Autour de l’innocence

14 Avr
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Peinture : Rafal Olbinski

Alors que nous, Parisiens frigorifiés, voyons enfin revenir le soleil, espoir d’un printemps qui dure, « let the sunshine » en top de la playlist de notre lecteur mp3, les tensions continuent de s’accumuler dans les lieux de pouvoir. Et cette semaine, entre plagiat rabbinique, batailles à coups de patrimoines autour de l’affaire Cahuzac (et pour une fois, les hommes politiques cherchent à montrer qu’ils ont tous la plus petite… fortune), durcissement de certaines manifestations, bataille Bové-Mélenchon, et j’en passe certainement, la grêle des giboulées d’avril ne s’est pas abattue qu’au sens propre sur notre patrie.

Dans ce contexte pour le moins peu enthousiasmant, l’idée m’est venue de faire l’apologie d’une valeur devenue désuète, décriée presque parfois pour être assimilée à  de la naïveté aigüe, celle de l’innocence. D’abord, pour les sujets que j’ai mentionnés il y a quelques phrases, j’aimerais rappeler que l’on trouve, parmi les définitions associées à cette notion, l’«état de quelqu’un qui n’est pas coupable d’une faute déterminée ». Or, on le voit bien en ce moment, les soupçons de culpabilité qui pèsent sur nos dirigeants à tous niveaux (tant dans la sphère politique qu’économique), l’impression qu’il se trame des magouilles dans beaucoup d’entreprises, les révélations de culpabilité avérée créent un climat de méfiance, voire de défiance, qui n’incite pas à avancer ensemble vers un chemin nous ramenant à la croissance, du PIB comme de la place de l’humain.

Mais plus que la non-transgression volontaire des règles, l’innocence est l’«état de quelqu’un qui est incapable de faire le mal ». Je reconnais bien volontiers que, passés 4 ou 5 mois d’existence (allons même jusqu’à 9-10 mois si vous voulez), il serait utopique de croire qu’une innocence totale, répondant à cette définition, est possible. Mais n’est-ce pas un caractère que nous admirons, en particulier chez les enfants, cette fraîcheur, cette ignorance presque exhaustive de ce qui ne va pas dans le sens du bien et du progrès, qui malheureusement diminue progressivement au fur et à mesure que chaque être vieillit ? N’avons-nous pas aussi un profond respect pour ces gens, qui, bien que devenus adultes, donnent le sentiment qu’ils ne savent même pas ce qu’est l’intention de nuire aux autres ? Ce sentiment est vraisemblablement erroné, je suis certaine pour ma part que ces quelques personnes choisissent sciemment d’agir en faisant fi des mesquineries des autres, des querelles intestines et autres inélégances. Et cela exige des efforts (sans les rendre toujours totalement exemptes de quelques maladresses involontaires). Mais je suis convaincue que ces gens, en choisissant de ne pas adopter le jeu du conflit, de la duplicité, et de la poursuite de leur intérêt au détriment de celui des autres, sont plus sereins. D’ailleurs avez-vous l’impression que tous ceux qu’on voit se tirer dans les pattes à la télévision ou dans notre entourage en s’accusant les uns les autres sont satisfaits à la fin de la journée.

C’est pour cela que je me dis que ce retour de la chaleur sonne comme un encouragement à en finir avec les comportements soupçonneux frisant la paranoïa, à stopper aussi avec le souhait d’arriver au sommet en écrasant quelques crânes et beaucoup de pieds. Je suis convaincue qu’on peut aller très loin sans malignité. Peut-être mon cœur de petite fille bercée aux contes des frères Grimm où les gentils finissent toujours à la tête du royaume ? Alors tout cela ne se fait pas sans un peu de lucidité et de clairvoyance (l’ingénuité, non merci). Sans beaucoup de persévérance aussi. Mais au milieu de tout ça, amusons-nous à gambader dans les prés le cœur léger, savourons un peu d’insouciance perchés sur une terrasse ensoleillée, chargeons nos batteries de bons sentiments, et nous avancerons mieux après.

Sur ce, j’ai fini mon smoothie « Innocent » (ceci n’est pas un billet sponsorisé !!), je passe à la margarita. Bonne première soirée de printemps.

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2 Réponses to “Autour de l’innocence”

  1. blogdemissbavarde 14 avril 2013 à 19:39 #

    Le cœur léger et la Margarita bon choix 🙂

    • plumechocolat 15 avril 2013 à 13:12 #

      Pourvu que la douceur s’installe, que je puisse vivre d’amour et de cocktails frais !!

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