Archive | juillet, 2013

Comment épouser un milliardaire

28 Juil

millairdaire

C’est l’été, je ne vous la refais pas, et comme tout le monde, j’ai envie de rigoler. Aussi, lorsque  Déborah, prolifique blogueuse théâtre, me propose d’aller voir Audrey Vernon, je décide de tenter l’expérience. Je parle d’expérience, parce que, j’ignore si je vous en ai déjà parlé ou pas, mais je suis assez réticente dès lors qu’il s’agit de one-man-show ou de one-woman-show. Il fût un temps où le genre me plaisait, mais à force d’en voir, j’ai fini par leur trouver à presque tous des airs de ressemblance qui n’étaient a priori pas entièrement fortuits.

Mais là, cela faisait donc longtemps que je n’avais pas vu un comique se produire seul sur scène. Donc l’heure était parfaitement choisie pour me confronter à mes préjugés. Nous voici donc devant la Nouvelle Seine, un « bateau-théâtre » donc, arrimé sur le quai de Montebello, qui vient tout juste de rouvrir après travaux. Et quelle surprise en découvrant la salle au sous-sol que de voir le nombre de places (130 environ), et les amusantes peintures d’étoiles et de signes astrologiques.

Audrey Vernon est déjà en place, la tête cachée derrière son supplément économique, sans doute pour pouvoir nous observer à la dérobée. Et puis une fois tout le monde bien installé et ayant loué la présence de la climatisation, voilà notre jeune demoiselle partie pour son show. Donc le principe est simple, si l’on a, dixit la comédienne elle-même, une chance sur trois d’épouser une personnes victime de malnutrition et une chance sur quatre d’en trouver un qui vit avec moins de deux dollars par jour, ce n’est pas une raison pour ne pas viser plus haut. Pas vers les célébrités, non, vers les artistes n’ayant pas percé encore moins, mais vers les milliardaires. L’occasion d’une remise à niveau du public sur le classement de Forbes et de quelques anecdotes sur les firmes dirigées par ceux qui y figurent. Lire la suite

Quand la Chine téléphonera

28 Juil

N’ayant pas la chance (ni en fait surtout planifié mes vacances 6 mois à l’avance) d’être actuellement à Avignon, je me trouve confrontée en cette fin de mois de juillet à un problème que rencontrent tous les théâtrophiles parisiens en cette période : une réduction drastique de l’offre de spectacles disponibles. Je reconnais que malgré cela, le choix est toujours plus important qu’à Bayonne ou à Clermont-Ferrand en plein mois d’avril. Mais je ne vis pas à Paris complètement par hasard…

Donc en ces semaines de vaches maigres, lorsque je me vois proposer une invitation pour « Quand la Chine téléphonera » à la Comédie Caumartin, je dis bingo. Après avoir fait preuve d’un sens de l’orientation qui ferait se suicider une boussole, me voici donc enfin, vendredi soir, bien assise dans cette salle de la Comédie Caumartin que je ne connaissais pas mais qui est très agréable, située dans une petite courette, toute en longueur et avec une belle scène spacieuse que l’on voir de partout grâce à l’intelligence du concepteur qui a disposé les sièges en pente.

Mais comme à mon habitude je digresse et je vous prive de l’essentiel. Créée dans les années 90 dans cette même salle, Quand la Chine téléphonera est une comédie déjantée dans laquelle les deux sœurs Pujol, Jeanne et Aimée, deux jeunes femmes apparemment sans histoire, la première traductrice, la seconde aspirante actrice, commencent par recevoir une boîte contenant un doigt. Chacune ayant son petit secret à cacher, toutes deux se taisent sur la possible origine de ce courrier menaçant. Quelques minutes plus tard, un inconnu leur dépose un sac contenant 50 millions avant de repartir puis de re-sonner pour venir expirer chez elles en ayant entre temps reçu une balle dans le cœur.

