De la réponse aux e-mails

7 Avr

Je voudrais ce soir faire une petite mise au point sur un mode de communication qui est devenu partie intégrante de notre vie, qu’elle soit professionnelle ou personnelle. Vous l’avez compris au titre (si vous avez lu le titre bien sûr, sinon il est encore temps) : il s’agit bien de l’e-mail ou courriel pour le franciser (ou pour les quelques irréductibles réfractaires à l’emploi de termes anglo-saxons).

Désormais, ces messages ont donc plus que largement remplacé les lettres, et dans une certaine mesure les coups de téléphone et même les SMS (textos pour les francophiles). Avec bien sûr une gestion différente. Parce que soyons clairs, et même si mon propos ici est de dénoncer le comportement laxiste de certains face aux messages que d’autres prennent le soin de leur envoyer, les e-mails peuvent être envahissants. Notamment au travail, ou certains peuvent en recevoir jusqu’à 300 par jour, voire même plus, et où les traiter tous en continuant dans le même temps de faire avancer d’autres tâches relèvent parfois de la gageure. D’autant que ceux qui les envoient attendent tous une réponse dans le demi-heure et vous renvoient une 2ème demande ou vous appellent furibards s’ils ne l’ont pas obtenue. Sans compter, pour ce qui est de sa boîte personnelle, les spams, demandes à signer des pétitions, appels à la révolte, quêtes des associations, pseudo-demandes d’aide pour toucher un héritage de 4 millions de francs CFA du Zimbabwe (non, l’entourloupe n’est pas grosse), ou chaînes à transmettre sous peine de contracter une maladie mortelle ou de se priver de toute chance d’accéder au bonheur suprême… C’est un fait et je le reconnais, notre boîte de réception peut rapidement être menacée par la noyade.

Mais pour autant, à l’heure ou certains ont quasiment leur smartphone greffé à la paume de leur main (tout juste s’ils arrivent à s’en défaire le temps de prendre leur douche, vivement les coques étanches !), j’observe de plus en plus une tendance à ne plus répondre du tout aux sollicitations reçues. Je conçois bien que certains sont vraiment peu souvent connectés ou ne souhaitent plus toucher à leur ordinateur après leur journée de boulot. Mais il me semble d’abord qu’ils ne sont pas majoritaires. Et aussi que même eux peuvent se donner la peine, lorsqu’une personne leur demande des nouvelles ou leur adresse une invitation, de réagir à ce message de sympathie (autrement que par e-mail d’ailleurs s’ils le souhaitent). Pas dans l’heure non plus bien sûr. Ni dans la même journée. Mais au moins de se réserver un petit temps dans la semaine pour donner de leurs nouvelles lorsque d’autres s’intéressent à ce qu’ils deviennent ou pour répondre aux propositions qui leur sont faites. Parce que, pour ceux qui se donnent la peine de maintenir le contact et/ou d’organiser des activités, croyez-le, il peut devenir vite décourageant de déployer des efforts et de constater que les personnes qu’elles apprécient n’en tiennent pas compte. Voire, pour le cas des sorties ou des dîners, de se dire qu’elles n’ont pas compris qu’elles n’étaient pas une adresse ajoutée dans un mail groupée, mais un homme ou une femme choisie pour prendre part à un moment convivial.

Alors, pour vous tous qui me lisez, si vous êtes plutôt des expéditeurs, veillez s’il-vous plaît à limiter l’usage du Forward à tous (et aussi du Répondre à tous) pour réserver l’encombrement des messageries de vos amis et proches aux témoignages de sympathie. Et si vous avez la chance d’être souvent contacté, soyez-en reconnaissant et répondez, même en trois mots, faute de quoi votre boîte aux lettres électroniques finira par ne contenir plus que ces spams que vous exécrez sans doute…

Oups, je vois que j’ai des courriels en souffrance, je file appliquer mes bons principes…

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4 Réponses to “De la réponse aux e-mails”

