Archive | juin, 2013

Variations contre l’égalité

28 Juin

Il y a déjà quelques mois, je m’insurgeai contre la tolérance, que l’on trouve sur toutes les lèvres, mais qui contrairement à une croyance communément répandue, n’est en rien louable. Aujourd’hui, j’ai décidé de m’attaquer à un autre parangon de la vertu populiste : l’égalité. Politiquement incorrecte, moi ? Possible. Mais jamais gratuitement.

Donc en un cinq comme en mille (et vous commencez à me connaître, je me limite rarement à cinq mots), l’égalité est une connerie. Et vouloir tendre vers la connerie, vous conviendrez comme moi que comme but affiché, ça ne sonne pas très bien. Alors, vous allez certainement penser que j’exagère, que vouloir que les humains soient égaux entre eux, c’est une noble cause, qu’il ne faut pas décourager ceux qui luttent au quotidien en son nom et qui font avancer le monde. Et je vais vous répondre que je ne veux décourager personne (ah si, pardon, j’aimerais bien décourager tous les gens méchants, imbéciles ou manipulateurs, mais ça c’est une autre histoire), mais que ces gens luttent en général contre les discriminations ou pour la justice, ce qui n’est pas la même chose.

Parce que l’égalité en soi se définit comme le caractère de ce qui est égal, ce que veut dire de choses ou d’être qui ont strictement les mêmes caractéristiques. Or, à part les meubles Ikéa ou les baguettes moulées, il est peu de choses qui présentent strictement les mêmes caractéristiques. Lire la suite

Operetta

26 Juin

operetta_affiche

Lorsque j’ai appris qu’il y avait à l’affiche un spectacle mêlant humour et opéra, j’étais très enthousiaste d’assister à cela. Le dernier que j’avais vu une création dans ce genre, c’était l’Opéra dans tous ses états, à l’automne 2012 (pas de critique en ligne, c’était avant la création de ce blog), et j’en étais ressortie pleine de gaieté, après avoir ri à gorge déployée de ce spectacle à la fois réellement comique et réellement lyrique où le chanteur, la chanteuse et le pianiste étaient tous trois excellents. Donc là, avec « 25 chanteurs catalans passionnés d’opéra » (comme décrits dans la présentation), j’attendais 8,33 fois mieux.

Mais comme souvent, lorsque l’on attend beaucoup, on n’obtient pas ce que l’on désire. Et là, je peux dire que mon coup de cœur de l’an dernier n’a pas été détrôné. Ce spectacle, il faut le dire, est d’une qualité honnête et je ne regrette pas d’y être allée. La sélection des airs d’opéra est bien faite, permettant à tous publics d’apprécier les airs chantés. Le pari de les chanter a capella est dans l’ensemble plutôt bien relevé. Les placements sont bien gérés, il y a un vrai travail de mise en scène. Et aussi, il faut le dire, quelques trouvailles du côté humour. Lire la suite

Cinq de Cœur – Métronome

26 Juin

Image

Cela faisait déjà quelque temps que j’avais repéré les Cinq de Cœur. Seulement, le manque de temps, d’autres spectacles à voir, des horaires peu pratiques, je n’avais jamais eu l’occasion d’aller les voir. Et pourtant cela m’intriguait. En allant sur leur site, je viens d’ailleurs de m’apercevoir qu’ils donnent de la voix depuis maintenant dix ans. Alors que l’humour musical est peu à peu devenu à la mode, on peut dire qu’ils figurent parmi les précurseurs de ce nouveau type de shows, plus moderne que les comédies musicales pures, avec également un vrai travail sur le jeu d’acteurs.

Donc, nous avons comme ingrédients cinq chanteurs a capella, ayant fait leurs classes au sein d’Accentus, désirant mettre de la bonne humeur en faisant des gammes. Plutôt un bon départ. Et on les voit là, plantés sur le quai du métro en pleine nuit, leur moyen de transport étant – ô surprise – en panne / défaillant / inexistant, on ne saura jamais le fin mot de l’histoire, mais de fait, les issues étant fermées, ils vont passer beaucoup de temps sur le quai et dans les couloirs, à tenter de trouver une échappatoire. Et cette déambulation va être l’occasion pour ces cinq personnages de s’exprimer façon lyrique ou variété, dans un répertoire allant des airs pour la douche à l’opéra. Nous avons donc : un intermittent du spectacle se rêvant en star et touchant à peine ses cachets, une workaholic en mal de mec, un brave type (en mal de femme), une fliquette, et une dépressive venue se jeter sous le métro (qui n’en est pourtant pas à sa première défaillance, ndlr).