De là les allers et venues s’enchaînent, avec Paul, un ami, Robert de Bromeuse, prétendant d’Aimée et l’inspecteur Batavia, venu pour remettre de l’ordre dans cette histoire loufoque. Lire la suite

Gérer les désagréments

27 Juil

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Tous autant que vous êtes, il vous arrive je pense de connaître des désagréments. Je ne parle pas des évènements durs à gérer qui vous écrasent comme un rouleau compresseur, mais de toutes ces petites choses du quotidien. Un rhume qui traîne, une fuite d’eau, un ami qui vous fait faux bond, une fuite d’eau, un chef ou un collègue qui vous met la pression, une fuite d’eau (oui, ceci est bien un message subliminal discret sur un désagrément d’actualité), un conjoint temporairement grognon et préoccupé (à cause dudit chef ou collègue), un week-end au vert raté à cause de la pluie (je vous le concède, je parle beaucoup d’eau), une crampe qui ne passe pas, ou tout autre évènement venant entâcher une journée, une semaine ou un mois. Tout ce dont le degré de gravité est somme tout minime, mais qui peut apporter énormément de contrariété.

D’abord parce que toute insignifiant que notre désagrément du moment puisse paraître, y faire face demande souvent énormément d’énergie. Rester frais et dispo lorsque l’on a le nez qui coule et la gorge sèche depuis 3 semaines, ça n’a l’air de rien, mais il ne suffit pas d’amplifier un peu le maquillage pour que la peau en-dessous soit moins irrité et d’un coup d’anti-cernes pour que la fatigue de cette fausse maladie disparaisse. De la même manière, on peut prendre plaisir à passer deux jours entre amis à jouer à Time’s Up et Jungle Speed, il n’empêche que voir la montagne nous narguer, plus encore si le soleil réapparaît le dimanche à 16h30, a un côté frustrant lorsque l’on avait prévu de profiter du bon air pyrénéen. Et la gêne va être d’autant plus grande que l’on a tendance dans ce type de cas à ressasser les choses, et en plus, à s’interdire de s’en plaindre parce que l’on sait qu’à coup sûr, on passera soit pour le(la) râleur(se) de service, soit qu’on aura le droit à une leçon de morale grandiloquente sur l’importance infinitésimale de notre problème au regard de la faim dans le monde ou de telle connaissance qui elle n’a plus la chance d’avoir un collègue agaçant parce qu’elle s’est fait licencier comme une malpropre.

Le problème est que, choisissant ainsi pour de fausses bonnes raisons de nous taire, nous allons laisser ce désagrément tourner en boucle au risque de le faire passer du rang de problème à celui d’obsession. Donc, d’une manière ou d’une autre, il est bon d’extérioriser notre frustration et nos petits malheurs. Admettre leur existence vis-à-vis de soi et des autres et permettre à tous de comprendre la raison de notre moue boudeuse et éventuellement de nous aider à trouver une solution pour évacuer la gêne.

Et si en parler sur un ton non dramatisant ne suffit pas et que le souci vient d’un tiers, il sera toujours temps de harceler le service client du plombier régler sagement votre différend avec celui qui en est à la source, en lui proférant toutes les insultes que vous connaissez comme ça d’un coup ça vous fera du bien exprimant votre ressenti face à sa coupable conduite. Lire la suite

Votre bonheur dépend de vous

22 Juil

Musée Mimara

Chers et précieux lecteurs, je profite de l’été pour parler de bonheur. Par pur effet d’imitation je dois bien l’avouer. Parce que, voyant le soleil revenir, et avec lui les robes sortir des placards, les jardins refleurir et les enfants sourire gaiement en courant sur la plage ou dans les champs, chacun y va de son laïus sur l’optimisme et la joie de vivre. Sans aucune originalité (je sais, je vous avais habitués à mieux), je me faufile donc dans ce vaste mouvement panurgien pour vous livrer à mon tour quelques phrases sur cette vaste question de notre épanouissement personnel.

