Signes

13 Juil

Comme je vous le disais la semaine dernière, j’ai pris quelques jours de parenthèse au milieu de mon trail théâtral pour aller perfectionner mes connaissances en matière de danse. Et après le Brésil, je suis revenue à la France, mais avec tout de même une chorégraphe venue du continent, Carolyn Carlson, dont, bien qu’étrangère à cet univers, le nom ne m’était pas inconnu. Et pour cause, sa biographie est impressionnante, je vous épargne le cours magistral et j’invite les curieux à aller voir par eux-mêmes.

Mais au-delà du nom, deux choses m’ont incitée à aller voir Signes : l’envie de voir l’Opéra Bastille de l’intérieur, où je n’étais allée qu’une seule fois alors que j’avais moins d’une dizaine d’années (autant dire que les souvenirs n’étaient plus très frais), et la musique de René Aubry, dont j’apprécie beaucoup tout ce qu’il fait. Et puis, en voyant en plus cette affiche très colorée, je me suis dit que j’avais toutes les raisons valables pour profiter de ce spectacle.

J’y suis donc allée dans une disposition d’esprit extrêmement positive, et, après avoir emprunté les ascenseurs pour atteindre mon 2ème balcon, j’ai pris place presque tout au fond de la salle. Et là, chose surprenante et miraculeuse, pas d’angle mort, et des sièges disposés suffisamment en pente pour voir parfaitement la scène même en ayant un voisin de devant de plus d’1m52. Disposition d’esprit encore plus positive donc. Température intérieure également idéale, place suffisante pour les jambes. Je n’avais plus qu’une hâte, celle d’entendre la première note de musique.

Celle-ci vint vite, presque parfaitement à l’heure (début programmé à 19h30, effectif à 19h35), encore un motif de satisfaction. Et là, apparition du premier danseur, rejoint ensuite par ses camarades, sur un tableau joliment intitulé « Signe du sourire ». Que demander de plus que ce genre de signes ? Dès le début, me voilà donc, moi spectatrice de ballet novice, plongée dans un monde coloré, entraînée par ce son doux à mes oreilles, et trouvant tout cela beau, plein de charmes, gai comme un début de printemps. Impression non démentie par la suite, avec un petit coup de cœur pour le troisième tableau intitulé Monts de Guilin, plein d’humour dans la gestuelle.

Parce que je n’ai pas encore parlé de la gestuelle, mais c’est ce qui fait la magie de Carolyn. Ces gestes précis. Le jeu sur la symétrie et l’asymétrie des positions des danseurs, repris par Olivier Debré dans les magnifiques costumes créés pour l’occasion. Ces mouvements à la fois saccadés et gracieux. Et cette marche de petites souris qui fait qu’on a l’impression que les danseurs sont en train de glisser, ou de faire du manège, ou de patiner… On se retrouve ainsi dans un univers féérique, avec des décors eux aussi proches de l’univers du conte. Dans une création qui charme par son esthétisme et sa dimension presque onirique.

Les tableaux se succèdent, toujours avec ce même charme. Je dois confesser un petit coup de barre au bout d’une heure, sans doute trop bercée par cette belle histoire, plus jolie encore que celles que je lisais le soir avant de dormir. L’esprit du bleu a failli trop me bercer et m’envoyer dans les bras de Morphée. Mais luttant contre les clignements répétés de mes paupières, j’ai réussi à résister, et les couleurs de Maduraï m’ont pleinement redynamisée. Un enchantement vous disais-je. C’est à ce moment-là que j’ai enfin trouvé l’expression pour qualifier ce que je voyais : Signes, c’est comme une boîte à musique dont les personnages s’animeraient sous vos yeux. Rien de moins que ça. Avec de la tendresse, des sourires, de l’agilité, de la précision et surtout beaucoup de magie. Ce que le tableau final de la victoire des signes ne dément pas. Le noir et blanc de cette dernière danse ne casse rien de la joie que l’on a à contempler cette magnifique fresque. Et à applaudir plutôt deux fois qu’une.

Vous l’aurez compris, j’ai aimé. Comme un cadeau coloré au milieu d’une semaine de grisaille. Comme le premier rayon de soleil du matin. Comme la douce brise de la fin d’après-midi. Comme une étoile filante que je vous encourage à vous dépêcher d’aller admirer, la dernière étant le 15 juillet.

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