Le Misanthrope

14 Sep

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Pour changer un peu de mes habitudes théâtrales et après une cure intensive de théâtre contemporain durant l’été, j’ai décidé dimanche dernier de rentrer dans les sentiers battus pour aller voir le Misanthrope de Molière. Une occasion aussi de refaire ma culture, car j’avoue avec une (très légère) honte que je n’avais pas lu ce « classique », un peu à part dans l’œuvre du Grand Poquelin dans la mesure où il ne s’agit pas d’une comédie. Exit donc les Scapin et les Monsieur Jourdain, place à Alceste et à Célimène, tous deux porteurs d’une noirceur certaine.

Et qui mieux pour incarner Alceste qu’Arnaud Denis, jeune étoile montante du théâtre français, qui, sans être « bankable » comme les stars d’Hollywood, commence à avoir sa petite notoriété ? Alceste donc, qui se plaint à son ami Philinte de la fausseté des hommes, de leurs petits arrangements, et refuse toute hypocrisie, préférant dire ou entendre des vérités cruelles que de se compromettre dans l’art de mettre les formes ou de se montrer diplomate. Sauf lorsqu’il s’agit de Célimène, jeune femme coquette et courtisée de tous, se jouant des uns et des autres sans se décider pour aucun.

Alceste entrera en conflit avec Oronte (excellent Stéphane Ronchewski), lui aussi amoureux de la belle et venu lui demander de juger son sonnet, qu’il descend en flèches en quelques phrases assassines. Se mêlent à l’intrigue deux marquis courtisant également Célimène, et Eliante, jeune femme sensée et aimant Alceste, lui servant de faire-valoir, étant la voix de la raison féminine là où Philinte fait résonner le bon sens chez les hommes. Disputes, coups bas, beaux et vils sentiments, questionnements intérieurs, échanges passionnés, tous les ingrédients du tragique sont réunis ici, avec bien sûr la finesse et l’humour auxquels Molière nous a habitués dans ses farces sociales.

La mise en scène de Michèle André sonne très justement, misant sur la sobriété et laissant toute la place au travail d’interprétation. Seuls les très beaux costumes peuvent distraire le spectateur de ce qui se trame sur les planches de cette très jolie salle qu’est la Cigale. Pour le reste, on se laisse porter durant les deux heures par toutes ces déclarations et querelles qui fascinent par leur caractère encore très actuel, preuve que si la science fait des progrès, la nature des Hommes reste identique lorsqu’il s’agit de doutes et de sentiments.

Gageons que cet excellent spectacle joue les prolongations au-delà du 19 septembre pour que davantage de spectateurs puissent en profiter.

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