Nous disons tous chercher le bonheur, ou a minima, chercher à être heureux, sans vraiment savoir ce que cela signifie, au fond. Avec très souvent l’idée que l’on pourra prétendre avoir atteint notre but le jour où tout ira bien sans cesse. C’est souvent là que le bât blesse. Parce que cela n’est simplement pas possible. On n’a pas mémoire d’avoir déjà vu un être humain ne jamais s’être cogné le gros orteil au coin d’une table, ni avoir attrapé la grippe, ni avoir perdu un de ses proches, ni avoir échoué à un examen ou un entretien d’embauche, et n’avoir jamais entendu que des phrases élogieuses et pleines d’enthousiasme de la part de ses proches. Est-ce à dire que l’on n’atteindra jamais le bonheur que nous cherchons ? Lire la suite

Angelo, tyran de Padoue

18 Juil

C’est l’été, le In et le Off d’Avignon tournent à plein régime, et progressivement, les productions théâtrales parisiennes s’arrêtent toutes pour aller poursuivre leur aventure sur les routes ensoleillées de nos belles régions. Nous sommes gâtés toute l’année, il est normal que les autres en profitent un peu. Mais malgré tout, la culture ne peut pas déserter entièrement notre belle capitale, et, sans doute pour permettre aux accros de mon espèce de ne pas subir un sevrage trop violent, le Théâtre l’Etoile du Nord a créé il y a 7 ans le festival « On n’arrête pas le théâtre ».

Les mots théâtre et festival accolés ont déjà le don d’éveiller tous mes sens. Parce qu’en général, on voit dans ce type de festivals des créations improbables, une audace, une originalité qu’il est difficile pour un théâtre (soumis, rappelons-le, à un impératif de rentabilité) de programmer sur une saison ou une demi-saison (le public est parfois tragiquement conformiste, et on peut le comprendre lorsque l’on voit les excès de certaines pièces contemporaines). Donc me voici intriguée, quand je vois dans la programmation le titre « Angelo, tyran de Padoue ». Là, mon sang ne fait qu’un tour : cette pièce Victor Hugo est remarquablement écrite (le théâtre et la poésie d’Hugo se prêtant en général assez bien à la critique positive), intense en émotions, avec de grands personnages. Bref, je ne peux pas rater ça. Je vais donc y voir de plus près afin de réserver, et là je découvre qu’il s’agit d’une version musicale avec de vrais morceaux de rock dedans.

J’avoue qu’à ce stade, toute curieuse que je puisse être, l’idée de transformer un texte en farce musicale me semble pour le moins incongrue. Mais qu’à cela ne tienne, j’ai quand même envie de voir ce que ça peut donner. Lire la suite

Le monde vu d’en haut et d’en bas

14 Juil

Provence 2012 (263)Provence 2012 (206)

Oyez, oyez, il est temps pour nous de nous rebeller contre une importante discrimination dont l’on parle hélas trop peu : celle de la taille. Il semblerait que ce monde soit conçu pour les personnes mesurant entre 1m70 et 1m80. Donc pas pour les grands, ni pour les petits. C’est pourquoi, avec @Angloreg59 (Guy, que je remercie pour sa précieuse collaboration), nous avons décidé d’unir nos 352 centimètres inéquitablement distribués et nos quatre mains (deux chacun, égalité sur ce point) pour vous faire part des frustrations que grands et petits endurent au quotidien.

Petite précision : par bon sens naturel,  @Angloreg59  a décrit la vie vue d’en haut, et plumechocolat le quotidien vu d’en bas (même perchée sur ses talons).

Les courses au supermarché :

Les grandes surfaces sont le lieu par excellence dont les concepteurs cherchent à rentabiliser l’espace. Pour cela, pas question qu’un centimètre soit perdu entre le sol et le plafond. Ce qui ne fait pas l’affaire de tous…

Vu d’en haut : Je vais vous confier un secret : le Grand se nourrit régulièrement de produits peu communs. C’est peut-être ici d’ailleurs que réside le secret de sa grande taille. J’ai longtemps pensé que cette découverte scientifique était le fait des génies machiavéliques du marketing, du merchandising, du facing, et autres mots savants en -ing. Il n’en est rien. C’est génétique, tout simplement. A l’instar des girafes, dont le long cou est idéal pour atteindre les feuilles d’acacias, le Grand est génétiquement programmé pour aller chercher en hauteur toutes sortes d’aliments originaux et inaccessibles à ses congénères de plus petite taille. En revanche, l’espérance de vie du Grand est directement proportionnelle à la taille de son portefeuille, car ces mets exotiques sont aussi très coûteux. Impossible pour lui d’envisager autrement que du regard les produits bons marchés, qui ne poussent que sur les rayonnages les plus proches du sol. Ses fragiles lombaires ne l’y autorisent pas. Mais lorsqu’enfin le Grand atteint l’endroit hautement stratégique de la jungle du supermarché – j’ai nommé les caisses – il devient un redoutable prédateur. Il se transforme alors en un véritable périscope sur pattes, surplombant la meute et jetant son dévolu en une fraction de seconde sur la file d’attente la plus courte.

