L’amour est un concerto à quatre mains

27 Fév

Aujourd’hui est un jour symbolique, puisque c’est le 200ème billet que je poste sur le blog. J’aurais pu faire comme si de rien n’était, ou écrire un texte en deux cent mots, en 200 lignes, en 200 phrases. En fait, j’ai préféré mettre l’amour à l’honneur, la relation amoureuse plus précisément. Et de faire parler d’autres que moi sur le sujet. Il y a quelque temps déjà, j’avais demandé une libre participation de qui voulait sur ce à quoi chacun aspirait dans sa relation amoureuse, actuelle pour certains, à venir pour d’autres. Léopoldine, Grégoire, Working Girl et Daniel ont eu la gentillesse de me répondre. Des jolies choses.  Je les ai lues et relues. Et j’ai retenu ce qui m’a touché. J’espère avoir le plus possible respecté leur pensée. Je les remercie vraiment pour ce qu’ils ont livré avec naturel, poésie et simplicité.

Aspirer, c’est réaliser un mouvement vers un idéal. Un idéal qui est lui-même en mouvement. Un mouvement vers souvent plus d’exigence. En partant de cet infime qui fait tout, celui de deux regards qui se croisent. Les yeux se fixent, le cœur bat, un sourire s’esquisse, et l’on comprend que cette attraction est mutuelle. Et l’on se laisse embraser, consumer, tourbillonner dans des étourdissements enivrants.

Les yeux qui clignotent et les papillons dans le ventre, c’est souvent ce par quoi on se fait emporter, adolescent(e), lorsque les choses sont simples ou tout ou moins le paraissent. Plaire ou ne pas plaire, la question est souvent essentiellement celle-là. Prendre l’initiative pour certaines au charme remarqué, attendre comme une « wallflower » d’être remarqué lors du quart d’heure américain pour de jeunes garçons timides lors des premières boums et des soirées qui suivront. Ces premières amours qui se font et se défont plus vite que les mois passent.

Et puis on grandit un peu, on expérimente, on saisit chaque possibilité et l’on s’adapte ensuite. Souvent, ça ne marche guère longtemps. Jusqu’au jour de cette première grande passion qui deviendra plus tard un joli souvenir empreint de nostalgie. Cette relation où l’on s’est tapé dans l’œil, où l’on ne voit plus rien, où il est inutile de se raisonner. Vivre cette folie qui donne des ailes, passer le cap des 3 semaines, des 2 mois, des 6 mois, un peu plus parfois. Comme un tour du monde en Concorde avec atterrissage d’urgence en Argentine. Là on tente de repartir, mais le chemin peut être long pour revenir sur la base de départ. Accepter le fait que l’on a changé de pays et même de continent amoureux, et que pour retrouver ses racines, il faudra transpirer, prendre des trains, des roulottes, marcher, ramer pour retraverser l’océan, y noyer ses larmes, et puis finalement, ré-apercevoir sa terre natale.

Cette fois, l’on pense avoir saisi la leçon. On se promet de prendre son temps avant le prochain vol en avion. Et puis l’on remarque cet homme ou cette femme qui a de l’allure. C’est beau, ça peut même être très très beau et se voir de très très loin. Un timbre, un parfum, une association chimique forte et évidente. Et l’on y plonge, ou plutôt l’on y replonge avec enthousiasme. Et souvent, cela ne marche pas. Parce que l’on est resté dans les apparences. Dans ce qui paraissait l’idéal, une sorte de mélange sublimé des qualités de tous ceux ou celles que l’on a connus. Ou dans ce que l’on a pris pour un partenaire parfait. Cet ingrédient mystérieux qui remplit comme rien ne peut le faire dans un premier temps, avant de se faire vider par l’autre. Ou d’être celui qui vide l’autre. Ce déséquilibre dans tous les cas qui fait que l’un donne trop et ne reçoit pas assez. Celui-là  souffre de nouveau et puis pleure de nouveau. Il s’isole et fait le point et puis il revient.

Cette fois, les choses sont différentes. L’idéal en mouvement est celui qui consiste à donner et recevoir de l’amour. Faire du couple une entité unique de deux personnes où chacun apprécie l’autre pour ce qu’il est aujourd’hui et pour ce qu’il sera demain. Vivre en étant simple et attentionné envers l’autre. Etre dans un échange dont le but est d’être heureux. De l’être soi-même et d’agir pour que l’autre le soit. Et que son énergie soit aussi orientée vers votre bonheur.

De là, le couple se construit. Entre moments passés lovés sur le canapé devant un film ou simplement en silence en se tenant la main et discussions de long cours sur ses projets à deux, la communion des sens et des esprits se fait. Chacun arrive avec son passé, ses doutes, son imaginaire de l’être idéal, et pourtant, chacun est en mesure d’apaiser le malheur de l’autre et de l’élever vers un ailleurs. Chacun veut être compris, écouté, mis au centre de l’attention, et pourtant, chacun accepte la contradiction si elle se fait dans le respect et dans l’ouverture, si elle permet de réfléchir et d’avancer. L’amour a ce caractère unique là. Celui de rendre heureux. De partager les bons et les moins bons moments en étant serein, en sachant que l’on va au même endroit.

Et puis, malgré tout, la relation d’amour, de couple, ça n’a rien de linéaire. A s’habituer au bonheur, parfois on le laisse mollir. On voit toujours l’horizon et l’on sent toujours la présence de l’autre à ses côtés et c’est bon. Et en même temps, malgré la confiance, le partage, et l’échange, on ne vibre plus comme à treize ans, lorsqu’un simple regard nous électrisait. Alors on se remet à écouter l’autre plus attentivement, sa respiration devant l’horizon, à se ré-émerveiller de son regard rêveur. Et on l’encourage à faire de même. La relation renaît différemment, avec ces cinq ans, ces dix ans, ces vingt ans passés. Le visage de l’amour peut se transformer lorsque les premières rides apparaissent. Et l’on voit alors la beauté et le relief que cette peau moins ferme donne au regard, au sourire, ou au front qui se plisse. C’est à ce stade que l’on sait que l’on a appris à conjuguer l’amour à tous les temps. Et que ces yeux qui pétillent traverseront les hivers au coin du feu, les printemps fleuris, les couchers de soleil estivaux et la douce lumière de l’automne se reflétant sur le sol tapissé de feuilles.

Les autres, vous et moi avons tous déjà croisé ce couple d’octogénaires souriant sur un banc, la main dans la main, respirant et communiquant une joie évidente. En nous disant que c’était à cela qu’on aspirait. « Simplement » ce moment si plein de grâce.

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