Archive | février, 2014

L’amour est un concerto à quatre mains

27 Fév

Aujourd’hui est un jour symbolique, puisque c’est le 200ème billet que je poste sur le blog. J’aurais pu faire comme si de rien n’était, ou écrire un texte en deux cent mots, en 200 lignes, en 200 phrases. En fait, j’ai préféré mettre l’amour à l’honneur, la relation amoureuse plus précisément. Et de faire parler d’autres que moi sur le sujet. Il y a quelque temps déjà, j’avais demandé une libre participation de qui voulait sur ce à quoi chacun aspirait dans sa relation amoureuse, actuelle pour certains, à venir pour d’autres. Léopoldine, Grégoire, Working Girl et Daniel ont eu la gentillesse de me répondre. Des jolies choses.  Je les ai lues et relues. Et j’ai retenu ce qui m’a touché. J’espère avoir le plus possible respecté leur pensée. Je les remercie vraiment pour ce qu’ils ont livré avec naturel, poésie et simplicité.

Aspirer, c’est réaliser un mouvement vers un idéal. Un idéal qui est lui-même en mouvement. Un mouvement vers souvent plus d’exigence. En partant de cet infime qui fait tout, celui de deux regards qui se croisent. Les yeux se fixent, le cœur bat, un sourire s’esquisse, et l’on comprend que cette attraction est mutuelle. Et l’on se laisse embraser, consumer, tourbillonner dans des étourdissements enivrants.

Les yeux qui clignotent et les papillons dans le ventre, c’est souvent ce par quoi on se fait emporter, adolescent(e), lorsque les choses sont simples ou tout ou moins le paraissent. Plaire ou ne pas plaire, la question est souvent essentiellement celle-là. Prendre l’initiative pour certaines au charme remarqué, attendre comme une « wallflower » d’être remarqué lors du quart d’heure américain pour de jeunes garçons timides lors des premières boums et des soirées qui suivront. Ces premières amours qui se font et se défont plus vite que les mois passent.

Et puis on grandit un peu, on expérimente, on saisit chaque possibilité et l’on s’adapte ensuite. Souvent, ça ne marche guère longtemps. Jusqu’au jour de cette première grande passion qui deviendra plus tard un joli souvenir empreint de nostalgie. Cette relation où l’on s’est tapé dans l’œil, où l’on ne voit plus rien, où il est inutile de se raisonner. Vivre cette folie qui donne des ailes, passer le cap des 3 semaines, des 2 mois, des 6 mois, un peu plus parfois. Comme un tour du monde en Concorde avec atterrissage d’urgence en Argentine. Lire la suite

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Personnes sans personne

23 Fév

Personnes sans personne fait partie de ces pièces à part, trop rares, qui sont de nature à faire bouger les lignes et avancer des réflexions de fond. La pièce traite d’un sujet difficile, celui d’une femme subissant un viol à un arrêt de bus où attendent six autres personnes, sans qu’aucune n’intervienne pour arrêter le violeur. L’exercice est loin d’être facile, pour ne pas tomber ni dans l’insoutenable, ni dans le grossier. Et Julien Rey, auteur et metteur en scène, réussit brillamment cette pièce d’une intelligence et d’une sensibilité rares.

La première partie nous permet de découvrir ces sept personnages. Leur nom, leur histoire, leur personnalité, leurs rapports aux autres et notamment au sexe opposé. Leur vie affective actuelle et passée. Elle pourrait déjà en elle-même constituer une pièce, tant les portraits sont intelligents et bien dressés. Lire la suite

Une porte ouverte sur l’avenir

16 Fév

Ce texte était destiné à un concours littéraire dont j’avais mal lu la consigne. Afin qu’il vive malgré tout, je le livre à votre jugement.

Avant lui, je n’avais connu que des histoires que l’on pourrait qualifier d’ «expériences amoureuses ». Des hommes dont j’étais flattée qu’ils s’intéressent à moi. Qui pour la plupart cherchaient surtout à être vus avec quelqu’un. Ou alors désiraient une personne pour exaucer leurs caprices. Me donnant le choix entre aller au restaurant ou au cinéma mais ayant déjà réservé la séance de 20h de l’UGC de leur quartier, parce que se déplacer dans le mien, une fois le 3ème rendez-vous passé, ça faisait loin. L’expérience est une forme d’apprentissage. Au cours de ces semaines ou mois passés près de ces hommes, j’ai compris qu’ « être avec » Machin ne signifie pas toujours « vivre une relation avec » Machin. Et que la solitude se vit mieux en étant seule qu’avec un autre qui ne vous regarde pas réellement.

