Petit essai sur le célibat

4 Août

célibat

L’été est là, enfin, et pour l’occasion, le sujet des amours est sur toutes les langues. Entre les vacances en amoureux, les amours de vacances, les amours déçues de l’année, les magazines font leurs choux gras, les pique-niques de l’été sont le lieu pour faire le point sur les potins et les soirées autant d’occasions de faire des rencontres. Avec comme un mot d’ordre : c’est l’été, faut s’lâcher.

Pour autant, l’on sait qu’entre les couples qui ne survivront pas à leurs premières vacances ensemble, ceux que la première pluie annonçant l’automne viendra séparer (si la découverte du corps de l’autre sans bronzage ne l’a pas déjà fait) et ceux qui n’auront simplement fait de rencontres qu’amicales (ce qui est déjà plaisant), il restera encore un certain nombre de célibataires à l’automne. Ce qui permettra aux mêmes magazines de titrer « se remettre de vos ruptures d’été ».

Petite précision, n’étant pas une horrible cynique blasée, je souhaite de tout cœur que le nombre de « monofoyers » diminue, soit parce que les vacances en duo auront été comme une lune de miel, soit parce que les histoires balbutiantes peuvent tout de même être assez solides pour résister au premier coup de vent. Réaliste ou pas sur les échecs amoureux, je suis ouvertement pour le couple et pour l’amour !

Parenthèse ajoutée, revenons-en donc à notre sujet du jour, le célibat. Thème difficile à aborder s’il en est, parce qu’il est autant de façons de vivre son célibat que de célibataires, et qu’une même personne peut, d’une saison à l’autre, elle-même changer d’état d’esprit par rapport à sa situation. Je ne serai donc pas exhaustive dans mon propos, laissant à chacun la possibilité d’exprimer son point de vue sur ce blog ou ailleurs.

Premier point qu’il me paraît important, voire même vital d’aborder : le célibat n’est pas une maladie. Encore moins une maladie contagieuse. N’ayez crainte, vous pouvez approcher d’un ou d’une célibataire sans risquer d’attraper de la fièvre. Et en y regardant de près, vous ne verrez aucun signe extérieur distinctif chez un célibataire. Pas plus qu’intérieur. Personnellement, je ne suis certes pas en couple, mais je sais lire, écrire et parler tout aussi bien que ceux qui le sont. Je n’ai pas non plus développé d’eczéma ou de solométriose (nom imaginaire) liée à l’absence de compagnie masculine rapprochée. Donc, dans la mesure où le célibataire n’est pas atteint d’une pathologie déterminée, il ne sert à rien de vouloir le soigner.

Vous pouvez donc ranger vos prescriptions de sorties en boîtes (d’ailleurs, pourquoi voudrions-nous rentrer dans un contenant aussi petit, une malle géante serait plus adaptée), d’inscription dans une géniale association d’escalade (on vous a déjà dit 15 fois qu’on avait le vertige) ou de suggestion de passer nos vacances dans des clubs pour « gens de notre espèce ». Oubliez aussi les « tu devrais te fringuer plus sexy » (sauf au cas ou votre ami(e) porte des vêtements fabriqués dans des matières douteuses ou de couleurs vraiment improbables à donner mal aux yeux à tous ceux qui le/la croisent), ou « change ton mode d’alimentation » (ce conseil pouvant être avisé, mais sans réel rapport avec le sujet).

Deuxième point qui me tient tout autant à cœur : le célibataire (de longue durée) n’est pas « trop exigeant ». S’il n’enchaîne pas les aventures, ce n’est pas parce qu’il est asocial ni asexuel et qu’il n’a pas envie de partager son quotidien avec un partenaire. Simplement, il se connaît suffisamment pour savoir que s’engager dans certaines relations ne sera qu’une perte de temps, et qu’il en ressortira déçu ou blessé, voire les deux. Et si, à force d’attendre, il envisage de céder à une envie d’aventure, il le fera discrètement et sans vous en parler. Quoi qu’il en soit, il ne construit pas sa liste de fondamentaux par plaisir ou par refus du consensus, mais par sagesse, en ayant compris, avec le temps et souvent quelques échecs, ce qui est essentiel pour pouvoir construire une relation qui fonctionne. Discutailler la pertinence de ses réflexions ne servira qu’à l’énerver et à vous fatiguer vous-même. Est-ce que, lorsque vous êtes en couple, vous aimez que l’on vienne vous dire que vous devriez en demander plus ou moins à votre conjoint ? Non ? Vraiment ? Alors pourquoi en serait-il autrement pour ceux qui vivent seuls (le premier qui dit que ce n’est pas pareil pourrait bien se retrouver nez à nez prochainement avec deux lutteurs slaves) ?

Troisième point : le célibataire ne pense pas nuit et jour à se caser et n’attend pas de l’être pour vivre (ou si c’est le cas, là, vous pouvez vous inquiéter et intervenir). Oui, c’est vrai, lorsque nous (je m’inclus dedans) nous rendons dans un lieu où l’on sait que l’on va voir de nouvelles têtes, nous y pensons et nous observons un peu les hommes/femmes venus seuls également. Cela paraît naturel. On sait bien qu’une rencontre amoureuse ne se fait pas en restant cloîtré chez soi (quoi que puissent en laisser penser meetic, be2, adopteunmec ou parship). Ce n’est pas pour autant que tous nos choix d’activités se font en fonction des opportunités de faire la connaissance d’un conjoint potentiel. Nous pouvons même aller nous balader ou nous offrir un ciné sans personne. Ou passer nos vacances avec des copains tous en couple (ce qui arrive rarement du fait du point numéro  1 et de la peur de contracter des virus). Ou accepter une invitation pour un dîner où nous connaissons tout le monde. Ou nous retrouver juste entre filles (ou entre hommes). Il est même des moments où un célibataire savoure sa tranquillité et ne pense aucunement à changer d’état. Ou alors où il a l’esprit occupé par d’autres projets, professionnels ou personnels, qui le passionnent et relèguent la quête de l’âme sœur à une date ultérieure.

