Archive | septembre, 2013

Dire ce que l’on ressent

9 Sep

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Il y a quelques jours, je posais la question de dire ou ne pas dire aux gens ce qui nous brûle la langue lorsqu’on les voit ou qu’on les écoute parler. Ce soir, je poursuis sur la question de la franchise suite à une discussion enfiévrée en fin de journée autour d’un verre avec deux hommes (des amis, n’allez pas penser à mal). L’un des protagonistes se plaignait d’une femme le poursuivant de ses assiduités, malgré les signaux de non réceptivité qu’il disait lui avoir envoyés. L’autre estimait également qu’éconduire la dame par des biais détournés constituait sans nul doute la meilleure solution. Là, malgré les bonnes manières que l’on m’a inculquées selon lesquelles une demoiselle se doit de rester douce et discrète, mon caractère prit le dessus et j’intervins prestement pour condamner assez vivement ce comportement. Je le dis alors tout de go, pour moi la meilleure réponse à ces empressements était d’y couper court en disant simplement à l’intéressée que ses élans n’étaient pas partagés. Mais les deux sieurs me faisant face, décidément d’accord, me répliquèrent que s’ils choisissaient cette solution, la belle en souffrirait. Certes, j’en convins, tout en soulignant qu’il était inévitable qu’elle éprouve de la déception si le sieur tant apprécié ne l’aimait pas en retour, et qu’une formule directe ou détournée ne changerait rien à ce fait. Mon argumentation dut être peu convaincante, car je vis clairement qu’ils ne démordraient pas de leur position. Je n’insistai donc point, renouant en cela avec la savoir-vivre hérité de mon éducation.

Au-delà de l’anecdote, que vous jugerez ou non plaisante, j’ai donc eu envie d’évoquer cet aspect de la franchise, qui consiste à dire, avec diplomatie mais pour autant sans fard, son véritable ressenti à ceux et celles que l’on apprécie. Peut-être aussi ma prose est-elle liée au fait que lorsque j’ai une idée, je n’en démords que difficilement, et que, n’ayant pas réussi à convaincre mes amis, je fais de vous mes nouveaux cobayes, allez savoir… Lire la suite

La vie de Galilée

5 Sep

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A voir l’affiche, la vie de Galilée selon Bertolt Brecht, j’aurais aisément pu prendre peur. Certes, c’est la rentrée théâtrale et donc l’occasion de se frotter à des pièces un peu ambitieuses, mais tout de même. Seulement, pour avoir déjà fréquenté un peu le Lucernaire, je savais déjà qu’ils n’y programment pas de spectacles de 4 heures (la durée de la pièce de Brecht dans son intégralité). Et qu’ils programment des pièces sérieuses, mais veillent à ce qu’elles restent accessibles à tous les publics.

Me voici donc installée sur un des bancs, confortablement, à attendre d’en apprendre un  peu sur la vie de ce grand savant dont je sais très peu de choses. Et au lieu d’une biographie scientifique, débarque la compagnie du grand soir, telle une bourrasque de fraîcheur et de bonne humeur dans cette petite salle intime. Un guitariste, 4 comédiens et une comédienne qui viennent dépoussiérer la vie des planètes et les théories du célèbre savant incarné par l’excellent Régis Vlachos. Des répliques qui fusent, de la chanson, des accords de guitare, une galerie de personnages hauts en couleurs qui tournent chacun plus ou moins longtemps autour de l’illustre observateur de la vie des étoiles et des planètes. Lire la suite

Femme de chambre

2 Sep

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Après six semaines de semi-abstinence pour causes variées (festivals, vacances, fermetures saisonnières), le monde du spectacle vivant reprend ses marques dans la capitale. Et pour cette nouvelle saison, je me permets de tricher un peu et de vous présenter une pièce vue en tournée pendant mes vacances (selon un principe fameux un peu revisité : si le théâtre ne viens pas à toi, tu iras vers le théâtre). Il s’agit de « Femme de chambre », adapté d’un roman allemand écrit par Marcus Orths (ne vous inquiétez pas, il s’agit juste d’une précision, si vous ne connaissez pas cet auteur, personne ne pourra légitimement vous le reprocher). Récompensée cet été lors du prix créé par le Théâtre 13, cette pièce contemporaine revient donc pour trois dates à la Maison des Métallos.