Vu d’en bas : Le côté pratique, c’est que les nouveaux paniers à roulettes que l’on trouve de plus en plus sont à la bonne hauteur, ni trop hauts ni trop bas. Pour les fruits et les légumes, aucun souci non plus. Et lorsque l’on cherche des produits premier prix, une simple flexion suffit pour les avoir à portée de bras. En revanche, ça se complique quand il faut atteindre la plaquette de chocolat fourré pâte d’amande, notre préféré, bien entendu situé à 2 mètres du sol. Ou le jambon sec, qui doit être considéré comme un luxe réservé aux géants. Il nous arrive donc d’utiliser le rayonnage comme s’il s’agissait d’un mur d’entraînement pour l’escalade, provoquant l’amusement des autres clients et l’ire des vendeurs présents. Ou de demander à une personne de haute taille de nous aider (mais comment lui expliquer qu’il ne faut pas prendre la toute 1ère boîte du rayonnage, mais la 2ème, et faire attention à ce qu’elle ne soit pas défoncée ?)

Les transports en commun :

Là, nous serons tous d’accord sur le fait qu’aux heures de pointe, il est tout bonnement atroce d’emprunter ces vieilles machines roulantes (pour ceux qui n’ont pas la chance d’avoir un tram tout rutilant dont l’usure ne saurait tarder).  Mais lorsque l’on n’a pas une taille standard, les désagréments se multiplient. Lire la suite

Signes

13 Juil

Comme je vous le disais la semaine dernière, j’ai pris quelques jours de parenthèse au milieu de mon trail théâtral pour aller perfectionner mes connaissances en matière de danse. Et après le Brésil, je suis revenue à la France, mais avec tout de même une chorégraphe venue du continent, Carolyn Carlson, dont, bien qu’étrangère à cet univers, le nom ne m’était pas inconnu. Et pour cause, sa biographie est impressionnante, je vous épargne le cours magistral et j’invite les curieux à aller voir par eux-mêmes.

Mais au-delà du nom, deux choses m’ont incitée à aller voir Signes : l’envie de voir l’Opéra Bastille de l’intérieur, où je n’étais allée qu’une seule fois alors que j’avais moins d’une dizaine d’années (autant dire que les souvenirs n’étaient plus très frais), et la musique de René Aubry, dont j’apprécie beaucoup tout ce qu’il fait. Et puis, en voyant en plus cette affiche très colorée, je me suis dit que j’avais toutes les raisons valables pour profiter de ce spectacle.

J’y suis donc allée dans une disposition d’esprit extrêmement positive, et, après avoir emprunté les ascenseurs pour atteindre mon 2ème balcon, j’ai pris place presque tout au fond de la salle. Et là, chose surprenante et miraculeuse, pas d’angle mort, et des sièges disposés suffisamment en pente pour voir parfaitement la scène même en ayant un voisin de devant de plus d’1m52. Disposition d’esprit encore plus positive donc. Température intérieure également idéale, place suffisante pour les jambes. Je n’avais plus qu’une hâte, celle d’entendre la première note de musique.

Celle-ci vint vite, presque parfaitement à l’heure (début programmé à 19h30, effectif à 19h35), encore un motif de satisfaction. Et là, apparition du premier danseur, rejoint ensuite par ses camarades, sur un tableau joliment intitulé « Signe du sourire ». Que demander de plus que ce genre de signes ? Dès le début, me voilà donc, moi spectatrice de ballet novice, plongée dans un monde coloré, entraînée par ce son doux à mes oreilles, et trouvant tout cela beau, plein de charmes, gai comme un début de printemps. Impression non démentie par la suite, avec un petit coup de cœur pour le troisième tableau intitulé Monts de Guilin, plein d’humour dans la gestuelle. Lire la suite

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