Bobby Fischer vit à Pasadena

1 Nov

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Ce soir, je vous parlerai d’un spectacle qui n’est plus programmé. Emploi du temps chargé oblige, je n’ai hélas pas eu le temps de poster mes impressions à temps pour vous inciter à y aller. Mais avec un peu de chance, il connaîtra peut-être un prolongement ailleurs en France. Son passage au Théâtre de la Tempête en ce début d’automne était d’ailleurs déjà une reprise après sa création au Théâtre de Sartrouville en 2012.

Ce spectacle, c’est donc Bobby Fischer vit à Pasadena, un titre qui ne pouvait  être trouvé que par un Suédois, Lars Norén de son nom. Le public est donc disposé tout autour du plateau pour assister à ce huis clos familial remarquable. Le cadre est donc la maison d’une famille aisée revenant d’une séance au théâtre. Le salon plus précisément, large pièce ouvrant de nombreuses possibilités en termes de placement et d’interactions entre les personnages. Et puisque l’on en parle, il est temps d’en venir à ces fameux caractères par lesquels tout se joue : le père, démagogue avec ses enfants mais passablement lâche ; la mère, femme dévouée mais frustrée qui se consacre à son garçon ; ledit garçon, jeune adulte psychotique sortant tout juste du centre où il était jusque-là gardé ; la fille, rebelle alcoolique n’ayant jamais pu se relever après la mort de sa petite fille.

La seule présentation de ces 4 membres de la famille suffit déjà à laisser entrevoir le potentiel de névroses qui vont pouvoir s’exprimer durant les 1h45 que dure la pièce. La configuration des sièges fait ainsi que l’on se trouve directement plongés au milieu de ces efforts de faux-semblants d’amabilité du début, et puis de ce va-et-vient permanent entre altercations et moments de calme. La force de la pièce, c’est la capacité des comédiens à aller chercher les limites de ceux qu’ils incarnent, tant dans l’énergie que dans la psychologie, sans tomber dans la caricature.

Grâce à cet extraordinaire travail, on croit à tout. Aux promesses de la fille qu’elle ne touche plus à une bouteille alors que la pièce fera bien voir qu’il n’en est rien. A l’empathie du père qui n’est en fait ¨soucieux que des apparences et finalement assez peu des autres, à commencer par sa femme. A la violence du fils envers sa mère qui est telle que ça en devient glaçant, voire carrément flippant (vous me passerez le terme). Et puis à cette mère dévouée, active, capable de tout gérer, qui cache sa souffrance d’être délaissée par son mari et plus ou moins enfermée dans un dévouement forcé envers son fils. C’est d’ailleurs elle qui porte le plus tout ce petit monde. Elle qui au départ passerait pour une mondaine orgueilleuse s’avère au final la plus subtile et normale des 4. Et puis, il y a la prestation extraordinaire de la fille, sa capacité à faire la gueule, à jubiler d’un coup, à lancer sa colère à la face de tous puis à sombrer dans la mélancolie. C’est la seule qui saura finalement reconnaître les qualités de sa mère.

Sans en dévoiler davantage, cette pièce, c’est comme un tour de manège dans tout ce qui fait la laideur, mais aussi la beauté de cette entité essentielle que l’on appelle famille.

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