Que sont devenus nos rêves d’enfant ?

12 Mai

Lorsque nous étions enfants, nous avions des rêves rocambolesques, qui changeaient au gré de nos humeurs. Nous nous rêvions pilotes de chasse, sauveur de l’humanité, présidents du monde (chose que seuls des gens comme Edwy Plénel ont réussi à accomplir…), inventeurs d’un tapis volant plus rapide que celui d’Aladin, bâtisseurs de palais, et autres vocations grandioses. Nous serions tous beaux, riches et intelligents, les guerres n’existeraient plus, les colombes seraient plus nombreuses que les pigeons parisiens, des cigognes nous apporteraient des bébés qui feraient leurs nuits en deux jours, et nous serions un couple de prince et princesse qui ne se disputeraient jamais pour savoir qui descendrait la poubelle le dimanche soir (parce que, esclavagistes que nous étions alors sans le savoir, nous aurions 4 domestiques pour s’en occuper). Et puis nous aurions une voiture de course et des robes cousues avec du fil d’or, une maison avec six chambres, une terrasse et une piscine en sous-sol en plein quartier latin à Paris ou surplombant Porquerolles… bref, tout serait pour le mieux dans notre monde enchanté.

Et puis, nous voilà aujourd’hui, loin de cette période où nous n’avions cure du réalisme, toujours avec des rêves, mais bien différents de ce qu’ils étaient alors. C’est pourquoi je vous propose ce soir un petit tour d’horizon sur la façon dont nos aspirations se sont transformées à l’insu de notre plein gré.

Le tapis volant : puisque j’en parlais, je vais commencer par celui-là. En fait, depuis nos jeunes années, nous avons sans doute tous pu tester le truc, mais bien différemment de la façon dont nous nous imaginions la chose : le tapis a glissé, nous avons volé, fin de ce fantasme stupide. Mais si on arrivait à inventer une petite cabine que nous serions la seule à posséder (parce que sinon, retour des embouteillages) avec chauffage et thermos intégré pour l’hiver, toit ouvrant et mini-frigo pour l’été, nous permettant de nous élever au-dessus du trafic, nous serions toujours preneurs.

Devenir infirmière. Mais pourquoi diable, nous petites filles, voulions exercer ce métier ? La vue du sang nous fait horreur, les horaires décalés très peu pour nous, quant à la reconnaissance, qu’elle soit humaine ou financière, elle est loin d’être à la hauteur de l’implication des hommes et des femmes qui en ont fait leur profession.

Gagner beaucoup d’argent. Alors là-dessus, je suis partagée. Parce que gagner beaucoup d’argent, c’est encore le rêve de beaucoup de gens. Et sans rien faire de préférence (et la Cie nationale des amusements à cocher et à gratter, elle, a fait fortune grâce à cela). Il y en a aussi qui deviennent traders, mais bon, Kerviel a quand même montré qu’on pouvait devenir endetté à hauteur de 4,9 milliards d’euros (ce qui est quand même très inférieur au déficit annuel de la France il faut malgré tout le redire), ça mérite d’y réfléchir à deux fois.  Pour ma part, je serais très fière si je gagnais une jolie somme grâce à une chouette innovation ou en tout cas par le fruit de mon travail. Sinon, je pense qu’il y a plus important quand même que l’appât du gain pour le gain. Un bon niveau de confort je le souhaite à tout le monde, crouler sous l’argent non. Encore moins s’il n’est pas mérité.

Etre avocat. Ah oui, ça je l’avoue, c’est un rêve personnel, sans doute pas universel. Ce besoin viscéral de défendre les causes en lesquelles je crois. Et puis ce décor des tribunaux qui ressemblent à des belles salles de spectacle. Bon, sur ce coup, ça a un peu foiré, j’essaie de faire passer quelques idées, mais mes plaidoiries ne contenant pas d’articles provenant d’un des milliers de codes juridiques, elles sont plus ou moins écoutées. Alors j’ai cherché à compenser un peu en achetant des robes noires, et en m’entraînant à l’éloquence sur les scènes de théâtres qui sont hélas moins beaux que la salle Richelieu de la Comédie Française ou celle de l’Odéon. Tout n’est quand même pas perdu !

Vivre avec un prince ou une princesse. Vu la cote des titres aristocratiques aujourd’hui, mieux vaut éviter. Sans compter qu’à part ledit titre, des ducs et des vicomtesses qui possèdent encore des demeures somptueuses, il n’en subsiste guère. Et que les robes à manches ballon et les pantalons bouffants qui éveillaient tant notre imaginaire de gosse auraient l’air un tantinet démodés dans les rues de nos jours. Quant à cette espèce d’illusion malsaine de la perfection dont nous avons été bercés, il est temps d’y renoncer. Il en est qui cherchent toujours l’homme ou la femme doté d’absolument tout ce qu’ils attendent, avec un je ne sais quoi en plus, et qui finiront par se perdre dans cette quête. Comme le disait si bien Musset sur les relations amoureuses : « Tous les hommes sont menteurs, inconstants, faux, bavards, hypocrites, orgueilleux et lâches, méprisables et sensuels; toutes les femmes sont perfides, artificieuses, vaniteuses, curieuses et dépravées ; mais il y a au monde une chose sainte et sublime, c’est l’union de deux de ces êtres si imparfaits et si affreux. ». Alors, trouvons notre affreux(se) imparfait(e) et réjouissons-nous !!

