Le Rocher

8 Fév

rocher

Le Rocher, c’est l’histoire de Frédéric Haberman, directeur d’une agence bancaire, qui doit se rendre à une importante réunion de travail un matin, et se retrouve dans l’impossibilité de sortir sa voiture, parce qu’un immense rocher, venu d’on ne sait où, bloque l’entrée de son garage. Raconté en une phrase, cela paraît relativement simple et l’on a envie de proposer à cet homme plein de solutions simples et pragmatiques pour se

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sortir de cette situation.

En même temps, si le héros s’en sort, il n’y a plus de pièce et on se fout totalement de ce rocher, on change de pièce et on appelle ça « la réunion ». Or, lorsque les deux auteurs roumain et allemand, Ana-Maria Bamberger et Christoph M. Bamberger, ont conçu cette pièce de l’absurde, ils n’ont apparemment pas souhaité rendre les choses si simples. C’est ainsi que l’on voit ce cadre entre deux âges s’obstiner à pousser cet énorme rocher, avant de commencer à envisager des solutions alternatives pour arriver à l’heure à cette réunion de la plus haute importance.

Appelant tour à tour les pompiers (pour évacuer le rocher), un taxi, sa mère, de nouveau les pompiers, et ses différents collègues du bureau entre temps, Frédéric Haberman va vivre une lente descente au cœur de ses angoisses et devoir s’y confronter. Cette pièce intéressante montre ainsi les ravages du stress à un niveau de l’entreprise dont on parle souvent peu, le côté précaire de certains postes de direction qui ne ferait peut-être pas envie à certains intérimaires. On voit aussi la violence des rapports qui s’y tissent les coups bas, et en même temps la confiance nécessaire en certains collègues pour survivre.

On y voit aussi les errements personnels d’un homme entre deux âges, n’ayant visiblement pour toute famille que sa mère, passé à côté de l’épanouissement en se consacrant au travail et ne sachant pas vraiment mieux parler aux humains qu’au rocher qui se trouve devant lui. Et sa transformation intérieure tout au long de cet épisode qui vient perturber sa confortable routine.

Florent Aumaître se sort avec justesse de cet exercice particulièrement difficile du seul en scène. La pièce n’est pas d’un accès évident mais elle permet de faire réfléchir et l’interprétation en est très agréable.

Plus d’infos :

  • Le Rocher, jusqu’au 1er avril 2014, le lundi et le mardi à 20h, le dimanche à 17h
  • Théâtre du Petit Hébertot, 78bis boulevard des Batignolles, 75017 Paris
  • http://petithebertot.com/le-rocher/
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