La visite

1 Déc

LA-VISITE-v8

De Victor Haïm, j’avais déjà vu (par pur hasard) La Valse du Hasard et La femme qui frappe, deux pièces qui m’avaient positivement marqué. Lorsque j’ai appris que le théâtre du Nord Ouest comptait « la visite » dans sa programmation, j’ai eu envie de poursuivre ma découverte de cet auteur prolifique. Une occasion également de redécouvrir ce lieu chargé d’histoire, caché au fond d’une courette sur les grands boulevards, qui fut d’abord un cabaret où se produisit notamment Edith Piaf, avant sa reconversion en cinéma dans les années 1950, puis club de rock au début des années 1990, avant de trouver son usage actuel en 1997.

Me voilà donc, un dimanche soir, dans l’une des salles de spectacle, avec une configuration originale puisque les bancs sont placés face à l’espace scénique et également de chaque côté, entourant les acteurs. Nous découvrons donc Viviane Lehrbaum-Dumas, neuro-psychiatre, s’apprêtant à quitter son cabinet pour rejoindre des amis pour dîner. Après 2 ou 3 interruptions téléphoniques, la voilà fin prête à partir lorsqu’entre un homme qui dit s’être endormi dans la salle d’attente et insiste pour être reçu, devant quitter la ville le lendemain.

Dès le départ, cet homme l’intrigue, véhiculant quelque chose de gênant et étrange. Il refuse en plus de lui donner le motif de sa présence au cabinet. Au départ aimable, notre médecin cherche donc ensuite à l’expédier afin de pouvoir quitter son cabinet, lui proposant de revenir à son prochain passage dans la ville. Mais lui souhaite réellement parler ce soir-là et aucun autre. Son insistance finit par la convaincre d’annuler sa soirée.

Et c’est à ce moment que l’étau se resserre autour d’elle. De simplement incohérent et insistant, l’homme va devenir sanguin et manipulateur, montant progressivement dans la violence, se riant de ses tentatives pour cerner son profil psychologique. Et malgré tout l’aplomb de cette femme, toute son expérience également, elle se verra la proie d’un jeu machiavélique dont les deux personnages sortiront blessés et exténués.

Cette pièce vaut beaucoup par le jeu d’Emmanuel Nakach, qui joue l’homme, et qui par la puissance de sa conviction porte en quelque sorte sa partenaire de jeu, Isabelle Erhart, que l’on sent souvent plus hésitante dans les moments où lui est plus calme. Un jeu qui malgré tout ne semble pas toujours technique maîtrisé dans les gestes que l’on sent réellement violents, mais qui a le mérite de renforcer la crédibilité des scènes. Et à travers les dialogues et les jeux de chacun pour garder ou reprendre l’ascendant sur l’autre, l’écriture invite à une réflexion sur le pouvoir du mental, à la fois en termes de manipulation et de résistance, et aussi sur ce qui rend réellement fragile l’être humain. Avec suffisamment d’humour pour alléger les tensions inhérentes à la situation. On ne ressort pas entièrement indemnes de cette heure passée en compagnie de ces deux personnages… et tant mieux !

Plus d’infos :

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2 Réponses to “La visite”

  1. kxxyyxlgb@live.com 1 décembre 2013 à 19:53 #

    n’as-tu pas eu du mal été gêné par le changement au niveau des « points » de focus?

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