Ring

23 Oct

Ring

L’affiche théâtrale de cet automne étant particulièrement fournie, la tête me tourne et je vogue de spectacle en spectacle, avec une envie d’en voir trois fois plus. Mais il faut bien faire des choix. Et il y a quelques jours, le mien s’est porté sur Ring. Par hasard et par curiosité. Attention, il ne s’agit pas d’un spectacle sur Mike Tyson Muhammad Ali. Il s’agit plutôt de rejouer les regards, la synchronisation, la concentration des conjoints/amants/partenaires l’un vis-à-vis de l’autre, et puis ces moments qui arrivent malheureusement où l’un dit un mot de trop ou fait un geste de travers qui va atteindre l’autre de plein fouet et le mettre KO en un round. Si l’on reprend le pitch exact, c’est une pièce dans laquelle « Audrey Dana et Sami Bouajila, entre étreintes et uppercuts, pulvérisent avec une énergie euphorisante nos certitudes sur le couple ».

Et en effet pulvériser, c’est le mot. Parce que pour tout dire, il y a beaucoup de laideur derrière ces scènes. Qui se cache derrière l’esthétique parfaite de la mise en scène de Catherine Schaub. Parce qu’il faut le dire, le décor est simple mais pas simpliste, le travail d’image et son est doré à l’or fin, avec un travail de projection d’images fixes ou en mouvement et une musique bien trouvée, qui participent pleinement à faire monter la tension dans les moments clé et à introduire un peu de romantisme dans d’autres.

Mais derrière la forme, le fond est noir. La détestation à laquelle peut conduire l’usure des années au sein de couples qui ne communiquent pas, le côté moche du mari infidèle qui voudrait sa maîtresse fidèle, l’hystérie à laquelle peut conduire l’envie de faire comme si on s’aimait, le malaise de la séparation après un « coup d’un soir ». Tout cela est montré sans voyeurisme, sans aucune violence même, mais ça n’en rend les choses que plus fortes. Tout se joue dans ces intentions bien placées, cette simplicité avec laquelle on peut blesser, sans même hausser le ton, cet humour féroce qui vous terrasse en un seul coup. Et puis aussi, heureusement, ces belles choses, ces déclarations impromptues, ces névroses soudaines que l’autre arrive à calmer de sa voix rassurante, cette folie de tout plaquer pour quelqu’un qu’on aime en secret depuis longtemps quand on découvre que ce sentiment est partagé…

Pendant 1h30 donc, on ne s’ennuie pas une seconde dans ce match en tableaux. Et on en ressort en se promettant de ne mettre tout en œuvre pour ne jamais en venir à vivre une histoire dont le cynisme acerbe serait constitutif.

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