La France et les touristes

20 Mar
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Amis Français, nous pouvons être fiers de la beauté de notre pays, de ses paysages, de la richesse de son patrimoine et de la diversité de ses régions. Mais il est temps d’arrêter de jouer les coqs avec notre merveilleux territoire que tant de gens nous envient. Parce que certes, la France fait encore rêver les étrangers. Mais pour combien de temps encore ?
En un an, le pays bleu blanc rouge est passé de la troisième à la septième place en termes d’attractivité touristique. Hasard ? Matraquage publicitaire d’autres destinations ? Peut-être un peu mais pas seulement. Une cruelle vérité s’impose : nous ne savons pas accueillir nos visiteurs.
Et cela commence dès l’aéroport. A l’atterrissage à Roissy, deux alternatives :
  1. Prendre le RER B : ce qui nécessite au préalable de le trouver au milieu de ces couloirs où même les Parisiens les mieux avertis se perdent une fois sur deux. Et une fois arrivés sur le quai, comment ne pas ressentir une profonde désillusion en montant dans ces vieilles rames malodorantes, parcourant des paysages qui ne ressemblent que de très loin aux cartes postales de la place du tertre ou du Champ de Mars ?
  2. Opter pour un taxi : en général, la localisation de la file d’attente est plus aisée et le débit à peu près satisfaisant. Mais, chose étonnante sachant que le montant de la course oscille en moyenne entre 50 et 80 euros, moins d’un sur dix accepte la carte bleue. Or, l’étranger qui vient de débarquer n’a pas forcément eu le réflexe ou l’envie (après un trajet déjà long) de faire une heure de queue au seul distributeur en fonctionnement ou de se voir appliquer des frais de change exorbitants qui ont cours dans les bureaux de change de l’aéroport. D’ailleurs, le Français lui-même, rentrant de vacances, ne dispose pas souvent non plus de cette somme en liquide. Et je ne parle que du moyen de paiement, pas même de l’amabilité plus que douteuse de nombre de conducteurs (pas tous, je ne voudrais pas généraliser, mais beaucoup quand même).
Sur les hôtels, pas de commentaires particuliers, n’y ayant que rarement recours quand je voyage à l’intérieur du territoire. J’ai par ailleurs constaté, lors de mes propres déplacements à l’étranger, que d’un lieu à l’autre, tout dépendait en général du gérant, parfois adorable, parfois rognant sur toutes les prestations, propreté comprise. J’imagine donc qu’il en est de même dans nos contrées.
Une fois leur première nuit passée, remis de l’accueil un peu froid que leur a réservé leur arrivée, nos chers touristes, pour ceux que la culture intéresse, s’en vont visiter les musées. Musées qui font notre fierté, nous fiers héritiers des philosophes des Lumières et d’illustres peintres et sculpteurs. Et là, après l’inévitable temps d’attente que suscitent l’attrait et la renommée de certains d’entre eux, en particulier à Paris (tout de même plus supportable, il faut le dire, que la file de disneyland pour passer 2 brèves minutes dans space mountain), l’heure est parfois de nouveau au désenchantement. Non pas que les œuvres ne soient pas à la hauteur des espérances qu’ »ils ont pu formuler. Mais que certains des plus grands sites ne les aident pas à bien se repérer et à effectuer leur visite dans les meilleurs conditions. Le Louvre, depuis qu’il est en travaux, ressemble à un labyrinthe lorsque l’on veut changer d’époque ou de collection. Le Musée d’Orsay, illustre repère pour voyageurs, n’a même pas pris le soin de traduire le titre de ses œuvres, ne serait-ce qu’en anglais (et je ne parle pas du chinois, de l’espagnol ou du japonais, malgré tous les deniers reçus des visiteurs venant de ces pays). Paradoxalement, c’est parfois dans les petits musées anecdotiques que l’on trouve le meilleur ses de l’accueil, ainsi qu’une documentation et des plans clairs, qui dépassent de loin en proportion ceux déployés par leurs célèbres « grands frères ». Je n’imagine même pas les efforts qu’il faut déployer pour ceux qui ont le malheur de ne pas parler notre langue pour se repérer lorsqu’ils vont s’aventurer hors des lieux labellisés par les guides de voyage (enfin, je vous concède qu’il en est souvent de même chez nos voisins proches et lointains lorsque l’on décide de sortir des sentiers battus).
Point crucial aussi pour tout touriste qui se respecte : tester notre fameuse gastronomie. Si possible, et cela est quand même une règle universelle pour tout voyageur qui se respecte, en évitant les « restaurants à touristes », qui ont l’avantage d’avoir un menu traduit dans toutes les langues imaginables, mais qui servent rarement les mets les plus fins. Donc, notre quidam, ayant décidé de tester un « vrai » bistrot ou restaurant français (sans pour autant atteindre le standing de le Tour d’Argent, où il est quand même probable que l’on sache prendre soin de ceux qui ne parlent pas notre langue), va se heurter, encore une fois, à des difficultés pour se faire comprendre et savoir quoi choisir. Parce que le Français, même dans les quartiers touristiques, n’est pas bon en langues étrangères. Et que très souvent, il dispose tout juste de rudiments d’anglais. Ce qui évidemment ne lui permet pas de traduire et encore moins d’expliquer des termes tels que « ratatouille », « petit salé », « pot-au-feu », « crêpe suzette » ou « crème catalane ». Sans compter que tous ne voient pas d’un bon oeil ce débarquement de personnes parlant des langages qui leur sont peu familiers, et parfois vêtus selon un sens de la mode qui leur échappe (mais là encore, je ne généraliserai pas à tous les restaurateurs).
Enfin, dernier problème qui se pose à nos visiteurs : celui de se faire aider, pour trouver son chemin, faire ses courses, se retrouver dans les transports en commun. Et là, je parlerai plus particulièrement de Paris, où ce besoin d’être un peu guidé se heurte à une volonté très limitée des autochtones d’apporter leur aide. Parce que c’est bien que les étrangers viennent apporter leur contribution à la croissance (heum… à la stagnation) de notre économie, mais il ne faudrait pas non plus qu’ils attendent en contrepartie qu’on leur rende service. Après tout, nous sommes pressés par notre rythme métro-boulot-dodo, il ne s’agirait pas de perdre une minute à tenter de prouver que la France, c’est encore (un peu) le pays des bonnes manières. Ce qui n’excuse pas pour autant le comportement grossier de certains groupes de touristes qui ont tendance à jouer les « pousse-toi de là que je m’y mette » ou le caractère parfois envahissant de certains cars de touristes asiatiques, testant ainsi notre patience déjà pas bien grande. Mais si l’on commence à jouer à « un prêté pour un rendu », ce n’est pas à la 7ème place que l’on sera en 2013 mais à la 20ème ou la 30ème.
Il est encore temps de réagir et de redresser notre image. Sachons aimer les gens qui viennent nous voir, avant qu’il ne vienne la déplorable idée de faire courir le bruit qu’en France, les pierres ont plus de charme que les habitants !
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