Quatrième point : le célibataire ne se complaît pas dans le célibat. Mis à part quelques dragueurs et dragueuses qui n’ont pas envie d’histoire sérieuse, passé un certain âge, on n’a plus vraiment envie de continuer à vivre seul(e). D’où aussi l’exigence mentionnée plus haut. Et si l’on a une vie bien remplie, c’est aussi souvent en partie pour limiter le nombre de soirées passées en tête-à-tête avec un plateau télé devant TF1. Si aussi un célibataire peut être un peu chiant avec ses lamentos et ses coups de blues tous les trois mois, ce n’est pas parce que vous avez un sens de l’écoute particulièrement développé (enfin, peut-être un peu quand même, mais que tous ceux qui sont en couple osent dire qu’ils ne vont jamais se plaindre à leurs amis de telle ou telle manie de son conjoint), c’est surtout parce que cela est pesant. Avoir l’envie et la capacité d’aimer quelqu’un et d’en être aimé, sentir que cela nous grandirait, et se sentir coincé malgré soi dans un état de vie moins satisfaisant, oui, malgré toutes les libertés que ça offre, ça nous paraît bien dommage. Et comme TF1 ne répond rien à cela quand on en parle à son écran, parfois, le célibataire va aller râler auprès de ses proches. Ou de ses collègues. Ou de copains moins proches.

Cinquième point : le célibataire a besoin de franchise. De la part de tout le monde. Sans rentrer dans le débat stérile sur ses exigences, si vous voyez chez un de vos amis célibataires un point qui vous paraît un réel frein à sa réussite amoureuse, dites-le-lui, il n’osera pas vous le demander mais vous en sera reconnaissant (prenez les formes quand même, il ne s’agit pas de lui balancer brutalement dans le bus entourés de 8 amis et 75 passagers). Au passage, j’en profite, acceptez aussi qu’il puisse également remarquer que certaines choses dans votre couple sont bancales (ce n’est pas parce qu’il n’a pas de conjoint qu’il ne sait pas observer et manque de bon sens). Et lorsque vous commencez à tenter de séduire une personne célibataire, soyez franc également sur vos intentions. Ne racontez pas que vous rêvez d’un mariage et de 4 enfants si en réalité vous voulez juste une présence « en attendant mieux ». Et inversement. Ne jouez pas de jeu face à une personne qui vous plaît, vous risquez d’en faire un aigri et de passer à côté de plein de choses. Dans tous les cas, ami ou prétendant, ne vous moquez pas du célibataire. Au propre comme au figuré. D’autant qu’à ce jeu, vous pourriez bien perdre un lien précieux.

Encore une fois, j’ai été très longue, je vous épargnerai donc les points six à vingt-neuf, pour vous dire que, en couple ou en attente de l’être, l’important n’est pas tant votre situation que les belles choses qu’elle vous permet de vivre. Alors souriez et profitez de ce temps magnifique pour tracer votre route en bonne compagnie.

3 Réponses vers “Petit essai sur le célibat”

  1. blogdemissbavarde 6 août 2013 à 21:20 #

    bien d’accord !!!

  2. Calamitysophie 5 août 2013 à 08:04 #

    Bonjour !
    Concernant le célibat j’en connais un bon bout… Jamais mariée, ni en couple et j’ai 53 ans. Une belle et longue histoire mais chacun chez soi. Et de multiples amourettes…
    Concernant la contagiosité du célibataire, j’ai pu étudier différentes phases. Jeune, 20-35 ans, le célibataire est une sorte de faire valoir, MOI j’ai trouvé et TOI tu rames… Le célibataire est donc toujours le bienvenu, au moins le non célibataire peut continuer à frimer…
    Au delà, c’est une autre histoire… Le non célibataire, commence à s’encroûter dans sa vie de couple, il a des enfants, ce n’est plus vraiment SEA SEX AND SUN.. Et LÀ, le célibataire devient la bête à abattre, car il représente la liberté, et surtout la tentation pour son/sa conjoint(e)…
    En ce qui me concerne à 47 ans, s’est produit un déclic… Fini la recherche de l’âme sœur, ras le bol de tout ce que cela veut dire, espoir, attente, bonheur et…… Chute douloureuse. Avec comme pensée : TOUT ÇA POUR ÇA ?!
    Depuis ce déclic, je me sens libre, libre, libre… Oui parfois je me dis qu’un homme près de moi pour partager les bons moments (et les moins bons) ce serait bien, mais pas à n’importe quel prix.
    Si il se présente je ne dirai pas non, mais je ne le cherche plus et m’en porte très bien !
    Merci pour votre texte qui remet les choses à leurs places concernant le célibat.

    • plumechocolat 6 août 2013 à 21:27 #

      Merci à vous pour ce joli témoignage, qui montre bien que finalement, quel que soit son statut, le bonheur, ça se décide.
      Et que pour l’atteindre, il faut en effet se sentir libre. Je vous souhaite donc une grande et belle histoire de vie, seule ou accompagnée.

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