Archive | septembre, 2013

De la gestion des relations professionnelles à l’affect

28 Sep

Nous sommes vendredi soir, donc officiellement un week-end, mais j’avais quand même très envie de vous parler de travail aujourd’hui. Parce que d’abord, quoi que l’on puisse en penser, travailler c’est une chance (demandez à quelques-uns des 3,3 millions d’actifs qui sont inscrits à Pôle Emploi, je pense qu’ils vous le confirmeront). Et puis, parce que tout ce qui a trait à la façon dont le travail s’organise m’intéresse. Cela peut vous paraître étrange, de chercher à comprendre la façon dont cette chaîne faite d’hommes et de femmes, de locaux ou d’infrastructures, d’équipements, se structure pour produire des biens ou des services dont d’autres feront ou non l’acquisition. Mais tout étrange que cela soit, je trouve cela passionnant.

J’ai donc décidé d’entamer ces deux jours de repos en vous parlant de la vie dans l’entreprise. Et d’un sujet que tous les gens qui ont ou ont eu un emploi connaissent : celui des relations professionnelles. Parce que, même pour ceux qui ont un statut indépendant ou libéral, tous les « actifs en exercice » ont affaire, si ce n’est à des collègues, au moins à des fournisseurs, des clients ou des partenaires commerciaux (liste non exhaustive, je vous rappelle que je suis officiellement en période de congé hebdomadaire, donc je ne parle volontairement pas des banques, CCI ou Chambres de métiers, administrations, etc.). Vie des affaires oblige, tout bon professionnel attend de ces acteurs avec lesquels il interagit qu’il serve son intérêt (enfin, ultimement, celui de l’entreprise).

Pour cela, le bon professionnel aura parfois la chance de disposer de bonnes conditions : l’employé qui travaille dans un service où les salariés sont soudés pourra bénéficier de l’aide de ses collègues, le manager aura la possibilité de récompenser les éléments moteurs de son équipe en les augmentant en fin d’année et/ou en leur confiant plus de responsabilités ou un dossier qui les motive, l’artisan allant solliciter un prêt de trésorerie pourra produire des comptes montrant une rentabilité forte et constante, le chef de projet pourra reconduire son prestataire si tout se passe bien…. Mais hélas, ces conditions idéales ne sont pas toujours réunies. Et c’est là que le bât blesse. Comment convaincre l’autre de s’impliquer sur ce que vous lui demandez, ou comment amener votre prospect à vous faire confiance quand vous n’avez aucun argument distinctif à faire valoir par rapport à toutes les autres sollicitations qu’il reçoit ? Lire la suite

La religieuse

26 Sep

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Lorsque j’avais vu l’an dernier que « la religieuse » de Diderot se jouait au théâtre, j’ai tout de suite souhaité y assister. Les hasards du calendrier ont hélas fait que je n’ai pas pu assister aux représentations. Aussi, lorsque j’ai vu que j’avais le droit à une séance de rattrapage, la pièce étant reprogrammée au Théâtre du Ranelagh cet automne, il était hors de question que je manque cela une deuxième fois.

Me voici donc, un de ces vendredis soir de septembre, soir par excellence où l’on a envie de se distraire des contrariétés de la semaine, mon billet en main, donné avec le sourire par celui que je surnommerai ici affectueusement « l’homme du guichet », emblématique de cette salle à l’âme toute particulière, avec ses belles boiseries, ses sièges anciens bien conservés, mais qui grincent légèrement, vous donnant l’impression d’un retour à la première moitié du 20ème siècle (enfin plutôt d’un voyage dans le temps). Et le retour en arrière se poursuit rapidement puisque nous voilà au 18ème siècle, en présence de Suzanne Simonin, fille bâtarde placée de force par sa mère dans ce couvent où elle souffrira tant de la privation de la liberté à laquelle elle aspire que des mauvais traitement dont elle fait continuellement l’objet. Lire la suite

Un concours de circonstances

25 Sep

Pour ceux qui me lisent fidèlement depuis quelque temps, vous savez l’affection toute particulière que je ressens envers le Ciné 13 Théâtre : le charme de la salle, l’accueil cordial, le petit bar pour boire un verre avant ou après le spectacle et surtout les grands canapés rouges font de cette salle un lieu où l’on se sent bien (promis, la prochaine fois, je vous montre une photo). Et puis, tout de même, il faut le dire, la programmation correspond presque toujours à mes goûts, avec des troupes souvent injustement méconnues. Je n’ai donc pas tellement hésité lorsqu’il s’est agi d’aller voir le nouveau spectacle de la rentrée « Un concours de circonstances ».

