Archive | juin, 2013

Des joies de la scène

16 Juin

Zagreb Mars 2012 (697) Concert Rock Classic au Lisinski Concert Hall

Il y a quelque temps déjà, je vous exposais les raisons pour lesquelles le théâtre me fait vibrer comme spectatrice . Mais avant même d’avoir découvert mon premier spectacle, et encore bien avant de courir les salles de spectacle et de traquer leurs toutes dernières créations, j’ai fait connaissance avec la scène. Et petit à petit, ce lieu a su m’apprivoiser, presque sournoisement dirais-je, à mon insu. Je vous avais ainsi promis de vous exposer le plaisir du jeu d’acteur, je n’avais pas oublié, le moment est donc venu d’en parler.

Je n’ai jamais pensé à faire du théâtre, en fait, étonnamment. Cette discipline figurait simplement, par une chance incroyable, dans mon cursus scolaire. C’est ainsi que j’ai découvert les exercices que tous ceux qui ont déjà pratiqué cette discipline connaissent par cœur : diction à base de « gros gras grands grains d’orge », et de « vas-tu dîner ce soir chez ce cher serge » (les chaussettes de l’archiduchesse ayant véritablement séché ou perdu de leur popularité depuis l’apparition des bas nylon), envoi de balles fictives à ses camarades de jeu disposés en un cercle parfait, réception et renvoi de ladite balle en faisant changer son volume et son poids, redécouverte d’un deux trois soleil, parcours de l’espace de la scène en incarnant une émotion ou un état (colère, joie, peine, paranoïa, excitation, frustration, etc.), exercices de respiration ventrale et de projection de la voie, associations de mots, comptage de 3 en 3, mini-improvisations, et autres grands classiques de l’apprentissage du jeu d’acteur. Lire la suite

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Soyons bien au travail

10 Juin

Comme vous le savez peut-être si vous travaillez dans les ressources humaines, le conseil en management ou autre domaine connexe, l’ANACT (Comprendre : Agence Nationale pour l’Amélioration des Conditions de Travail) organise chaque année au mois de juin une semaine dédiée au bien-être des salariés (ceux qui, dans ces temps troublés, ont la chance de réchapper encore au chômage).

Cette initiative permet en fait de mettre un  coup de projecteur sur les dysfonctionnements qui existent aujourd’hui à l’intérieur de beaucoup trop d’organisations. Et sur ce point, on ne fera pas de match public-privé, les problèmes ne sont certes pas les mêmes mais ils peuvent atteindre le même niveau paroxystique (vous me pardonnerez j’espère, j’avais envie d’employer une formule pédante).

Donc, afin de nommer les dits problèmes, on emploie plein de beaux acronymes, qui, sortis de la bouche des experts, donnent une dimension très scientifique au savoir qui entoure les raisons du mal-être des actifs en poste. Pendant ces 4 jours dédiés à la QVT (Qualité de Vie au Travail) se succèderont donc des spécialistes ès noms compliqués. Vous verrez ainsi certainement de beaux discours sur la prévention des TMS : parce que oui, parler juste des douleurs, crampes, lumbagos, arthroses et autres conséquences de certaines activités très physiques ne sonnait pas bien, donc on préfère aujourd’hui le terme de troubles musculo-squelettiques, c’est pareil mais l’emballage est tellement plus joli. Ainsi, le travailleur qui s’est déplacé deux vertèbres en soulevant des charges lourdes pourra désormais dire qu’il a été « victime de TMS ». Ensuite viendront inévitablement les nouveaux super-héros de la lutte contre les difficultés morales, que l’on nomme aujourd’hui préventeurs RPS (risques psychosociaux) : si l’on veut vulgariser un peu, il s’agit des tensions accumulées qui nuisent à votre psychisme et/ou à votre sociabilité.

