Gustave Parking

8 Août

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Pour ceux d’entre vous qui suivent régulièrement mes critiques, vous savez ou avez peut-être deviné que le one-man-show est un genre qui chez moi engendre la méfiance. Disons pour être plus explicite que je considère les artistes de show comique en solo (mais c’est pareil quand ils sont en duo) avec le même scepticisme que lorsqu’un membre du gouvernement promet qu’il ne va pas augmenter les impôts. Mais la conjonction de plusieurs facteurs m’a conduit à prendre le risque un peu inconsidéré d’aller voir Gustave Parking :

  • D’abord, nous sommes au mois d’août, et même la 2ème semaine d’août, et la plupart des salles sont fermées, ce qui réduit considérablement l’offre.
  • Dans la plupart des salles qui restent ouvertes se jouent des boulevards contemporains lourdauds, qui sont un peu au théâtre ce que le cubis est au vin.
  • Le spectacle d’Audrey Vernon l’autre jour m’avait un peu remise en confiance, d’où la disposition à redonner une chance au genre.

Pour le petit plus, toute conjonction de facteurs mise à part, c’est l’argument financier qui l’a emporté. La formule est assez chouette : vous payez juste 2 euros pour rentrer, et ensuite, vous versez ce que vous voulez à la fin. Un risque pour l’artiste, mais pour le spectateur, c’est ce qu’il y a de plus honnête. Comme ça, il est déçu il met 50 centimes, il adore il vide son livret A (euh… ne nous emballons pas quand même). Bon, donc me voici dans la salle, à attendre ce phénomène de 58 ans (mais chut !) qui visiblement (merci google) a du succès depuis plus de 20 ans (et là, je mesure ma méconnaissance du monde des comiques solistes).

Et il arrive, et me voilà partie (dans une salle comble) pour 1h30 de bonheur. Si je décris les choses de mon côté : j’ai ri, j’ai gloussé, j’ai souri, j’ai ri, j’ai écarquillé des yeux émerveillés, j’ai gloussé, j’ai souri, j’ai ri, j’ai gloussé, j’ai ri, j’ai souri, j’ai eu un énorme fou rire, j’ai ré-écarquillé des yeux émerveillés, j’ai souri, j’ai gloussé, j’ai ri, j’ai gloussé, j’ai eu un sourire ému, j’ai applaudi en riant, j’ai versé mon obole en souriant, j’ai souri en applaudissant, j’ai ri, j’ai réapplaudi.

Pendant ce temps, sur scène, il s’est passé plein de choses. Trop pour que je les raconte. Mais vous l’aurez compris, le spectacle à un homme (arrêtons cet horrible anglicisme de one-man-show) a encore de l’avenir devant lui, le secret est peut-être que cet homme a dépassé les 30 ans et n’a pas appris toutes ses blagues dans le kit en promo que beaucoup ont acheté. Mais revenons à notre Gustave et à ses atouts. D’abord il est drôle (ce qui est assez utile dans un spectacle comique), mais pas d’un humour ras-des-pâquerettes : certes, il aime à nous régaler de quelques trivialités, mais il a au moins le mérite de les amener avec subtilité. Et surtout il manie le jeu de mots avec la même dextérité qu’il jongle dans le noir avec des balles colorées (un autre de ses talents). C’est aussi un grand enfant qui aime se déguiser, mais toujours avec créativité. Et un petit chimiste qui s’amuse avec des bulles de savon. Un poète qui plaide un peu pour notre planète (mais sans le moralisme odieux des ayatollahs de l’environnement). Un gars un peu déjanté qui préfère le mistral puissance 20 à l’hélium. Un artisan du verbe (on lui pardonne ses quelques emprunts de blagues déjà connnues) qui enchaîne les répliques bien ciselées presque à la vitesse de Speedy Gonzales.

Bref, en un mot comme en mille expressions, c’est un grand artiste. Qui mérite encore 20 ans de succès. Si vous aimez glousser, vous savez ce qu’il vous reste à faire…

Plus d’infos :

  • Gustave Parking, jusqu’au 30 septembre 2015, du mardi au samedi à 20h
  • Théâtre Trévise, 14 rue de Trévise, 75009 Paris
  • http://www.gustaveparking.com/
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Une Réponse to “Gustave Parking”

  1. Gladys 12 août 2013 à 15:31 #

    Je suis également très difficile en « spectacles à un homme » comme tu dis.
    C’est vrai que plus on en voit, plus on a l’impression qu’ils ont tous le même BTS du rire.

    Mais tu m’as convaincue de tenter Gustave Parking. Merci !

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