Only Connect

3 Avr

En manque de théâtre suite à une pause de quand même trois semaines pour cause de préparation de vacances suivie des vacances elles-mêmes, il me tardait de me rasseoir sur un joli fauteuil rouge, plongée en spectatrice anonyme dans l’obscurité de ces salles sombres qui me procurent tant de ravissement. Et quoi de mieux pour retisser les liens avec le spectacle vivant qu’une pièce parlant de connexions et de communication ? En découvrant le thème de ce spectacle, tournant autour de la difficulté à bien se parler et à entrer en relation malgré tous les moyens à notre disposition, la fausse geekette que je suis n’a pu résister, elle a cliqué sur réservation, après très prompte réflexion.

Mais il est temps d’arrêter de me regarder le nombril pour vous parler un peu de ce que j’ai vu sur les planches du charmant Vingtième Théâtre, belle salle égarée dans une rue sinueuse et insoupçonnable pour tous ceux qui ne connaissent pas les recoins du quartiers de Ménilmontant. Only Connect, c’est donc une pièce, non pas qui parle de ces « nouvelles » (désormais presque anciennes) technologies pour échanger, mais qui s’en sert de support pour parler d’amour, de désamour, de difficultés à se trouver soi-même et donc à rejoindre l’autre.

Autant le dire, le message est très actuel mais pas très optimiste. Six personnages se croisent, s’éloignent, se rapprochent, pour fuir leur solitude, pour endiguer leurs peurs, pour chercher chez l’autre ce qui leur manque à eux. Et puis ils s’éloignent, vont voir ailleurs, ou restent mais en étant absents, ils trompent l’autre, ils se trompent eux-mêmes. Et ils sombrent tous dans la mélancolie de ceux qui n’aiment pas, ou qui aiment sans retour.

Mais si le propos n’est pas gai, la mise en scène est très subtile, ne sombrant pas dans le déprimant, ni dans la relativisation des souffrances que tous ces comportements présentent, facilités par les textos, sites de rencontres, chats, ou e-mails, dont on voit le contenu s’afficher par la magie d’un média encore plus ancien : celui de l’écran de cinéma. Et la finesse du texte, de sa mise en espace, et du jeu de ces six personnages, fait que là où l’on pourrait tomber dans la sinistrose, on se surprend à rire (pas aux éclats, bien sûr, mais les sourires appuyés sont légion tout au long de ces deux courtes heures). A réfléchir aussi, bien sûr, parce que tout y invite, les situations, les mots, les citations qui apparaissent par la magie de la vidéo.

Et au lieu de déplorer les vicissitudes du monde moderne, la facilité de l’infidélité, la tentation de l’indécision, je suis pour ma part sortie en me disant que ces personnages qui meurent de ne pas s’aimer sont ce que je ne veux pas devenir. Et en brûlant du même espoir qu’eux, et surtout de davantage de détermination à maîtriser mon destin, et à continuer à vivre mes relations dans l’authenticité que ces personnages n’ont pas su trouver.

Plus d’infos :

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2 Réponses to “Only Connect”

  1. cubala 4 avril 2013 à 07:26 #

    Très bon debriefing. Tu as réussi à me donner envie d’aller la voir 🙂

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