Homme pour Homme

5 Fév

 

 

Lorsque l’on me parle de Bertolt Brecht, le nom évoque pour moi un homme à l’air sérieux et austère que j’attribue d’ordinaire aux Allemands (on ne se départit pas de tous ses préjugés). En allant voir Homme pour homme, je ne savais pas réellement à quoi m’attendre mais je m’imaginais me plonger dans un univers emprunt d’une certaine gravité. Et j’avoue ne pas avoir été peu surprise d’être plongée dans un univers totalement burlesque. La farce avait certes déjà commencé avec le trajet vers la Cartoucherie et le Théâtre de la Tempête, un lieu fort sympathique, mais vraiment loin (comptez bien 1h20 en transports en commun depuis l’Ouest de Paris) où vous êtes déposé par une navette sans doute centenaire ou pas loin qui par un miracle étonnant roule toujours dans cet enclos au cœur du bois de Vincennes où se cotoient un manège équestre et plusieurs théâtres tous très accueillants.

Une fois installée, cette atmosphère hors du temps déjà donnée par le trajet s’est donc installée, avec l’arrivée de ces personnages hauts en couleur, j’ai nommé les soldats mitrailleurs. Sans rentrer dans les détails de cette histoire tirée par les cheveux, ces soldats enfreignent la déontologie en s’attaquant à un temple. L’un d’eux, Jeraiah Jip, reste bloqué et ses camarades parviennent à le libérer mais il y laisse une grosse touffe de cheveux blonds. Or, il faut passer la revue sans se faire identifier. C’est là que les mitrailleurs, croisant le chemin de l’innocent et candide docker Galy Gay, parti acheter un poisson pour sa femme et lui, parviennent à le convaincre de passer l’uniforme le temps d’une soirée. Mais la farce durera plus longtemps que prévu, jusqu’à transformer son identité… et celle du vrai Jeraiah Jip.

Les mitrailleurs ne sont déjà pas banals, mais ils côtoient d’autres personnages hauts en couleur comme le bouddhiste gardien du temple, le capitaine, et surtout la veuve Begbick, danseuse de charme et aubergiste tirant profit de l’alcoolisme de tous ces hommes. Il est difficile de réellement décrire l’atmosphère qui se dégage de ce spectacle, tant il s’agit d’une impression que l’on ne peut que ressentir en étant sur place. C’est à la fois drôle et complètement barré (que Brecht me pardonne le terme), tragique et profond, beau et angoissant à la fois. Derrière la légèreté des apparences, on découvre en effet que rien n’est vraiment gratuit chez l’auteur, et que les comédiens et le metteur en scène, Clément Poirée, ont bien su mettre cela en évidence.

On passe donc un très agréable moment avec ce spectacle de qualité qui fait réellement voyager dans le temps et l’espace. Mention spéciale à Laure Calamy pour son interprétation de cette veuve joyeuse.

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