Votre bonheur dépend de vous

22 Juil

Musée Mimara

Chers et précieux lecteurs, je profite de l’été pour parler de bonheur. Par pur effet d’imitation je dois bien l’avouer. Parce que, voyant le soleil revenir, et avec lui les robes sortir des placards, les jardins refleurir et les enfants sourire gaiement en courant sur la plage ou dans les champs, chacun y va de son laïus sur l’optimisme et la joie de vivre. Sans aucune originalité (je sais, je vous avais habitués à mieux), je me faufile donc dans ce vaste mouvement panurgien pour vous livrer à mon tour quelques phrases sur cette vaste question de notre épanouissement personnel.

Nous disons tous chercher le bonheur, ou a minima, chercher à être heureux, sans vraiment savoir ce que cela signifie, au fond. Avec très souvent l’idée que l’on pourra prétendre avoir atteint notre but le jour où tout ira bien sans cesse. C’est souvent là que le bât blesse. Parce que cela n’est simplement pas possible. On n’a pas mémoire d’avoir déjà vu un être humain ne jamais s’être cogné le gros orteil au coin d’une table, ni avoir attrapé la grippe, ni avoir perdu un de ses proches, ni avoir échoué à un examen ou un entretien d’embauche, et n’avoir jamais entendu que des phrases élogieuses et pleines d’enthousiasme de la part de ses proches. Est-ce à dire que l’on n’atteindra jamais le bonheur que nous cherchons ? Eh bien non, ce n’est pas incompatible. En revanche, il faut bien prendre conscience d’un élément fondamental : nos vies ne seront jamais parfaites. D’ailleurs, si elles l’étaient, saurions-nous en apprécier les meilleurs moments ? N’auraient-ils pas une certaine fadeur ?

Mais si leur forme est imparfaite, et quels que soient les fardeaux que nous avons à porter, il nous appartient de trouver notre équilibre. Tous Français râleurs soucieux de préserver notre réputation que nous sommes, nous ne pouvons pas nous contenter de clamer que « l’enfer c’est les autres » à la cantonade et d’attendre que le postier nous livre notre colis « vous avez gagné à la loterie du bonheur ».  Non pas qu’il faille nier le pouvoir de nuisance des autres. Oui, certains ont eu une enfance difficile. Oui, certaines épreuves ont été ou sont encore dures à traverser. Oui, votre travail est peut-être ennuyeux à mourir ou gâché par un chef trop autoritaire. Oui, vous pouvez avoir des problèmes de santé. Et vous n’êtes pour rien dans tout cela, il est nécessaire d’en prendre conscience, de déculpabiliser et de vous autoriser à vous plaindre des situations compliquées auxquelles vous êtes confrontées. Mais vous avez le choix : vous y enferrer ou prendre de la hauteur.

Plus facile à dire qu’à faire, objecterez-vous. Nul n’a dit que le bonheur peut s’obtenir sans efforts. Sans petites rechutes aussi dans les affres de la désolation. Mais si vous songez à l’autre extrême, vous rendre vraiment totalement malheureux, vous vous rendrez compte que cela aussi exigerait de l’énergie pour bien sombrer (ndlr : je déconseille plus que vivement à chacun d’entre vous de tenter l’expérience, il n’y a hélas pas moyen d’en revenir sans gros dommages). Pour un bénéfice qui, vous l’avez bien compris, serait en-dessous du plus bas taux de croissance économique jamais enregistré depuis que le monde existe. Mieux vaut donc viser cet objectif nettement plus séduisant de trouver votre place, celle qui vous fera vous lever tous les matins satisfait de la veille et décidé à rendre ce jour au moins aussi bon. Ou au contraire moyennement satisfait et désireux de passer 24 heures plus sympathiques. Dans tous les cas fuyant la médiocrité. Parce qu’aller ni bien ni mal, vivoter, n’avoir pas d’ambition pour sa vie, laisser les jours défiler sans relief, c’est aussi un moyen de ne rien savoir apprécier.

