. Alors là, autant le dire tout de suite, c’est un mythe qui n’a jamais vraiment pris chez moi. J’aime bien regarder Blanche Neige quand même, c’est un chouette film d’animation, mais ça s’arrête là. Par  contre, séparément, j’adhère bien à ce concept. Je m’explique : le prince, je trouve ça génial, c’est facile à trouver en plus, il y en a partout, chez Auchan, Carrefour, Cora, Franprix, et Lu a trouvé la bonne recette, ce sont des paquets qui en plus sont bien faits pour partager, c’est convivial et délicieux, rien à redire. Et le charme, j’y crois aussi, parce que toute relation débute par ce petit quelque chose, ce petit rien même parfois, qui chez l’autre nous charme. C’est juste que ça n’a rien à voir avec cette histoire de mec qui se ballade tout seul à cheval au milieu de la forêt et qui croise une jeune femme elle-même aussi égarée au fin fond de la même forêt (un jour, il faudra quand même qu’on m’explique la fascination qui pouvait conduire tous ces personnages de fiction à aller s’égarer seuls au milieu des ronces au lieu de randonner à plusieurs) et qui, sans que la jeune demoiselle ne demande rien l’embrasse subitement, et elle, au lieu de le gifler (comme bon nombre de femmes le feraient aujourd’hui si un inconnu affublé de surcroît d’un costume étrange se ruait vers elles pour une vulgaire galoche), lui tombe dans les bras.

C’est pour ça que je préfère t’écrire à toi, Valentin, parce que quand même, ton histoire vole un peu plus haut, et que tu as en plus le mérite d’avoir vraiment existé. Donc voilà, je crois en toi. J’avais envie de te le dire, tu es vraiment un homme qui a « la classe ».

Et là, tu te dis que tu me vois venir depuis le début, que je vais te demander de m’apporter un amoureux intelligent, attentif, respectueux, mature et tutti quanti. C’est sûr, si tu as ça en stock, je ne te claquerai pas la porte au nez (de toute façon, je suis polie, pour que je claque une porte, il faut une raison valable).

Mais le véritable objet de ma missive, c’est que je trouverais ça beau, si, pour un jour au moins, pour te fêter, les gens vivaient tous pleinement du désir d’aimer, ou encore mieux, vivaient du désir d’aimer pleinement. Qu’ils aient ou non un amoureux. Parce qu’on a tous quelqu’un à aimer, ou quelqu’un qui nous aime. Parfois, trop souvent d’ailleurs, on s’aime mal, par routine, par maladresse, par fatigue, par habitude, par frustration, par mesquinerie, par manque d’écoute. Mais parfois aussi, on s’aime bien, avec justesse, avec bienveillance, avec joie surtout. Parce que l’on a compris l’importance de ce qui nous lie à l’autre, à ces autres qui comptent pour nous. Et que l’on sait que c’est avec lui / elle / eux que l’on grandit. Et que nous aussi, nous pouvons apporter notre contribution dans son / leur épanouissement. Il nous arrive de l’oublier. Mais parce que c’est le jour où l’on célèbre l’amour, je trouverais ça bien que tu nous aides tous à nous en souvenir, et à avoir ce petit geste, cette petite parole, qui montrera qu’aimer, c’est ce qui nous fait nous sentir vivants.

Bonne fête de l’amour à toutes et à tous !

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6 Réponses to “Cher Saint Valentin”

  1. rflxworkinggirl 20 février 2013 à 12:35 #

    Super post! Ecrit avec beaucoup d’humour et de piquant! J’ai adoré te lire, je te souhaite de trouver très prochainement un merveilleux Valentin!

  2. La Flâneuse 14 février 2013 à 13:46 #

    Belle fête à toi aussi

  3. blogdemissbavarde 14 février 2013 à 11:41 #

    Bonne fête à toi aussi. J’essaie de m’aimer moi pour mieux aimer après 🙂

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