Cent sentiments

23 Juin

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Chers lecteurs réguliers ou occasionnels, qui passez ici sur cette page, je suis un peu émue aujourd’hui, parce que je publie mon centième billet. Je ne sais pas qui vous êtes, mais ça fait quelques mois déjà que j’écris en espérant vous distraire, vous émouvoir, vous faire réfléchir, vous faire rire aussi, et puis, je ne peux le nier, pour me faire plaisir, parce que j’aime tant ces moments où plus rien n’existe d’autre pour moi que les mots, le clavier et l’écran. Mais aujourd’hui, je vous y inclus pleinement.

Un blog, c’est une étrange aventure. On vit très bien sans. Et puis un jour on sent un appel. Comme lorsque l’on appuie sur le bouton de l’ascenseur. Distrait, on avait oublié d’en sortir et l’on descend. On trouve cela agaçant, ces cent secondes perdues avant de remonter. Cet individu nous forçant à modifier notre trajectoire.

Et puis l’on s’arrête. Les portes s’ouvrent. Et là, c’est saisissant. On se sent bien. On s’engouffre dans cet étage méconnu jusqu’alors. Sans peur. Une douce moquette feutrée adoucissant chacun de nos pas. On s’enfile à travers les couloirs. Avec le sentiment d’être enfin à sa place. Les mots s’assemblant dans notre tête, construisant l’histoire que l’on racontera plus tard.

Rassuré, on s’enhardit, poussant plus loin notre exploration. Un verre de sangria à la main, les sens en éveil, jouissant de l’instant présent dans ce sanctuaire peuplé de mots, on ne pressent pas le danger, avançant toujours plus loin. Mais soudain, ce lieu devient menaçant, tout y a un goût de sang, l’on se trouve au bord des sanglots, rebroussant chemin tel un pur-sang apeuré. La sentence est tombée, notre récit est censuré, notre plume était trop sanguine.

Or il faut prendre garde à ne pas trop s’encanailler lorsque l’on se laisse entraîner à 200% par ces mots qui semblent nous libérer. Mais qui peuvent aussi être fragilisants. Sans s’en rendre compte, on a repoussé les limites de la distance nécessaire entre l’auteur et son lecteur. Ni l’un ni l’autre ne donne son assentiment. Lissant le récit pour éviter qu’il ne devienne lassant et que le lecteur s’ennuie, on reprend confiance. On sent que l’on est sur la bonne voie. Les lettres s’entrechoquent et s’emmêlent, produisant un effet réjouissant. On est au centre de l’idée que l’on voulait transmettre. On s’emballe, sentant qu’il est temps  de soumettre ce texte issu de notre sensibilité au lecteur, renforçant le lien nous unissant.

Et puisqu’il est l’heure de l’apéritif, je lève un verre de Sancerre à votre santé !

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2 Réponses to “Cent sentiments”

  1. JCM (@jchmfly) 23 juin 2013 à 20:30 #

    Réussir à placer San-gria et San-cerre, pour meler à ce cent-ieme billet de belles rimes enivrées, C’est chouette.
    De meme, j’espere que le sang et les sanglots evoqués ne sont la que pour enrichir le texte et ne font pas reference à un vecu trop realiste.
    En un mot comme en cent, c’etais tres bien. Vivement les cent prochains , sans arret.

    • plumechocolat 23 juin 2013 à 21:28 #

      Merci encore, je rassure tout le monde et toi avec, ma vie est loin d’être un drame. Mais il arrive que j’utilise l’écriture pour ses vertus cathartiques (hors de ce blog). Et merci pour ce sympathique commentaire. Allez, un autre petit verre aux cent prochains !!

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