Archive | novembre, 2013

Lettre à Monsieur B.

30 Nov

Après avoir suivi les consignes de jeux d’écriture de mes camarades, j’ai décidé à mon tour d’en initier un. La consigne : chacun indiquait à l’autre un personnage, connu ou non, à inclure dans son histoire. Le mien a été donné par Princessepepette. Et pour retrouver tous les autres récits, je vous invite à cliquer sur les liens des participants (que j’actualiserai au fur et à mesure) : Rien à redireMiss Thé Rieuse, SohanKalim, Venise, Gregatort et La Fraise Cinnamon.

Vienne, le 4 janvier 1802,

Monsieur B,

Je suis fort fâché d’avoir à vous écrire, d’autant que je ne vous connais pas, mais la situation l’impose. Depuis l’été dernier, j’ai en effet observé une étrange mélancolie s’emparer de ma sœur Giulietta. J’ai au départ naïvement attribué cet état à notre départ pour notre résidence d’été, la privant des plaisirs de la vie mondaine qu’elle commençait tout juste à découvrir. Mais la jovialité qui la caractérisait tant jusque-là ne revint pas à notre retour. Je l’observais souvent, le visage froid, ses pensées semblant voguer ailleurs. L’automne et son lot de fêtes la distrayaient mais ne lui rendaient pas son rire si profond et chaleureux qui résonnaient encore quelques mois plus tôt dans toute la maison.

C’est alors que je commençai à l’entendre souvent jouer au clavier cette sonate que vous connaissez bien, l’air mi-triste mi-rêveur. Lorsque je l’interrogeai au sujet de cet air, elle me répondit simplement que c’était une de vos compositions que vous aimiez à donner en exercice à vos élèves, pour les familiariser à des répertoires épurés donnant toute leur place à l’interprétation. Vous constaterez par ces propos que je vous relate avec quel aplomb ma sœur, du haut de ses tout juste dix-sept années, est déjà capable de mentir à son frère aîné, autrefois son confident attitré. Toujours est-il que je crus à son explication et ne creusai pas davantage dans cette direction, cherchant plutôt à la distraire et à faire passer cette gravité que je craignais de ne voir s’installer en elle. Lire la suite

Manager, une vraie fonction

28 Nov
Crédits : photo-libre.fr

Crédits : photo-libre.fr

Cela fait déjà quelque temps (trop à mon goût) que je ne vous ai pas entretenu sur le monde de l’entreprise. Vous l’aurez sans doute compris pour ceux qui ont lu mes précédents articles sur le sujet, ce qui s’y passe m’intéresse pour de multiples raisons qui mériteraient un article à elles seules. Cela dit, ce n’est pas de cela que je souhaite parler ce soir mais de management et de managers. Parce que le système actuel, en tout cas en France, est catastrophique. Combien d’entre nous ne se plaignent pas au moins une fois par semaine de leur(s) manager(s) ? Les « mon n+1 est un connard » ou « mon n+2 n’écoute rien » sont légion aujourd’hui, et rien ne semble hélas présager d’une amélioration. Certes, nous avons cette mentalité de râleurs qui nous fait cracher facilement les uns sur les autres, et là le manager est une cible toute désignée, même si globalement, nous n’en sommes pas non plus trop mécontents (un conseil, si vous êtes franchement contents de votre n+1, faites-le lui comprendre ça l’encouragera à rester). Pour autant, il existe un vrai problème avec le système tel qu’il est pensé.

Déjà ce terme de manager que l’on emploie parce que tout simplement c’est un concept qui ne semble pas être français. Penchons-nous donc sur sa traduction. Littéralement, « to manage » signifie gérer. Le manager serait donc un gestionnaire. On sent bien qu’il manque là quelque chose, si l’on considère que sa tâche est simplement de veiller à gérer ce qui constituerait son actif, à savoir un certain montant de ressources financières et un certain volume d’heures de travail en vue d’obtenir une production. Il manque là la dimension relationnelle du poste. Essayons maintenant avec ce fameux N+1/1,5/2/2,5 etc. (oui, nous aimons beaucoup les échelons hiérarchiques en France). Donc N représente le ou les individu(s) situé(s) sur le même palier que vous, et au palier du dessus, vous avez les +1, les +1,5 etc., ce qui fait que le manager devient un « homme banal » qui est posté à l’entresol, sur la mezzanine ou à l’étage du dessus. Bref qu’il n’est pas votre voisin et que pour lui parler il faut sonner à la porte. Ça ne dit pas grand-chose de son rôle non plus, mais il a certainement une vue plus agréable que la vôtre depuis son bureau. Lire la suite

Doute

24 Nov

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Contrairement à ce que le titre pourrait suggérer, la pièce Doute est incontestablement l’un des spectacles de la saison à aller voir sans hésitation. Portée à l’écran en 2008 avec Meryl Streep et Philip Seymour Hoffman, cette pièce de John Patrick Shanley met en scène la manière dont l’étau se resserre sur le père Flynn, aumônier de l’école et entraîneur de basket, soupçonné de pédophilie par la directrice, la sœur Aloysius.

Pour confirmer ses soupçons, sœur Aloysius, interprétée avec un talent peu commun par Josiane Stoléru, demande à sœur James, jeune enseignante à l’âme romantique, de surveiller les agissements du bon père Flynn. Lire la suite

Fin d’un amour

24 Nov

Nouveau jeu d’écriture avec cette semaine une consigne donnée par Venise : écrire un texte ayant pour premiers mots « Tout a commencé au printemps dernier ». Vous pouvez lire son texte, ainsi que les versions de Gregatort, Rien à redirePrincessepepette, Je suis aussi, Miss Thé Rieuse et La Fraise Cinnamon.