A dire vrai, j’avais une telle confiance que j’ai à peine regardé le pitch de la pièce. Un peu comme quand un ami qui partage vos goûts vous propose une sortie et que l’on se fie à ce qu’il a sélectionné en vérifiant juste qu’il ne lui a pas pris une fantaisie démesurée. Donc me voici un dimanche, confortablement installée au premier rang en attendant que la nuit se fasse sur le public pour laisser place à la lumière du plateau. Et qu’apparaissent Julie et Salomon, les deux héros de cette romance moderne (oui, parce que, je ne vous le cacherai pas plus longtemps, il s’agit d’une romance), qui, entendant le téléphone sonner, ne parviennent pas à se décider sur l’attitutde à adopter : Julie doit-elle répondre ou non ? Et là, flashback sur les évènements ayant conduit à cette scène. Lire la suite

Le silence est tout juste en plaqué or

21 Sep

Depuis des années, vous entendez sans doute, peut-être même la prononcez-vous vous-même, cette célèbre phrase qui dit que « la parole est d’argent, le silence est d’or ». Personnellement, je n’aime pas du tout, mais alors vraiment pas cette phrase. Et pour commencer, je commence par m’insurger contre cette odieuse discrimination dont l’argent souffre depuis des décennies, voire depuis des siècles, en raison de cette fameuse expression, qui le rabaisse à un rang inférieur. Or, qu’on le veuille ou non, il faut quand même reconnaître que l’argent dirige quand même un petit peu, voire même beaucoup le monde d’aujourd’hui. Et que tous ceux qui le considèrent avec mépris lorsqu’ils prononcent cette phrase seraient emmerdés et faits comme des rats légèrement ennuyés si à la fin du mois, ils ne recevaient pas l’argent qui leur est dû en contrepartie de leur travail. Et que l’on retire à ces dames et demoiselles tous leurs bijoux en argent pour les remplacer par de l’inox et du plastique argenté et elles risquent de devenir hystériques et de vous envoyer un bloc d’inox à la figure de se montrer un tant soit peu contrariées.

Si maintenant, on analyse vraiment cette phrase, ça dit en substance que la valeur du silence est de loin supérieure à celle de la parole. A l’heure où je vous écris, le gramme d’argent est en effet évalué à 0,52€ par gramme et celui de l’or à 31,51€ pour la même quantité, ce qui nous fait approximativement un rapport de 1 à 60. Si vous réfléchissez bien, vous ne pouvez quand même pas sérieusement estimer que le vide sonore vaut 60 fois plus que les mots prononcés. Imaginez un peu votre prochaine conversation téléphonique : vous composez le numéro, tout content d’appeler un  ami / votre amoureux(se) / votre cousine ou toute autre personne que vous pouvez être heureux d’appeler, ça décroche, et rien. Pas un mot. Pas de « allo ». Pas de « je suis ravi de t’entendre », ni de « et toi, tu vas bien ? » (vous aviez pourtant une super nouvelle à annoncer). Vous attendez, vous rappelez, toujours rien. Vous envoyez frénétiquement un texto pour dire « je ne sais pas ce qui se passe, je ne t’entends pas », et là, pour ne pas vous laisser dans le doute indéfiniment, votre interlocuteur vous répond lui aussi par texto « aucun souci technique, c’est juste que je ne dis rien parce que le silence est d’or ». Franchement, vous le prendriez bien, vous ? Vous ne vous sentiriez pas coupé dans votre élan et victime d’une mauvaise farce ? Et si le matin, plus personne ne vous disait bonjour parce que tout de même, c’est 60 fois plus rentable de ne pas le faire ? Sans compter la catastrophe intergalactique qui se produira inévitablement si plus aucune parole n’est dite ou écrite ne serait-ce que pendant une demi-journée. Moralité : cette expression ne vaut rien, elle est à jeter à la poubelle.

Et cette nécessité de s’en débarrasser n’est pas liée qu’à la question de la valeur de l’argent. Elle tient aussi à la nature du silence. Si l’on se montre un peu moins joueur et que l’on resitue un peu les choses dans leur contexte, l’idée sous-jacente est que, dans certains cas, il vaut mieux se taire plutôt que de risquer une parole que l’on pourrait regretter. Ce qui n’apparaît pas ici, c’est que se taire peut être dangereux. Lire la suite

Apprendre à déplaire

19 Sep

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« L’important, c’est d’être soi », entend-on souvent. « Tu t’en fous de l’opinion des autres », entend-on également. « Ah oui, c’est bien vrai », répond-on. « D’ailleurs, l’autre jour », continue-t-on,  « j’étais face à une bande de gens bornés comme pas possible, je n’ai pas hésité à l’ouvrir et à exprimer ma pensée haut et fort ». Je ne doute pas de la sincérité des uns et des autres lorsqu’ils tiennent ce petit discours fier et bravache. Moi-même, je suis capable d’être la bravachitude incarnée (ne pas confondre avec brave-vache-attitude). Pour tout dire, je clame même mes opinions haut et fort ! Oui, enfin, je les clame haut quand je suis tranquille au 4ème étage d’un immeuble blindé où de toute façon personne ne cherche à rentrer. Et puis je les clame fort parce même en hurlant, il faut bien ça pour que les passants captent ne serait-ce qu’un mot.