Les uns comme les autres vous feront vibrer au son de leurs paroles, relayés par des ergonomes, des psychosociologues du travail, et autres titres magnifiques. Mais au bout du compte, que retirera-t-on de ces réunions, interviews et tables rondes ? Sans doute quelques clés intéressantes, parce que, je dois le reconnaître, il existe des gens réellement investis dans leur travail, qui œuvrent au quotidien pour que les chefs d’entreprise prennent conscience de leurs responsabilités envers les hommes et les femmes qu’ils emploient. Et leur permettre d’avoir ce temps pour partager, dire ce qu’ils constatent, et faire entendre un message d’urgence est important. Mais le faire de façon simple est également primordial. Lire la suite

Unclassified – les Echos-Liés

9 Juin

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Plusieurs fois depuis 2-3 ans, j’avais vu des affiches des Echos-Liés. Forts de leur participation à l’émission de M6 « La France a un incroyable talent », ils ont en effet bénéficié d’une bonne campagne de communication. Mais j’avoue que je n’étais pas totalement convaincue, d’autant que, autre révélation, je ne regarde que très rarement la téléréalité et je n’avais absolument pas suivi cet énième crochet. Pour moi, ils surfaient sur la vague du créneau des Drôles de Mecs, que j’avais déjà eu l’occasion de voir et d’apprécier, et je n’étais pas plus tentée que cela d’aller assister à deux spectacles qui se ressemblaient.

Et puis, il y a quelques semaines, j’ai vu que mon abonnement théâtre me permettait d’aller voir leur nouveau spectacle au Casino de Paris. Ayant déjà eu deux coups de cœur cette année avec Stomp et  surtout avec Séquence 8,  j’ai décidé de faire fi de mes préjugés et d’aller découvrir ces artistes. Me voilà donc, le week-end dernier, assise au balcon face à la scène, au milieu d’une foule nombreuse et de tous âges, visiblement très en forme, lorsque les 13 artistes font leur entrée. Treize, ça m’a mis la puce à l’oreille, re-réveillant mes craintes. Et pour tout dire, j’ai passé une assez mauvaise première heure de spectacle. Parce que le spectacle surfait un peu sur la vague de l’ésotérisme avec son concept d’énergie positive, et surtout parce que la forme du spectacle ne me plaisait pas. En effet, pendant toute cette première partie, tout est présenté par le leader de la troupe, sorte de prêcheur évangélique des salles de spectacle, qui fait taper dans les mains et lever les bras à la salle. Bref, que des trucs dont j’ai horreur (non pas que je sois avare d’applaudissements, mais pas sur commande). Donc techniquement, je voyais des choses intéressantes, je dois reconnaître qu’ils sont très doués, mais cette ambiance de moutons de panurges ne me plaisait guère. D’autant qu’à part des figures destinées à éblouir la foule, il n’y avait pas vraiment de fil conducteurs, de gags aboutis ou tout autre élément qui aurait pu l’impression d’être ailleurs que devant les shows télévisuels du samedi soir (que je cherche justement à fuir en allant au théâtre).

Une fois installée, et quand même impressionnée par leur maîtrise de la danse et de l’acrobatie, j’ai néanmoins décidé de rester après l’entracte. Et je dois dire que pour le coup, j’ai bien fait. Parce qu’au bout d’1h15 (une heure de spectacle + 15 minutes de pause, pour ceux qui ne suivent plus), j’ai enfin eu ce que j’attendais. Lire la suite

Rayons d’or

7 Juin

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Cher soleil,

Je tiens à marquer ce jour historique de 2013, où s’est produit pour la deuxième fois un évènement devenu très inhabituel dans mon quotidien : aujourd’hui, mon trench est resté suspendu à son crochet. J’ai donc passé une journée entière sans doudoune, ni manteau, ni imperméable, ni veste,  sans écharpe en laine ni châle. Ma polaire qui il y a à peine 10 jours me permettait tout juste de supporter la température glaciale de mon logement, s’en est retournée vite fait dans le placard. Bref, j’ai eu l’impression de revivre. Parce que tu es enfin arrivé. Tu nous avais fait une fausse joie au mois d’avril en apparaissant le temps d’un dimanche avant de repartir aussi sec. Mais depuis samedi déjà, tu as l’air décidé à t’installer. Et je suis décidée pour ma part à te laisser entrer dans mon quotidien. Même si tu devais devenir envahissant. Tu m’as tellement manqué. Tu n’as peut-être pas conscience à quel point.

