Femme de chambre

2 Sep

femme 1

Après six semaines de semi-abstinence pour causes variées (festivals, vacances, fermetures saisonnières), le monde du spectacle vivant reprend ses marques dans la capitale. Et pour cette nouvelle saison, je me permets de tricher un peu et de vous présenter une pièce vue en tournée pendant mes vacances (selon un principe fameux un peu revisité : si le théâtre ne viens pas à toi, tu iras vers le théâtre). Il s’agit de « Femme de chambre », adapté d’un roman allemand écrit par Marcus Orths (ne vous inquiétez pas, il s’agit juste d’une précision, si vous ne connaissez pas cet auteur, personne ne pourra légitimement vous le reprocher). Récompensée cet été lors du prix créé par le Théâtre 13, cette pièce contemporaine revient donc pour trois dates à la Maison des Métallos.

L’histoire en elle-même est relativement simple. Lynn, une jeune femme apparemment ordinaire, sort de l’hôpital psychiatrique (il ne sera pas précisé la raison de son séjour) et se fait embaucher comme femme de chambre dans l’hôtel dirigé par son ex-petit ami (lequel en profite de temps à autre pour glâner un petit avantage en nature de la demoiselle). Lynn est un personnage un peu déboussolé. Comme tous ceux qu’elle croise d’ailleurs. Elle s’ennuie, elle souffre de n’avoir rien à espérer, elle se cherche des occupations et des objectifs. En attendant, elle fait preuve d’un zèle peu commun pour tuer le temps, allant même jusqu’à nettoyer les chambres non réservées.

Curieuse, elle fouine dans les sacs des hôtes. Un jour, cédant comme parfois à la curiosité, elle entend les clients qui vont rentrer dans la chambre, et, dans la panique, se cache sous le lit. Ce sera le début d’un nouveau rituel qu’elle répétera tous les mardi. C’est aussi comme ça qu’elle fera la connaissance de Chiara, prostituée de luxe venue gâter un de ses clients. Et qu’elle aura recours à ses services tous les samedi. Le jeudi, coups de téléphone à sa mère, femme seule et souffrante qui n’a jamais vraiment pris le temps d’écouter sa fille qui désormais lui manque. Le vendredi, visite inutile au psy.

Petit à petit, cette existence se meuble de ces moments qu’elle attend, sans pour autant masquer le vide qui y demeure. Juste des palliatifs pour tenir, s’accrocher à quelque chose, pour continuer à vouloir se lever le matin. Sarah Capony, l’interprète de Lynn et également metteur en scène, est incroyable dans ce rôle qui lui a d’ailleurs valu le prix de la révélation féminine au Palmarès du Théâtre 2013. Hélène Viviès, qui joue Chiara, est également impressionnante dans ce rôle qui ne laissera sûrement pas ces messieurs indifférents. Les autres personnages, bien que secondaires, sont également très justes, apportant de la fraîcheur et de l’humour dans cet univers plutôt médiocre. Une très belle prestation d’ensemble, qui vaut sans hésiter le déplacement.

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