Les lieux branchés où l’on danse

5 Mai

Ce week-end, j’ai eu l’occasion d’aller dans un bel endroit de Paris, pour déguster un excellent repas entre amies dans un lieu chic et branché, où l’on peut également danser une fois les mets dégustés. Par respect pour les personnes que je risque de caricaturer et pour préserver leur anonymat, je ne nommerai pas le lieu, mais je peux dire que j’y ai passé un excellent moment et que j’ai beaucoup apprécié ma soirée. Je tiens aussi à préciser que certains des personnages me sont inspirés par des expériences préalables dans d’autres lieux où j’ai pu me rendre plus ou moins récemment.

Ce qui est amusant d’abord dans ces soirées faites pour danser, c’est qu’en réalité, peu de gens sont réellement là pour danser. Alors que pour ma part, les rares fois où j’y vais, c’est pour me trémousser n’importe comment sur la musique, qu’importe ce que les autres pourront en penser, je suis là pour me dépenser et me faire plaisir. Heureusement, je ne suis pas seule dans ce cas. Parce qu’il y a souvent un Michael Jackson ou un John Travolta en herbe. Et ce soir, le spécimen est doué. Lui, il ne se trémousse pas, il a vraiment du style. Jambes souples et lestes qui bougent de façon harmonieuse, gestes précis, synchronisation des bras parfaite, des  pas en rythme avec la musique, ça y est, vous avez envie de prendre des cours pour faire aussi bien un jour. Ou que le monsieur vous fasse swinguer, rien que pour le plaisir d’avoir un bon cavalier. Cet individu existe aussi en version féminine, style Olivia Newton-John ou parfois Pietragalla.

Malheureusement, dans la salle, il en est beaucoup qui n’ont pas l’élégance du décor branché qui les entoure. Parmi eux, il y a le loser / la perdante. Qui est là pour faire des rencontres mais qui n’a pas les codes. Cela peut être un homme en polo rayé délavé, jeans, mocassins et chaussettes blanches, avec un sac en bandoulière sans doute jeté à la poubelle par un métrosexuel ayant fait une erreur de shopping. Ou la fille en baggy et t-shirt ample avec des kappa modèle 2005 (ok, le vintage est à la mode, mais pas pour tout). Déjà, dans un pub, ils ne seraient pas à leur place, là ils font l’effet d’une étagère Conforama dans un salon Louis XV. Or, ils sont là dans l’espoir de faire des rencontres, et, s’ils attirent rapidement l’attention, ce n’est hélas pas comme cibles potentielles des messieurs/dames en quête comme eux d’un peu d’amour.

Et puisque l’on parle des personnes venues chercher l’amour, nous avons, au milieu de la piste, les deux femmes qui sont là « pour ça ». Faciles à repérer. A l’inverse de nos perdants du paragraphe précédent, niveau élégance, elles en ont fait beaucoup, et même trop. Robe hyper-courte et à moitié transparente pour l’une, décolleté plongeant en pantalon hyper-moulant pour l’autre, talons hauts à l’unisson, il ne manque plus que l’écriteau « ramène-moi chez toi ». Mais même sans le panneau, le message est clair. Des femmes qui approchent ou ont dépassé la quarantaine, ont sans doute couru après les mauvais hommes et ont connu de grosses désillusions, qui maintenant sont prêtes à accepter n’importe qui pourvu qu’il présente un minimum bien et leur tienne chaud l’espace de quelques nuits (ou même d’une seule). Très drôles à regarder essayer de se faire approcher par tous les moyens, mais qui au fond suscitent la peine. Celle de voir des personnes ayant à ce point perdu confiance en elles qu’elles pensent pouvoir trouver le bonheur dans une partie de jambes en l’air bâclée entre 4 et 5 heures du matin.

Ne nous leurrons pas, d’autres personnes présentes espèrent elles aussi faire une rencontre. Mais plus subtilement et sans en faire LE but ultime de la soirée. Des bandes de 3-4 ami(e)s, qui se sont mis sur leur 31 pour venir tester cette belle adresse, qui ont envie de faire connaissance avec une femme / un homme un peu classe. Le souci, c’est qu’une fois-là, justement, si le fait d’être en nombre a quelque chose de rassurant, c’est aussi un peu compliqué pour approcher la personne qu’ils auront repérée sans la faire fuit, ni la mettre mal à l’aide en voyant que les 3 autres copains / copines ne les lâchent pas du regard. Résultat, ils passent certes une bonne soirée, mais  sans avoir pu aborder qui que ce soit.

Ils auraient dû de préférence faire comme la grande tablée familiale ou amicale, d’une dizaine de personnes au moins, qui sont là pour célébrer un événement et faire leur fête. Qui n’hésitent pas non plus à faire pression sur le DJ pour que celui-ci passe la musique qu’ils aiment, quitte à faire déserter tout le monde de la piste (même les deux chaudasses, pourtant difficiles à écarter du centre du décor, qui dépitées, iront se faire servir un cocktail chic par le serveur sexy du bar). Pour eux, qu’importe ce qui se passe autour, ils rient et font l’animation, le temps d’avoir assez dansé et de retourner à leurs sièges continuer à s’amuser.

Et puis, il y a tous les autres, fêtards invétérés habitués des adresses huppées, ou festoyeurs d’un soir, qui veulent changer des samedis au ciné ou devant le canapé, qui profitent de l’ambiance du lieu, pestent quand le style de la musique ne leur plaît pas, foncent de nouveau sur la piste quand se joue un de leurs airs fétiches, allant jusqu’au bout de la nuit à grands renforts de shots et de coca, qui se préparent un dimanche comateux, mais profitent à fond.

Le tout donne un tableau qui inspirerait sans nul doute un Toulouse-Lautrec des temps modernes, et qui, peut-être, d’ici 100 à 150 ans, sera l’une des œuvres emblématiques du Musée d’Orsay…

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Une Réponse to “Les lieux branchés où l’on danse”

  1. cubala 6 mai 2013 à 11:18 #

    C’est où alors ? J’ai envie de me trémousser 🙂 (cubala at free .fr)

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