Aussi, quand il est arrivé, je ne l’ai pas remarqué. Ou plutôt si. Je le trouvais sympathique, à l’écoute, je l’ai considéré comme un ami. Nous pouvions parler des heures entières sans voir le temps passer. Il se confiait facilement, j’en faisais autant. Pendant un semestre, on se voyait tous les mois et on s’appelait entre deux. Je n’étais pas candide au point de ne me poser aucune question sur ce lien si facile, mais rien de sa part ne semblait montrer d’attirance autre qu’amicale. Et puis, un jour, je me suis tordu le poignet. Le gauche alors que je suis droitière heureusement. Mais malgré tout, un seul poignet valide, c’est handicapant à pas mal de titres. Dès qu’il l’a su, il a voulu m’aider, et j’ai laissé faire. C’est ainsi que tous les samedis, je l’ai vu débarquer chez moi à 11h pile, prêt à m’accompagner pour faire les courses, le déjeuner et pour m’aider pour le ménage. Il m’appelait aussi deux fois par semaine pour vérifier que tout allait bien. Nous continuions à nous livrer, avec encore plus de naturel qu’auparavant. C’est là que je compris que je tenais à lui plus qu’à un ami. Mais je voulais ne rien gâcher. Lire la suite

Poéphéméride

14 Fév
Si tu es heureux ou si tu es moins heureux
Arrête-toi là où que tu sois pour te poser
Inspire l’air qui vient à toi par grandes bolées
Note les sentiments que tu as en cet instant
Tends les bras en l’air en direction des cieux
Va où tes pensées te guident sans questionnement
Allège-toi de ce que tu portes inutilement
Libère-toi de ces impératifs qui ne sont pas les tiens
Engage-toi dans les projets qui te motivent vraiment
N’hésite pas à sortir de ta zone de confort
Tenter de réaliser ses rêves rend toujours plus fort
Imagine cet après ou ce nouveau début
N’aie plus peur, joli cœur, tu t’approches du but

Je fais quoi avec tout ça ?

13 Fév

Supermarché

L’idée de ce billet me vient d’un événement mineur survenu récemment. Il y a quelques jours, un membre de mon entourage a en effet jugé bon de m’écrire pour me relayer certains échos qu’il avait eus de la part de certaines autres personnes qui bien entendu n’ont jamais été officiellement nommées, et qui montrait que je ne faisais pas à ces personnes la place qu’il conviendrait. La missive électronique contenait ensuite tout un tas de recommandations sur ce que je devrais changer, dire et ne pas dire à ces personnes et sur le temps que je devrais leur accorder (sans savoir desquelles il retournait précisément).

Face à ce genre de conseils bien intentionnés, certains savent prendre de la distance, d’autres plus sanguins ne se retiennent pas de coller une droite à l’importun (ou de déverser le dictionnaire des noms d’oiseaux par voie électronique). J’ai le malheur d’être trop sensible pour ne pas me sentir mise en cause, pas assez violente pour singer les gestes de certains joueurs de foot contrariés, et de ne pas disposer d’un temps infini me permettant de recopier trois lexiques de jurons. Donc me voilà, ayant lu cette liste d’accusations même pas déguisées et en très grande partie illégitimes, sommée de prendre acte et de changer (sans savoir précisément vis-à-vis de qui, si vous avez suivi). Comme une condamnation par un juge sans plainte de l’accusation et sans avoir été citée à comparaître. Et de ce fait profondément révoltée par cette espèce de paternalisme puant, et même, disons-le, au bord des larmes de ce que je vis comme une agression. D’où le titre de ce billet : lorsque l’on se trouve face à un cas dans lequel nous n’avons pas d’autre choix que d’accepter ce que l’autre impose, comment réagir ? Lire la suite

Le cercle des illusionnistes

10 Fév

Déjà séduite il y a un an par le Porteur d’histoire et le talent d’écrivain d’Alexis Michalik, je n’ai pas hésité très longtemps lorsque j’ai vu qu’il avait écrit et mis en scène une nouvelle pièce, « le cercle des illusionnistes ». Après le succès de son premier spectacle, toujours à l’affiche près de 4 ans après sa création, l’homme était forcément attendu au tournant. Ne voulant pas tomber dans le piège trop facile de la comparaison (d’autant que mes souvenirs de mars dernier commencent un peu à s’essouffler), ou du suivisme, j’ai donc refusé de lire quoi que ce soit à ce sujet, et je suis arrivée à la Pépinière, ayant tout juste lu les 8 lignes de résumé et prête à accueillir ce spectacle comme une découverte à part entière, en faisant fi de mes impressions sur ce que j’avais vu et entendu en 2013.

Et il se trouve que ce spectacle est réellement magique et m’a emportée comme rarement je le suis. Et pas seulement pour les tours de magie et d’illusion qui égrènent les 1h45 que l’on ne voit pas passer. Juste parce que tout y est merveilleux. Lire la suite

Le Rocher

8 Fév

 

Le Rocher, c’est l’histoire de Frédéric Haberman, directeur d’une agence bancaire, qui doit se rendre à une importante réunion de travail un matin, et se retrouve dans l’impossibilité de sortir sa voiture, parce qu’un immense rocher, venu d’on ne sait où, bloque l’entrée de son garage. Raconté en une phrase, cela paraît relativement simple et l’on a envie de proposer à cet homme plein de solutions simples et pragmatiques pour se sortir de cette situation.

En même temps, si le héros s’en sort, il n’y a plus de pièce et on se fout totalement de ce rocher, on change de pièce et on appelle ça « la réunion ». Or, lorsque les deux auteurs roumain et allemand, Ana-Maria Bamberger et Christoph M. Bamberger, ont conçu cette pièce de l’absurde, ils n’ont apparemment pas souhaité rendre les choses si simples. C’est ainsi que l’on voit ce cadre entre deux âges s’obstiner à pousser cet énorme rocher, avant de commencer à envisager des solutions alternatives pour arriver à l’heure à cette réunion de la plus haute importance. Lire la suite