Quand la Chine téléphonera

28 Juil

N’ayant pas la chance (ni en fait surtout planifié mes vacances 6 mois à l’avance) d’être actuellement à Avignon, je me trouve confrontée en cette fin de mois de juillet à un problème que rencontrent tous les théâtrophiles parisiens en cette période : une réduction drastique de l’offre de spectacles disponibles. Je reconnais que malgré cela, le choix est toujours plus important qu’à Bayonne ou à Clermont-Ferrand en plein mois d’avril. Mais je ne vis pas à Paris complètement par hasard…

Donc en ces semaines de vaches maigres, lorsque je me vois proposer une invitation pour « Quand la Chine téléphonera » à la Comédie Caumartin, je dis bingo. Après avoir fait preuve d’un sens de l’orientation qui ferait se suicider une boussole, me voici donc enfin, vendredi soir, bien assise dans cette salle de la Comédie Caumartin que je ne connaissais pas mais qui est très agréable, située dans une petite courette, toute en longueur et avec une belle scène spacieuse que l’on voir de partout grâce à l’intelligence du concepteur qui a disposé les sièges en pente.

Mais comme à mon habitude je digresse et je vous prive de l’essentiel. Créée dans les années 90 dans cette même salle, Quand la Chine téléphonera est une comédie déjantée dans laquelle les deux sœurs Pujol, Jeanne et Aimée, deux jeunes femmes apparemment sans histoire, la première traductrice, la seconde aspirante actrice, commencent par recevoir une boîte contenant un doigt. Chacune ayant son petit secret à cacher, toutes deux se taisent sur la possible origine de ce courrier menaçant. Quelques minutes plus tard, un inconnu leur dépose un sac contenant 50 millions avant de repartir puis de re-sonner pour venir expirer chez elles en ayant entre temps reçu une balle dans le cœur.

De là les allers et venues s’enchaînent, avec Paul, un ami, Robert de Bromeuse, prétendant d’Aimée et l’inspecteur Batavia, venu pour remettre de l’ordre dans cette histoire loufoque. Et si les imbroglios ne cessent de s’ajouter les uns aux autres sans lien logique apparent, les répliques fusent, d’une drôlerie sans fard, ce qui à ma grande honte m’a conduit à plusieurs reprises à produire des sons mêlant les cris de la truie et de la hyène (toutes mes excuses à mes voisins). Le jeu est volontairement forcé, mais le texte s’y prête bien. Malgré tout, on sent que l’on en est encore aux premières et que quelques jours de rodage supplémentaires permettront de monter encore le niveau. Et à permettre aux comédiens de mieux maîtriser leurs fous rires, que l’on imputera à la température extrêmement élevée de la salle, encore relevée par la chaleur du public et l’énergie des acteurs. Avec du rythme, des bons mots, des grimaces, des musiques venues d’ailleurs, de l’action, un suicide, un rideau sacrifié, quelques billets volés, de l’amour, du vin, de la brandade de morue, des fleurs sous le matelas, il faut bien reconnaître aussi qu’il est bien difficile pour ces cinq personnages de rester entièrement sérieux.

Et comme la saison est bien assortie à la légèreté, je ne saurais que trop vous recommander de suivre cette mode, bien plus saine que celle que j’évoquais il y a quelques jours. A vos contremarques, prêts ? Souriez…

 

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2 Réponses to “Quand la Chine téléphonera”

  1. JCM (@jchmfly) 31 juillet 2013 à 09:12 #

    « des sons mêlant les cris de la truie et de la hyène » : bien que j’ai du mal à imaginer la scène, je suppose que cela représente un niveau élevé de satisfaction ?!

    Ca pourrait être le début d’un nouveau type de critique culturelle / classement animalier
    0: le bâillement du vieux Mérou
    5: le gloussement coincé du dindon
    9: le cri de la truie et de la hyene
    10: ??

    • plumechocolat 31 juillet 2013 à 14:00 #

      Tu supposes bien, et très honnêtement, je ne saurais pas le refaire sur commande. Mais dès que je trouve le 10/10, promis, je te préviens 😉

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