  1. L.............. 15 avril 2013 à 21:52 #

    Bonsoir
    J’ai découvert votre blog il y a peu et j’ai trouvé cet article très intéressant. c’est assez révélateur des comportement actuels avec les nouvelles technologies.
    Quand j’étais petite, il n’y avait pas internet et j’ai survécu! Et vous?
    par contre il est vrai que les mails et internet sont devenus indispensables au travail à présent et que pendant qu’on répond aux mails, le reste des dossiers n’avance pas!
    Avant avec le courrier postal, les informations mettaient plusieurs jours pour arriver, on prenait le temps de penser puis d’écrire la réponse qui parvenait plusieurs jours plus tard.
    Que dire d’avant du temps des pigeons voyageurs ou des cavaliers au moyen-âge. cela pouvait prendre des semaines pour véhiculer une information et sa réponse!
    Maintenant il suffit d’un clic pour répondre et du coup les gens sont pressés et veulent qu’on soit réactifs. mais il y a certaines décisions qui demandent du temps pour la réflexion, un mûrissement…et pas une seconde de retour de mail ou de SMS.
    Par ailleurs, vous parlez des mails groupés qui enlèvent le côté spécifique des relations. On se sent un pion parmi tant d’autres, ça parait impersonnel…
    C’est vrai mais internet a permis de communiquer virtuellement avec tant de monde qu’il est parfois matériellement impossible par manque de temps de faire des mails à chacun d’eux. Ou alors il faut privilégier les « vrais « ami(e)s, ce qui n’est pas toujours facile à faire. Le temps se charge de nous montrer (ou à l’occasion d’épreuves) qui sont nos « vrais » amis dans la « vraie » vie. Pas la vie virtuelle d’internet où certains ont des centaines d’amis mais des « vrais » c’est sur les doigts d’une main qu’on les a.
    Que pensez-vous de tout cela?
    Merci pour votre article qui pose des questions de fond
    A bientôt de vous lire
    Une lectrice
    L………………..

    • plumechocolat 16 avril 2013 à 22:09 #

      Bonsoir,
      merci pour votre commentaire et vos encouragements. Comme vous le constatez, j’ai survécu également à une enfance ou Internet et les téléphones mobiles n’existaient pas, même si j’apprécie aujourd’hui les bienfaits et le caractère pratique de ces outils.
      Pour ce qui est des mails, je souligne bien le travers consistant à vouloir absolument une immédiateté dans la réponse. Mais le fait de laisser traîner des jours relève également de l’impolitesse. C’est ce que je souligne aussi pour les mails groupés. Lorsqu’ils sont utilisés pour une invitation commune, même si cela peut paraître impersonnel, la personne qui a envoyé le mail n’a pas mis des noms au hasard. Personnellement, cela m’attriste de voir des personnes qui ne prennent pas dans la semaine 10 secondes pour dire si elles sont ou non disponibles à la date proposée et pour ce dîner / cette activité / cette sortie commune. Je déplore comme vous en revanche les personnes qui utilisent les mails groupés pour envoyer des messages dépersonnalisés et sans contenu.
      En revanche, certains messages, a l’instar des lettres en leur temps, n’appellent en effet pas de réaction rapide, justement parce qu’ils remplissent la même fonction que les lettres, exprimer un ressenti, témoigner de son affection, de sa présence, dire des choses essentielles par une autre voie que le papier.
      Le tout, c’est de bien doser son usage je crois, et de bien trier les messages que l’on reçoit, pour y apporter la réponse adéquate dans les délais jugés raisonnables.

  2. JCM (@jchmfly) 8 avril 2013 à 11:36 #

    ou alors…..
    en pensant à ces gros malotru(e)s qui ne répondent pas aux messages,
    après avoir bien médité sur leur bêtise, de n’avoir vu l’intérêt de te répondre, d’avoir saisi la chance d’une conversation passionnante ou anodine mais jamais inutile,
    après s’être bien assuré de ne leur trouver aucune excuse, et étouffer tous ses scrupules,
    … tu leur envoies un message tellement clair et percutant, qu’ils seront saisis de honte et de remords, et n’oublieront plus jamais répondre.

    Si tu as besoin d’inspiration pour des missives de ce type, je peux aider (je taquine pour 2)

    • plumechocolat 8 avril 2013 à 21:01 #

      Oh oui, je suis preneuse de tes formules pleines d’inspiration (attention hein, plus lyriques que : vous êtes des cons ;-))

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