L’histoire en elle-même est relativement simple. Lynn, une jeune femme apparemment ordinaire, sort de l’hôpital psychiatrique (il ne sera pas précisé la raison de son séjour) et se fait embaucher comme femme de chambre dans l’hôtel dirigé par son ex-petit ami (lequel en profite de temps à autre pour glâner un petit avantage en nature de la demoiselle). Lynn est un personnage un peu déboussolé. Comme tous ceux qu’elle croise d’ailleurs. Elle s’ennuie, elle souffre de n’avoir rien à espérer, elle se cherche des occupations et des objectifs. En attendant, elle fait preuve d’un zèle peu commun pour tuer le temps, allant même jusqu’à nettoyer les chambres non réservées.

Curieuse, elle fouine dans les sacs des hôtes. Un jour, cédant comme parfois à la curiosité, elle entend les clients qui vont rentrer dans la chambre, et, dans la panique, se cache sous le lit. Ce sera le début d’un nouveau rituel qu’elle répétera tous les mardi. Lire la suite

Les mots me manquent

1 Sep

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Les mots se sont installés au cœur de mon existence,

Ils apparaissent pour en faire jaillir l’essence,

Leur présence aide à expliciter le sens,

De chaque joie ou peine, de chaque expérience.

Mais parfois les mots s’échappent,

De temps à autre l’émotion les happe,

Il ne sert à rien alors d’invoquer leur retour,

Lorsqu’envahis par les sentiments ils sont partis faire un tour.

Devant certains évènements ma pensée en effet louvoie,

Me laissant désespérément sans voix,

Frappée par la violence de ce qui se déroule sous mon regard,

Heurtée par des phrases atroces prononcées d’un air hagard.

J’aimerais tant alors trouver LA bonne réplique,

Avant que la laideur à nouveau ne me pique

De cette méchanceté acerbe et gratuite

Devant laquelle la seule issue sera finalement la fuite.

Mais même en m’éloignant de ces personnes atroces,

Qui ne conçoivent la vie qu’en se montrant féroces,

Le désordre provoqué en moi par la cruelle scène

Ne cesse de me trotter dans la tête, obscène.

Après cette agression, je cherche à évacuer la douleur,

Me défouler, crier, laisser sortir mes pleurs,

Surtout ne pas chercher à enterrer ma peine,

Au risque qu’un jour elle irrigue toutes mes veines.

Garder pour soi ses souffrances parce qu’on ne sait pas les exprimer

Conduit à agir comme un opprimé et à trop se renfermer,

A défaut de savoir les nommer je préfère les laisser déborder,

Pour pouvoir revenir à de saines idées.

Lorsque survient enfin ce bienheureux moment,

Celui d’un authentique apaisement,

Les lettres se rassemblent pour former de belles phrases

Faisant définitivement du passé table rase.

C’est alors que se rouvre une période sereine,

Où la joie de nouveau devient reine.

Mais là aussi les mots peuvent me manquer

Au fond de mon palais ils peuvent rester bloqués.

Lorsque je contemple un beau coucher de soleil,

Et que toutes ces couleurs mêlées m’émerveillent,

Quand je découvre une rue ou un bâtiment fantastique,

Ou lorsqu’avec un être aimé je partage des minutes magiques.

Dans ces temps suspendus que je voudrais éternels,

Où le silence sublime cet instant passionnel,

Décrire ce que je ressens n’a que peu d’importance,

L’essentiel est pour moi de savourer ma chance,

En souriant et gravant ce souvenir dans ma mémoire,

Ce bonheur qui sera décisif dans mon histoire.

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