Parce que tu es parti comme ça, au mois d’octobre, l’automne à peine entamé, sans prévenir, sans même nous faire l’hommage d’un petit été indien. Tu aurais pu pourtant, tu n’avais pas été très présent durant la saison estivale officielle. Et ce n’était pas la première fois que tu nous faisais le coup. Au mois de juillet et d’août, il t’est souvent arrivé depuis 3-4 ans de jouer les intermittents capricieux, n’acceptant pas d’endosser ton rôle chaque jour. Malgré les suppliques de ton fan club (je pense que si tu ouvrais une page facebook, tu aurais plus d’1 milliard d’ « amis » en moins de 3 jours). Et sitôt ton contrat terminé, tu t’es empressé de disparaître. Cette année, tu t’es même surpassé en termes de nombre de jours d’absence. Peut-être est-ce d’ailleurs pour cela que tu es revenu très ponctuellement un jour ou deux, parce que l’Agence pour l’Emploi de la Voie Lactée menaçait de supprimer tes allocations et que tes camarades Terre, Etoiles, Lune, Uranus et Saturne menaçaient de faire grève et de te laisser te débrouiller sans elles. Et qu’en bon mâle avide de séduire, tu as cédé sous la pression.

Comme tu l’as remarqué, à chacune de tes trop rares apparitions, nous étions tous, nous terriens, béats de bonheur de te voir, allant même jusqu’à te contempler sans filtre UV, te montrant que tu comptais plus encore que la prunelle de nos yeux. Et malgré cela, tu disparaissais à chaque fois. Là encore, réaction typique du mâle à la Aldo Maccione, du type « admirez-moi, adulez-moi, mais ne me demandez pas d’être présents pour vous au quotidien ». Et pourtant, si tu acceptais de venir nous voir plus souvent, tu verrais à quel point il est agréable d’évoluer dans un milieu ami. Lire la suite

Mises en capsules

1 Juin

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Pour ceux qui suivent mes chroniques théâtrales depuis quelques temps, vous avez inévitablement retenu que j’apprécie le Ciné 13 Théâtre pour sa programmation, certes, mais aussi pour ses grands canapés et fauteuils rouges des premiers rangs, dans lesquels il fait bon passer la soirée en contemplant le spectacle. Mais il est une autre raison qui me fait apprécier ce théâtre, c’est la place donnée à la créativité, et ce en particulier avec le Festival Mises en Capsules, qui fête ses sept ans cette années. L’an dernier, je m’y étais rendue un peu par hasard, sans savoir à quoi m’attendre, et j’y avais passé une soirée exceptionnelle.

Donc cette année, pour bien faire les choses, j’y ai réservé deux soirées consécutives. Mais je vous en parle comme si vous ne connaissiez que cela, il est quand même grand temps que je vous explique de quoi il s’agit. Mises en capsules, c’est donc le festival des formes courtes théâtrales. Concrètement, chaque soir sont présentés cinq spectacles d’une durée d’une demi-heure chacun, avec à chaque fois une pause de 10-15 minutes pour changer les décors. Donc à 19h, première « capsule », à 22h30-40, fin de l’aventure, rompez les rangs et rentrez chez vous (ou flânez dans les bars montmartrois qui valent bien le coup de s’y arrêter). Au total, 15 spectacles sont donc sélectionnés, présentés donc « en trois boîtes de cinq capsules », ce qui fait que pour tout voir, il vous faudra libérer trois soirées sur les trois semaines que dure l’évènement.

