Rendez-vous à 19h48

7 Jan

Parce qu’on ne change pas une team écriture qui gagne, mais qu’au contraire, on l’agrandit, cette fois, 11 personnes ont collaboré à un texte commun, environ 300 mots pour chacun. 110 doigts et 11 cervelles mobilisées rien que pour votre plaisir. Et pour l’écriture, c’est comme pour la galette des rois, le plus jeune donne le ton. Et j’ai donc eu cet honneur. Vous trouverez donc ma contribution ci-dessous et l’intégralité du texte ici.

Elle était appuyée contre le réverbère, au milieu de la foule qui s’activait à la sortie des bureaux, en ce vendredi d’octobre. Ils semblaient tous pressés, courant vers leur bus ou leur voiture, pestant contre le tram qui venait de partir sans eux. Habituellement, elle ne se lassait pas de contempler ce ballet des travailleurs débutant leur week-end, ces expressions sur leurs visages qui contrastaient tant avec celles qu’ils afficheraient inévitablement 60 heures plus tard, le lundi matin. Elle n’était d’ailleurs souvent pas en reste, appréciant elle aussi ces premières minutes qui suivent la semaine de travail, parfois marquées par la satisfaction du devoir accompli, parfois par un sentiment de soulagement après cinq jours harassants, durant lesquelles la déconnexion se faisait et l’on voguait vers ces deux jours de pause bien mérités.

Mais ce vendredi-là, elle était simplement appuyée au réverbère et elle ne se souciait que très peu de ce va-et-vient incessant. Elle le cherchait simplement du regard. Elle savait qu’il ne serait pas là avant 20 minutes pourtant – il lui avait donné rendez-vous « à 19h48 précises » sur le banc situé à vingt mètres de là – mais c’était plus fort qu’elle, elle le cherchait du regard, on ne sait jamais. Après tout, elle aussi était en avance. C’était tout lui, ça d’ailleurs, de donner un horaire comme 19h48. Pas 19h45 ni 20h, ni même 19h50. Et elle savait qu’il mettrait un point d’honneur à ne se présenter devant ce banc qu’à la minute précise qu’il avait fixée. Mais elle épiait quand même les alentours, au cas où lui aussi, aurait choisi de se poster à 20 mètres « en attendant ». Et si elle ne bougeait pas, ses pensées défilaient plus rapidement que tous ces gens devant elle, à l’idée de cette « révélation » qu’il devait lui faire ce soir.

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