Et ils se croisent, se confrontent, se perdent gaiement, réinterprétant certains tubes avec des paroles adaptées à l’occasion. Tout en légèreté, c’est gai et frais, comme le printemps que nous n’avons pas eu, avec deux jolies séquences nostalgie dédiées à Pacman et au Muppet Show. Lire la suite

Cent sentiments

23 Juin

45.jpg

Chers lecteurs réguliers ou occasionnels, qui passez ici sur cette page, je suis un peu émue aujourd’hui, parce que je publie mon centième billet. Je ne sais pas qui vous êtes, mais ça fait quelques mois déjà que j’écris en espérant vous distraire, vous émouvoir, vous faire réfléchir, vous faire rire aussi, et puis, je ne peux le nier, pour me faire plaisir, parce que j’aime tant ces moments où plus rien n’existe d’autre pour moi que les mots, le clavier et l’écran. Mais aujourd’hui, je vous y inclus pleinement.

Un blog, c’est une étrange aventure. On vit très bien sans. Et puis un jour on sent un appel. Comme lorsque l’on appuie sur le bouton de l’ascenseur. Distrait, on avait oublié d’en sortir et l’on descend. On trouve cela agaçant, ces cent secondes perdues avant de remonter. Cet individu nous forçant à modifier notre trajectoire.

Et puis l’on s’arrête. Les portes s’ouvrent. Et là, c’est saisissant. On se sent bien. On s’engouffre dans cet étage méconnu jusqu’alors. Sans peur. Une douce moquette feutrée adoucissant chacun de nos pas. On s’enfile à travers les couloirs. Avec le sentiment d’être enfin à sa place. Les mots s’assemblant dans notre tête, construisant l’histoire que l’on racontera plus tard.

Rassuré, on s’enhardit, poussant plus loin notre exploration. Un verre de sangria à la main, les sens en éveil, jouissant de l’instant présent dans ce sanctuaire peuplé de mots, on ne pressent pas le danger, avançant toujours plus loin. Mais soudain, ce lieu devient menaçant, tout y a un goût de sang, l’on se trouve au bord des sanglots, rebroussant chemin tel un pur-sang apeuré. La sentence est tombée, notre récit est censuré, notre plume était trop sanguine.

Or il faut prendre garde à ne pas trop s’encanailler lorsque l’on se laisse entraîner à 200% par ces mots qui semblent nous libérer. Mais qui peuvent aussi être fragilisants. Sans s’en rendre compte, on a repoussé les limites de la distance nécessaire entre l’auteur et son lecteur. Ni l’un ni l’autre ne donne son assentiment. Lire la suite

Le bal des crapules

21 Juin

L’été approchant m’est venue soudain une idée de légèreté. Et comme ce n’est pas le ciel et ses orages à répétition qui vont nous l’apporter, j’ai décidé de passer outre ma frilosité sur le vaudeville contemporain pour aller assister au bal des crapules. En minimisant les risques tout de même, puisque jusque-là, ce que j’ai vu au Mélo d’Amélie, petit théâtre du quartier Montorgueil, m’avait toujours plu (si vous y allez, prévoyez quelques minutes pour parcourir le passage couvert du Grand Cerf qui se trouve juste à côté).

Me voilà donc mardi soir, seul vrai jour de grande chaleur, dans ce théâtre de poche comme je les aime, craignant de friser la déshydratation, ayant souvenir d’y avoir déjà eu très chaud, mais au final supportant mieux l’atmosphère que dehors où le climat se fait lourd pour mieux préparer le fabuleux orage que nous réserve le lendemain (mais à ce stade, je l’ignore encore).

Et le spectacle commence, tout de suite dans un rythme effréné, avec des acteurs qui courent, sautent et se poursuivent en se disputant. Esprit de Feydeau, je t’ai reconnu. Puis stop et retour en arrière pour comprendre comment on en est arrivé là. Et au départ, les ingrédients sont bien là : un couple mal assorti, lui riche et impuissant, elle fort caractère et cupide, a invité le voisin du dessous et la voisine du dessus pour les faire tomber amoureux, dans l’espoir qu’ils déménagent et revendent leurs appartements, afin de disposer du triplex dont rêve Madame, monnaie d’échange pour le bébé que veut Monsieur.