N’allez pas croire non plus que je ne m’époumone que lorsque je suis face à des inconnus que je suis quasiment sûre de ne pas recroiser dans les quinze ans à venir. Je peux, comme vous sans doute, me battre bec et ongles pour défendre des idées qui me sont chères. Mais je peux aussi me taire au risque de mal le vivre, justement pour ne pas déplaire, ou tout au moins pour continuer à plaire. Parce que oui, on peut ne se pas montrer pas trop craintif, voire même faire preuve d’une audace certaine lorsque l’on se trouve avec des connaissances dans une ambiance bon enfant,  au travail quand il faut faire avancer les choses au plus vite, ou entre fiscalistes au milieu d’un débat passionné sur l’opportunité pour une micro-entreprise de demander le préfinancement du CICE (Crédit d’Impôt pour la Compétitivité et pour l’Emploi) en 2013 (veuillez excuser cette parenthèse à dimension économique pour la gêne occasionnée dans votre lecture). A côté de cela, lorsque l’on se trouve en présence des personnes qui nous sont les plus proches, on peut se montrer beaucoup plus timorés. Parce que l’on sait que les conséquences de ses paroles vont avoir une autre portée. Lire la suite

Le Misanthrope

14 Sep

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Pour changer un peu de mes habitudes théâtrales et après une cure intensive de théâtre contemporain durant l’été, j’ai décidé dimanche dernier de rentrer dans les sentiers battus pour aller voir le Misanthrope de Molière. Une occasion aussi de refaire ma culture, car j’avoue avec une (très légère) honte que je n’avais pas lu ce « classique », un peu à part dans l’œuvre du Grand Poquelin dans la mesure où il ne s’agit pas d’une comédie. Exit donc les Scapin et les Monsieur Jourdain, place à Alceste et à Célimène, tous deux porteurs d’une noirceur certaine.

Et qui mieux pour incarner Alceste qu’Arnaud Denis, jeune étoile montante du théâtre français, qui, sans être « bankable » comme les stars d’Hollywood, commence à avoir sa petite notoriété ? Alceste donc, qui se plaint à son ami Philinte de la fausseté des hommes, de leurs petits arrangements, et refuse toute hypocrisie, préférant dire ou entendre des vérités cruelles que de se compromettre dans l’art de mettre les formes ou de se montrer diplomate. Sauf lorsqu’il s’agit de Célimène, jeune femme coquette et courtisée de tous, se jouant des uns et des autres sans se décider pour aucun. Lire la suite

Et jamais nous ne serons séparés

14 Sep

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La rentrée théâtrale est là et bien là, et, au milieu de l’offre surabondante de ce début de saison 2013-2014, j’ai choisi de redonner une chance au Théâtre de l’Œuvre, après avoir boudé sa programmation durant toute une année après un changement radical du type de pièces programmées. Un titre inspirant – « et jamais nous ne serons séparés » – Ludmila Mikaël au casting, un pitch bien construit, tout cela m’a rendu curieuse. Et puis, cette salle que j’aimais beaucoup auparavant me manquait, c’était l’occasion de la retrouver.

Une rude semaine dans les pattes, me voici donc, en ce vendredi soir, installée au balcon pour découvrir ce spectacle dont je ne sais finalement pas grand-chose. Le résumé auquel je viens de me référer disait en effet ceci : « Une femme attend un homme qu’elle aime, qui n’est maintenant plus là. Elle cherche une issue à son absence, pour continuer à vivre, malgré tout. Une pièce énigmatique qui nous invite aussi à rire de notre maladroite humanité ». En attente, mais sans savoir de quoi. Juste d’un bon moment sans doute. Ou de me changer les idées.

Et puis, le miracle se produit. Celui qui n’arrive pas tellement souvent. Je me trouve happée, captée, émue, totalement prise par ce qui se passe sur scène. D’où le commentaire que je vous livre à peine 2 heures après en être sortie alors que j’aime bien laisser passer un peu de temps avant de « critiquer » les spectacles. Pour garder et transmettre ce sentiment-là. Celui de la solitude, de l’espoir, de l’envie d’aller de l’avant, de la difficulté à le faire. Joliment mis en mots. Magnifiquement mis en scène. Dès les premières phrases, j’ai l’impression que quelque chose se passe, que ce moment va être unique. Et en effet, pendant 1h40, je me sens bien. Touchée surtout. Comme connectée à ces 3 personnages que l’on va voir sur scène. A la façon dont ils s’accrochent à leur attente d’un avenir qui change. A la manière aussi dont ils se décrochent, des autres et d’eux-mêmes. A l’humour tendre qui passe dans leurs mots, malgré les doutes, malgré leurs solitudes. Tout cela est beau. Comme une fresque. Et je trouve tout magnifique. Cette volonté de croire en un lendemain meilleur. Lire la suite

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