Et jamais nous ne serons séparés

14 Sep

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La rentrée théâtrale est là et bien là, et, au milieu de l’offre surabondante de ce début de saison 2013-2014, j’ai choisi de redonner une chance au Théâtre de l’Œuvre, après avoir boudé sa programmation durant toute une année après un changement radical du type de pièces programmées. Un titre inspirant – « et jamais nous ne serons séparés » – Ludmila Mikaël au casting, un pitch bien construit, tout cela m’a rendu curieuse. Et puis, cette salle que j’aimais beaucoup auparavant me manquait, c’était l’occasion de la retrouver.

Une rude semaine dans les pattes, me voici donc, en ce vendredi soir, installée au balcon pour découvrir ce spectacle dont je ne sais finalement pas grand-chose. Le résumé auquel je viens de me référer disait en effet ceci : « Une femme attend un homme qu’elle aime, qui n’est maintenant plus là. Elle cherche une issue à son absence, pour continuer à vivre, malgré tout. Une pièce énigmatique qui nous invite aussi à rire de notre maladroite humanité ». En attente, mais sans savoir de quoi. Juste d’un bon moment sans doute. Ou de me changer les idées.

Et puis, le miracle se produit. Celui qui n’arrive pas tellement souvent. Je me trouve happée, captée, émue, totalement prise par ce qui se passe sur scène. D’où le commentaire que je vous livre à peine 2 heures après en être sortie alors que j’aime bien laisser passer un peu de temps avant de « critiquer » les spectacles. Pour garder et transmettre ce sentiment-là. Celui de la solitude, de l’espoir, de l’envie d’aller de l’avant, de la difficulté à le faire. Joliment mis en mots. Magnifiquement mis en scène. Dès les premières phrases, j’ai l’impression que quelque chose se passe, que ce moment va être unique. Et en effet, pendant 1h40, je me sens bien. Touchée surtout. Comme connectée à ces 3 personnages que l’on va voir sur scène. A la façon dont ils s’accrochent à leur attente d’un avenir qui change. A la manière aussi dont ils se décrochent, des autres et d’eux-mêmes. A l’humour tendre qui passe dans leurs mots, malgré les doutes, malgré leurs solitudes. Tout cela est beau. Comme une fresque. Et je trouve tout magnifique. Cette volonté de croire en un lendemain meilleur. Cette lutte contre la douleur des situations. Cette pudeur impudique qui laisse transparaître ce qui se cache derrière les apparences. Cette allégorie de la situation de nombre de gens qui dans nos sociétés vivent si seuls, même lorsqu’officiellement il y a deux noms sur la boîte aux lettres.

Je précise que chacun y voit ce qu’il veut y voir. Car c’est une pièce réellement atypique. Qui ne peut pas plaire à tous. Et surtout dont le sens n’est pas forcément clair. Pour autant que j’ai été marquée par ce que j’ai vu, je ne pense pas avoir réellement tout compris. Et en même temps, il me semble que c’est une force de cette écriture et des partis pris de l’interprétation, de laisser planer le flou sur le véritable sens de qui est qui et pourquoi il est là ou il est parti. Il est évident que beaucoup de spectateurs en ont été gênés et n’ont pas apprécié leur soirée. Pour ma part, j’ai apprécié cette expérience de ne pas chercher un sens véritablement logique pour ne me concentrer que sur ces trois personnes qui se trouvent sur scène. Par ce qu’elles sont avec l’autre et par ce qu’elles deviennent sans l’autre. Comme le dit si joliment Ludmila Mikaël juste après son entrée, « sans les autres, je ne suis rien ».

Je vous laisse décider seuls de si vous souhaitez tenter l’expérience ou si le risque vous paraît trop grand. Et je vous souhaite si vous y allez de ressentir la même force qui m’a tenue en haleine du lever du rideau au salut final !!

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