Mais naturellement, rien ne va se passer comme prévu. Et ça bondit, puis ça rebondit à chaque fin de phrase, laissant à peine au spectateur le temps d’admirer ce décor original, très travaillé et très amusant sur le thème des tomates (je ne vous en dis pas plus) relevé de sièges en revêtement peau de zèbre. Lire la suite

I was looking at the Ceiling and then I saw the Sky

18 Juin

La semaine dernière était celle des premières. Première fois que je mettais les pieds au mythique théâtre du Châtelet. Première représentation également de leur nouvelle création : I was looking at the Ceiling and then I saw the Sky. Mon excitation était donc à son comble. D’abord de découvrir cette salle si réputée devant laquelle je suis passée tant de fois sans avoir encore eu l’occasion de la découvrir. Et je n’ai pas été déçue. Si elle n’a pas la magie inégalable du Palais Garnier ou le charme du Théâtre de l’Odéon avec sa magnifique fresque au plafond, elle n’est est pas moins impressionnante, avec son lustre gigantesque (auquel, il faut le dire, il y avait mardi dernier une ampoule grillée) et ses balcons richement décorés avec leurs angelots. Et puis cette hauteur, avec ses je ne sais combien d’étages surplombant les places à l’orchestre, elles-mêmes déjà très nombreuses. Le charme des fauteuils à l’ancienne ont également contribué à me faire succomber au charme de cette salle que j’étais déjà décidée à aimer en y arrivant.

Mais outre la curiosité pour le lieu, je venais aussi y découvrir un spectacle. Et quelques minutes après mon installation vient enfin le moment tant attendu : noir public, air d’ouverture de l’orchestre, ouverture du rideau, entrée des acteurs-chanteurs, et début de cette comédie musicale. Avec des voix réellement magnifiques, de celles qui vous font vibrer. Entre chant lyrique et gospel. Et surtout des timbres atypiques, que l’on n’entendrait ni à l’opéra ni en comédie musicale. La magie opère ainsi.

Mais surtout, plus que tout, j’ai été très séduite par le décor et le travail sur la vidéo et l’éclairage. Lire la suite

Du désir d’enfant

17 Juin

Il a toujours été d’usage, et il est semble-t-il encore d’usage, lorsque l’on parle des femmes, de ce qu’elles veulent dans la vie, du renouvellement des générations, du couple ou de la procréation, de mettre le balancier sur cette fameuse « horloge biologique » des femmes. Comme si, finalement, la vie de la gent féminine était régie par un cadran. 24 heures dans une journée, et à peu près 24 ans durant lesquels nous sommes « fertiles ». Multipliés par 12 mois, cela fait donc 288 chances de procréer dans notre vie. Disons entre 250 et 300 pour simplifier. La fertilité d’une vie de femme se résumerait donc à ça : arriver à saisir l’une de ces 250 à 300 chances de donner la vie à un autre être. Enfin pas tout à fait non plus. Parce que, soyons lucides, aussi belle que puisse être la maternité, à 16 ans, elle n’est pas évidente. Et puis à 40 ans, les risques pour la santé de l’enfant sont accrus. Retirons donc 4 ans durant lesquels ce n’est pas le bon moment. Plus pour celles qui poussent leurs études au-delà du bac. Donc entre 4 et 8 ans grosso modo. On se retrouve entre 135 et 250 chances à saisir. L’enfantement, ce serait ça. Un truc à faire dans ce créneau de 11 à 21 ans. Un espèce de rite initiatique. Tu y arrives ou tu as perdu.

Sauf que ce n’est pas si simple. Il ne s’agit pas d’une mission pour laquelle les filles sont génétiquement programmées. D’un rite de passage qui nous permet de nous accomplir. La maternité (de même sans doute que la paternité) n’est pas une évidence. On a beau nous seriner que nous, les femmes, avons cette fameuse horloge biologique qui tourne et qu’il faut surveiller, la réalité est beaucoup plus complexe que ça. Quoi que l’on en dise, le fait de désirer mettre au monde un enfant ne se résume pas à une question de fécondité biologique. Lire la suite

Les carnets du bien-être

Des idées et des outils pour se détendre et se ressourcer

amenaviguante

La douceur et la force du thé, le piquant du chocolat au piment, la passion des mots

Broute le gazon

mais souris pas ! t'en as sur les dents !

cylklique

Des images... et des mots

rienaredire

La douceur et la force du thé, le piquant du chocolat au piment, la passion des mots

Chroniques erratiques d'une emmerdeuse

Wandering City et tout le reste

Les confidences extraordinaires du Professeur Bang

La douceur et la force du thé, le piquant du chocolat au piment, la passion des mots

#EtaleTaCulture – La Culture Générale pour briller en société

La douceur et la force du thé, le piquant du chocolat au piment, la passion des mots