Vivre dans un château : cela allait de pair avec le prince ou la princesse. Or, aujourd’hui, vivre dans un château, c’est synonyme de coûts de réfection exorbitants, problèmes de chauffage et d’isolation, grandes pièces vides et lieu isolé de tout où les hivers sont longs et flippants. A moins de travailler aux Monuments de France et d’être vraiment un féru de vieilles pierres avec une petite vocation d’ermite, oubliez. Par contre, un penthouse à Brooklyn ou un triplex avec vue sur le Sacré-Cœur et la Tour Eifel, je ne dirais pas non.

Etre roi ou reine / président ou présidente / commander une armée, etc. : Il est encore des gens qui sont assez fous pour avoir le goût du pouvoir version « j’ai des centaines ou des milliers de personnes sous mes ordres ». Enfin, fous, oui et non. Parce que pour les rares qui y accèdent, une fois la carte de visite en main et leur photo parue dans Gala, plus rien ne se passe. Le pouvoir, ils voulaient le détenir, pas l’exercer en fait. Mais bon, il est trop tard pour revenir en arrière et les voilà contraints par ces centaines ou milliers de gens à travailler comme des forçats pour tenir leurs missions. Un conseil, si vous avez vraiment envie d’être au sommet, commencez par tester votre aptitude à la tâche en prenant la responsabilité de votre club de guitare ou de saut en longueur. Vous verrez si ensuite, on vous tend d’autres perches…

Ce tour d’horizon est-il la preuve que nos rêves ont disparu ? Je ne le crois pas… lequel d’entre vous, allongé tranquillement avec un bon roman le dimanche, ou tout simplement étendu sur un transat à ne rien faire, ne se surprend pas à laisser son esprit vagabonder et faire de lui un super-héros ou une super-héroïne des temps modernes ? Simplement, ils ont changé : avoir un lit à baldaquin plutôt qu’une demeure de  pièces dont l’entretien nous épuisera, s’éclater intellectuellement dans son job plutôt que de sauter d’une réunion à un compte de résultats et devoir faire des arbitrages périlleux en échange d’un titre ronflant, voler une fois sans sa vie en jet privé plutôt que traverser le désert en chaise à porteurs, écrire un best-seller plutôt que de finir les mains calleuses à manipuler du radium comme Marie Curie…

Je pourrais poursuivre longtemps, mais je rêve d’aller flâner un peu, aussi je vous confie la présidence de cet article si vous souhaitez y ajouter des observations….

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13 Réponses to “Que sont devenus nos rêves d’enfant ?”

  1. gabrieldecalomnie 11 septembre 2013 à 09:44 #

    Petit, je rêvais…de partir faire la guerre des Malouines ! Je ne savais ni où c’était, ni qui elle opposait, mais je prenais chaque après-midi de libre mon petit sac à dos rouge estampillé US Army (qui pour une fois n’y était pour rien) et ma carabine en bois et je rampais dans le terrain vague d’à côté jusqu’à l’heure du goûter. Parce que même les héros ont droit à un jus d’orange et des carrés de chocolat !

  2. JCM (@jchmfly) 16 mai 2013 à 15:34 #

    Les rêves s’inspirent du quotidien, il est donc logique que ceux-ci évoluent en grandissant. Mais on continue à rêver et parfois on réussit même à en réaliser certains.

    • plumechocolat 16 mai 2013 à 21:33 #

      Oui, et quand on réussit à en réaliser un, on en formule un autre, éternels rêveurs insatisfaits que nous sommes 😉

  3. psychomademoiselle 15 mai 2013 à 14:28 #

    Je voulais être chanteuse !

  4. stateofmind (@juststateofmind) 15 mai 2013 à 10:06 #

    Et manger tout ce que je veux sans prendre un gramme, avoir le corps taille mannequin sans faire une seconde de sport … ah zut, me suis trompée, ça c’est un rêve d’adulte …

    • plumechocolat 15 mai 2013 à 10:44 #

      Oui, parce qu’enfants, ça marchait, on mangeait tout ce qu’on voulait sans se poser de questions, la belle époque de ce point de vue-là 😉

  5. Marc 14 mai 2013 à 09:50 #

    Je voulais un dragon, je le veux toujours…

  6. blogdemissbavarde 13 mai 2013 à 19:35 #

    Le tapis volant et être sorcière enfin avoir des pouvoirs quoi j’aurais adore !!!!

  7. stateofmind (@juststateofmind) 13 mai 2013 à 09:07 #

    Je voulais être vétérinaire, puis on m’a dit qu’il fallait parfois tuer des animaux. J’ai voulu être chanteuse, mais mes voisins m’ont fait comprendre que je n’avais aucun avenir dans cette voie. J’aurais aimé avoir une grande maison avec plein de chiens, de chats, des chevaux, des tigres et des kangourous, mais parait qu’ils ne s’entendent pas des masses. J’ai voulu être maîtresse, puis je me suis ennuyée à l’école. J’ai voulu faire plus vieille que mon âge en me disant « vivement que je sois grande », et j’ai qu’une envie c’est de revenir en arrière…
    Mais mon plus grand rêve restera celui que j’ai encore : celui d’avoir des pouvoirs magiques : devenir invisible, me télé transporter, faire bouger des objets rien qu’en le pensant, n’avoir pas besoin de dormir…

    • plumechocolat 15 mai 2013 à 10:41 #

      La télétransportation, ça c’est une bonne idée, je crois que j’en rêve aussi, mais enfant je n’y pensais pas, ce sont les transports en commun qui me l’ont donnée, cette envie ;-). Mais comme pouvoir magique, le mieux ce serait que le travail se fasse tout seul et que pendant ce temps, on en profite !!

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