Ce qui est génial, dans ce concept, c’est de découvrir une immense diversité de styles et de talents en un temps record, le tout dans une ambiance atypique. Parce qu’en effet, d’un spectacle à l’autre, la salle peut se remplir totalement, puis se désemplir. Certains arrivent dès le départ, d’autres au 2ème ou au 3ème round. Dans le même temps d’autres s’en vont, les artistes qui jouaient avant arrivent. D’autres encore « sèchent » un tour le temps de s’abreuver et de converser au bar du théâtre. Beaucoup d’amis ou de proches aussi, venus encourager les comédiens. Un public qui est donc issu pour une forte part du monde de l’art au sens large, que l’on sent « en famille » lorsque l’on est un simple quidam spectateur de passage. Mais pour ne pas nous laisser en rade, les temps de pause sont animés par deux charmantes pompières poétesses, déclamant du Wilde, du Baudelaire, du Rostand, du Molière, et autres illustres auteurs.

Mais j’en viens à l’essentiel, mes petites capsules (qui conviennent bien à l’intoxiquée du spectacle vivant que je suis). A cause d’un petit souci de transport public, je suis arrivée en retard le 2ème soir, mais cela me laisse 9 impressions à vous conter (dans l’ordre de visionnage). Comme le concept est celui du raccourcissement, j’essaierai pour une fois d’être brève sur chacun :

Quelque chose à voir avec l’éternité : L’histoire résumée de la peinture du plafond  de la chapelle Sixtine par Michel-Ange. Trois protagonistes : le Pape Jules II, qui voit dans cet œuvre le moyen de marquer son empreinte, le peintre lui-même, et son homme à tout faire. Des comédiens chevronnés, qui ont du bagage, déclament bien, et montrent bien à la fois la folie et le génie de Michel-Ange, son orgueil et son perfectionnisme, son talent surtout. Un moment fort sur un sujet peu souvent traité au théâtre, dans lequel la religion est montrée avec pudeur et respect, l’art de la même manière, ce qui n’empêche pas une ou deux phrases d’humour bien placée sur chacun.

Garance et le Docteur Q : Garance, jeune femme bien contemporaine, va voir un sexologue suite aux sympathiques réflexions de son mec qui la traite de « cuiller en bois ». Elle dit être là pour devenir « une bête de sexe ». Et elle n’a pas la langue dans sa poche pour justifier ses complexes, sa supposée nullité ou son désarroi lorsque son « charmant » compagnon la largue pour sa meilleure amie. Mais elle poursuit quand même les séances, réagissant très vivement à chacune des questions posées… jusqu’au jour où le clash éclate avec ce thérapeute du corps humain. Sur ce coup-là, le titre annonce bien la couleur, et c’est très drôle, très contemporain, très bien vu et en arrivant à ne pas tomber dans la vulgarité, même lorsque les phrases sont cash. Une demi-heure de rigolade non-stop devant cette actrice déchaînée et son très posé sexologue, mes zygomatiques sont heureux.

Les soirées plaisantes : Fin de l’été, les professeurs et le représentant des parents d’élèves d’un établissement secondaire se retrouvent pour la réunion de pré-rentrée. L’occasion de présenter deux nouveaux arrivants, un assistant venu du Brésil, et la prof d’arts plastiques. Après les embrassades de retrouvailles, place à l’ordre du jour : et l’on débat de cantine, de critérium, d’origines ethniques, de recyclage du plastique contenant l’encre des bics, de critériums, de gommes, de matériel sportif et autres questions cruciales… Le tout dans la joie et le plus grand désordre. Il fallait y penser et cette troupe de jeunes s’en sort avec succès, réussissant parfaitement à assurer aussi bien dans la scène de retour de vacances du début, où tout paraît naturel, tant les dialogues que les saluts des uns aux autres, qu’une fois assis dans un bel arc de cercle. Et ils ne manquent pas d’idées originales et créatives pour nous donner envie… de n’être que les spectateurs, et jamais les acteurs de ce type de réunion ! Lire la suite

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