Qui m’aime me nuise

20 Mai

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Cela fait 15 jours entiers que je n’ai pas posté de critique de théâtre, certains d’entre vous ont dû se dire que j’étais partie en vacances, ou atteinte d’un virus malin, ou en cure de désintoxication. Heureusement rien de tout cela, simplement les spectacles auxquels j’ai assisté dans ce laps de temps étaient à l’unisson avec la météo : gris et peu enthousiasmants.

Jusqu’à hier, où j’ai bravé la pluie particulièrement abondante pour me rendre au Théâtre du Nesle, qui fait partie de ces petites salles cachées de Paris, capables de dénicher et révéler à leur trop peu nombreux public des trésors. Et hier, j’ai découvert d’un coup deux femmes extraordinaires : Mélodie Etxeandia (l’interprète) et Dorothy Parker (l’auteur dont les textes ont servi de base au spectacle). Me voici donc, un dimanche après-midi, installée confortablement dans cette salle installée dans une cave voutée, avec juste ce qu’il faut d’humidité du fait des caprices de Dame Nature, composant avec quelques autres curieux un public atteignant le nombre parfait de sept personnes, à ne pas savoir à quoi m’attendre. Tout ce que j’ai lu, c’est que la comédienne allait réciter ces textes accompagnée d’un pianiste (Antoine Karacostas). J’y suis allée à l’aveugle donc, envie de prendre un risque.

Et le moins que je puisse dire, c’est que j’ai bien fait. L’ambiance intimiste renforcée par l’éclairage, qui ressemble tant à celle du café clandestin servant de décor à la première scène, l’humour caustique de Dorothy Parker, aux accents typiquement british pouvant surprendre si l’on considère qu’elle vivait à New York, le mélange piano-voix et surtout le talent de l’interprète, tout me plaît. Je suis conquise, subjuguée, je ne cesse pratiquement pas de sourire, voire de rire. Les scènes se succèdent et rien ne dément mon enthousiasme. Ce rendez-vous avec un homme dans le café clandestin d’abord, avec cette façon  inégalable qu’a Dorothy de débiner sa rivale, ce regard si amusant porté sur les dîners mondains où l’on se retrouve mal placée. Et puis ces deux tableaux qui se succèdent, « je déteste les femmes » et « je hais les hommes », qui, sur un ton bien différent de celui des sketchs bien connus de Florence Foresti, sont tout aussi remarquables. J’en passe volontairement sous silence, pour louer le bouquet final, ce texte sur le théâtre et certaines de ses pièces atroces et trop longues, dans laquelle la spectatrice assidue que je suis n’a cessé de s’esclaffer.

Je ne suis sans doute pas objective, aimant les ambiances un peu jazzy, admirant les actrices de talent, capables de réciter leur texte en s’amusant, sans un seul trou de mémoire, et de vivre pleinement leur personnage comme c’est le cas ici, appréciant le piano, et adorant ce regard caustique de l’humour anglais. Mais peu importe, j’ai aimé passionnément, et je ne peux que vous inciter à aller découvrir par vous-même. Moi, je suis fan, et je ne vais sans doute pas tarder à commander l’intégrale des écrits de Dorothy Parker…

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