Or des choses à voir, toucher, sentir, des moments dont il faut profiter, des sourires, des rires, il y en a partout, nous n’avons qu’à les cueillir. Par petites touches. Ça ne vient pas tout seul d’un coup. Un peu comme une peinture impressionniste. Petit coup de pinceau après petit coup de pinceau, la toile se forme. Voir le bon de chaque journée. Prendre le temps de relire le mois passé ou l’année qui vient de s’achever entièrement. Et voir, même dans les coups durs, de quelle façon on a grandi face à l’épreuve. Et lorsque, et je le souhaite à chacun et chacune, notre étoile nous sourit, savourer pleinement. Éviter de laisser venir les idées noires sur ce qui pourrait entacher notre état d’esprit (de toute façon, lorsque les tuiles arrivent, ce ne sont presque jamais celles que l’on avait anticipées). Et tirer de la fierté de la personne que nous sommes, de tout ce que nous arrivons à faire (plutôt que de nous auto-flageller avec notre incapacité à en faire autant qu’Einstein, Super Nanny et Tiger Woods réunis). Bref, nous voir avec indulgence et bienveillance. Avec clairvoyance aussi. Parce que nous pouvons aussi être ce chef autoritaire. Ou ce membre de la famille qui a pu rendre la vie des autres difficile. Le reconnaître, c’est aussi un moyen de viser plus haut. D’entrer dans une démarche d’humilité vis-à-vis de ceux à qui l’on a nui, plutôt que de « tenir le rôle » envers et contre tout (et tous). Provoquer des tensions plutôt que se grandir en sachant présenter ses excuses n’a jamais épanoui personnes. A l’inverse, laisser les autres prendre l’ascendant sur soi n’est pas plus louable. Quoi qu’il puisse en coûter, exiger de chacun qu’il vous respecte est fondamental. Ne laissez personne toucher à votre intégrité. Surtout pas vous-même. Ou vous dévierez inéluctablement de votre ascension pour prendre un chemin tortueux et plein de caillasse.

Mais le bonheur, ce n’est pas que vous. Vous ne pourrez jamais être heureux seul. Quoi que le concept de nirvana puisse en laisser penser. C’est l’altérité qui nous construit. Vivre avec les autres, grâce aux autres, leur donner ce que l’on a de meilleur, recevoir ce qu’ils ont de meilleur. Sans calcul ni arrière-pensée. S’ouvrir à la rencontre entre deux esprits, entre deux cœurs aussi. Nul bonheur plus grand que celui d’aimer les autres. De les aimer de façon fonctionnelle (surtout pas utilitariste ou égoïste). Vouloir leur bien tout autant que l’on sent qu’ils veulent le nôtre. Ou fuir lorsque ce n’est pas le cas. Notre joie ne saurait s’encombrer des êtres toxiques. Parce que telle la nicotine provoquant le cancer du poumon, les méchants ou les éternels plaintifs peuvent provoquer le cancer de l’être. Et que la guérison en est très aléatoire. Invitons ces gens à se regarder dans le miroir et à comparer ce qu’ils y voient avec ces gamins insouciants qui courent avec leur ballon dans l’herbe fraîche. Et en attendant, tournons-nous vers ceux qui considèrent les autres avec bienveillance, et qui se nourrissent de leurs richesses non par appât du gain mais pour avoir plus à redonner ensuite. Ainsi, chacun apportant sa pierre, le monument du bonheur pourra se construire, servant d’espace d’exposition à toutes ces toiles magnifiques.

Nous sommes lundi, jour parfait pour commencer l’entraînement, alors premier exercice, dire bonjour avec le sourire à la prochaine personne que nous croiserons. A vous d’inventer le deuxième….

2 Réponses vers “Votre bonheur dépend de vous”

  1. JCM (@jchmfly) 30 juillet 2013 à 17:46 #

    tres joliment dit !
    un risque cependant de ne pas succomber au contentement (de soi, de la situation, de sa fameuse zone de confort): le bonheur se contruit avec l’altérité (comme si bien dit), et doit se régénérer grâce à des progrès et avancées réguliers.

    • plumechocolat 31 juillet 2013 à 00:27 #

      J’approuve, c’est ce que je voulais signifier avec la toile, c’est un éternel apprentissage (et le peintre a besoin de celui qui fabrique la toile, de celui qui crée les pigments et de celui qui en fait de la peinture!!)

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