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Tout a commencé au printemps dernier. En avril. Mi-avril pour être plus précis. La lassitude le gagna. Il s’était pourtant montré très patient envers elle, redoublant d’attention devant ses plaintes répétées. L’année précédente avait été difficile, elle avait perdu son grand-père, avait été entraînée dans de sordides calculs d’héritage qu’elle avait très mal vécus, et pour couronner le tout avait vu le projet sur lequel elle travaillait depuis six mois mis à l’index au profit d’une « brillante idée » d’un jeune requin tout frais émoulu d’une école à racleurs (raclures ?) de parquet. Il avait donc compris son chagrin, son dépit, sa tension, et avait tout fait pour lui rendre la vie plus facile. Il l’avait même encouragée et aidée à changer de poste, pour prendre un nouveau départ. Et puis ils avaient fait ce beau voyage au mois de janvier en Alaska, une destination qu’elle rêvait de découvrir depuis très longtemps.

Mais elle relevait à peine toute l’énergie qu’il déployait pour lui faire retrouver son sourire d’antan, et devenait aigrie, trouvant sans cesse des choses à redire sur tout, y compris sur lui. Plusieurs fois, il tenta de la secouer un peu pour la faire réagir, mais elle restait enfermée dans son attitude critique et froide. Le soir, elle allait se coucher sans lui prêter aucune attention, le week-end elle préférait sortir sans lui ou le laisser seul respirer l’air pur de la forêt voisine ou profiter des évènements culturels. Arrivé au printemps, il se sentait donc totalement désarmé. Il avait parlé à ses amis, à sa famille, pour savoir si elle leur semblait souffrir de quelque chose, si avec eux aussi elle se comportait de cette manière, mais ils n’avaient rien remarqué de particulier.

C’est donc là qu’il se lassa. Il tenait toujours à elle, mais il avait épuisé toutes ses ressources. Il lui avait témoigné tout l’amour dont il était capable et elle n’avait de cesse de le rejeter. Lire la suite

Nuit gravement au salut

22 Nov

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Je suis parfois une sacrée chanceuse. Et il se trouve que ce soir était un de ces « parfois » qui ont un goût de Saint-Estèphe un soir de Beaujolais Nouveau. J’ai eu la chance, que dis-je la chance, l’honneur, le bonheur, le privilège d’assister à l’une des deux représentations de Nuit gravement au salut, une pièce qui s’admire avec des yeux qui brillent autant que devant la vitrine du joaillier de Beers. Donc je ne peux que me désoler pour vous, vous avez raté ça et vous devrez vous contenter de mes impressions et de vos yeux pour pleurer. Cela dit, comme je ne tiens pas à être accusée de cruauté aggravée, je vous annonce que la fine équipe de ce spectacle a annoncé ce soir qu’une programmation parisienne allait vraisemblablement voir le jour en 2014. Je le souhaite donc sincèrement (pour eux et pour vous).

L’histoire, simple en elle-même, est donc celle d’un éditeur, Victor Potier, qui invite une jeune auteur talentueuse, Léa Belmont, à dîner dans un prestigieux restaurant dans l’objectif de monnayer la signature de son contrat contre prestation sexuelle. Lire la suite

Trouver l’énergie

20 Nov

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Aujourd’hui, j’ai décidé, pour varier un peu les plaisirs, d’écrire sur un sujet plus personnel qu’à l’accoutumée. Certains d’entre vous le savent, ou l’ont deviné à travers mes écrits, je ne suis pas du genre à traînasser des heures sur le canapé, ni à me coucher tous les soirs à 21h30 ou 22h, week-ends compris. Au contraire, j’aime profiter au maximum de chaque journée, et je continue à plaider activement, comme d’autres personnes, pour une réforme du temps quotidien hélas bien insuffisant pour tout ce que l’on aimerait y faire.

En résumé, entre la partie métro-boulot et la partie dodo, il y a un temps qui doit pouvoir servir à autre chose qu’au repas, à la douche et à la lecture distraite de 3 pages de bouquin avant de rejoindre les bras de Morphée (bras que je n’aime pas spécialement, compte tenu de l’ultra-polygamie du monsieur, soit dit en passant). Le week-end idem, pas question de s’affaler en jogging devant les rediffusions d’émissions de seconde zone. Lire la suite

Gros-Câlin

20 Nov

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Avant le week-end dernier, je ne connaissais Romain Gary que de nom. Je le savais apprécié de nombre de mes congénères (surtout masculins d’ailleurs, sans que je ne comprenne bien pour quelle raison) et surtout l’un des grands noms de la littérature française. Aussi, lorsque j’ai vu que l’occasion m’était offerte de le découvrir au théâtre, ma curiosité envers cet auteur m’a conduite droit sur les bancs (enfin les fauteuils) du Théâtre de l’ Œuvre, pour assister à cette adaptation de Gros-Câlin, qui n’est pas précisément son titre le plus connu, en tout cas sont j’ai entendu moins souvent prononcer le titre que « La vie devant soi » ou « La promesse de l’aube ».

Enfin passons sur ce petit point littéraire pour nous plonger dans ce décor, aux couleurs du véritable héros de l’histoire, Gros-Câlin, charmant python de 2m20 adopté par Michel Cousin lors d’un voyage en Afrique. Lire la suite

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