Archive | mars, 2014

Soir de réveillon

27 Mar
Nouveau jeu de la #teamécriture, écrire une chanson parlant de bonheur. A quatre mains. Les deux de Julian et les deux miennes. La mise en musique est prévue mais met un peu de temps. Voici déjà le texte.
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Ce soir de nouvel an, j’accueille entre mes murs pour une soirée très ché’bran
Les amis de Ludovic, beau gosse blindé d’argent qui m’a rachetée à ses parents.
Il m’a transformée entièrement, je ressemble désormais à une boutique design
Aimant l’art et la mode, il ne supportait plus mes vieux airs de campagne
La jolie Noémie, désormais pleinement femme et magnifique maman
Est venue aider son frère et tartine du foie gras en chantonnant gaiement
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La femme de Ludovic fait irruption, seulement d’un slip et d’un t-shirt blanc vêtue
Venant manger quelques tartines et canapés puis repart aussi vite est venue.
Voyant sa femme presque nue devant sa sœur et ses enfants,
Il prend soin de lui rappeler qu’à leurs âges, ils ne sont plus des adolescents
Cette conne éclate en sanglots comme si le monde s’était effondré
Alors pour ne pas voir ses larmes de crocodile, je la mets dans l’obscurité
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Les invités arrivent en masse, on les dirait tous costumés
Des gens hype, mal élevés, sans doute des amis de l’écervelée
Ils se ruent brutalement, tels des animaux, vers mon amie la table
Dévorent les petits fours, appuyés sur mes parois, l’air affable
Lorsqu’ils branchent la musique, mix étrange de techno et de tango,
Sautant sans discrétion, ils me font mal au sol, ces nigauds
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Noémie les voyant soudain surexcités tente de les maîtriser
Quand un de leurs amis d’enfance de tous se retrouve la risée
Pour avoir naïvement voulu plaire à une femme brillante mais arrogante.
Pendant ce temps, dans une chambre, deux bobos avinés se roulent l’un sur l’autre de façon stupéfiante
Partout je me sens foulée au pied, souillée par cette bande de sauvages
A les voir se vautrer dans l’alcool et la luxure, je suis au bord du craquage
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La fête tourne de plus en plus à la bérézina.
Plus rien ni personne ne semble être en mesure d’arrêter cela.
Ma voisine la villa, agacée par tout ce désordre,
N’hésite pas une seconde et contacte les forces de l’ordre.
Ces gardiens de la paix arrivent à ma porte l’air un peu bête,
Et remarquant l’écervelée, s’invitent à la fête.
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Les humains ne sachant pas gérer leurs conflits,
Je décide de m’occuper moi-même de ces bandits.
J’ouvre toutes les trappes de mes murs laissant s’échapper par milliers
Des cotillons et confettis qui vont j’espère les calmer.
Les nigauds n’aimant pas ça, s’en vont au pied levé.
Le calme et le bonheur revenant, on va pouvoir commencer à danser.
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Les chansons des autres participants sont ici :

Je dois tout à ma mère

27 Mar

Ces derniers temps ont été ceux du seul en scène. Après « Un » et « Deux » Reprise des hostilités,  je suis donc allée découvrir Philippe Honoré sur scène. L’homme n’était pas un complet inconnu pour moi, puisque, en duo avec Philippe Person à la mise en scène, j’avais déjà découvert ses talents textuels (honni soit qui mâle y panse) dans « L’importance d’être Wilde », « Maupassant(es) » et récemment dans l’adaptation des « Enfants du Paradis ». Mais cette fois, ce génie littéraire s’est lancé dans la rédaction d’un texte ne s’inspirant pas d’autres auteurs et qu’il interprète lui-même.

Et ce choix de se lancer sans filet dans le vide est le bon. Surprenant, cet homme fin de corps et d’esprit à la figure bonhomme nous joue l’histoire d’un fils matricide ou désireux de le devenir. Parce qu’à 46 ans, sa mère continue de lui empoisonner la vie. Pour autant qu’il puisse l’aimer, cette vieille femme aigrie et despotique, ou devenue despotique par aigreur ne lui laisse rien passer, se déchaînant en critiques dès qu’elle le voit ou lui parle au téléphone. Alors, lorsqu’un soir, l’un de ses amis lui suggère de la « buter » et lui apprend même qu’il connaît des gens qui pourraient faire le sale boulot, l’idée commence à germer dans son esprit jusqu’à le séduire et le faire succomber.

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Reprise des hostilités

27 Mar

Pour ceux qui suivent un peu mes pérégrinations théâtrales, vous aurez sans doute compris que les « un homme chaud », ce n’est pas trop ma tasse de café. Mais parfois, je fais une exception. Parce que rire, en revanche, c’est ma tasse de thé. C’est juste que je ris rarement beaucoup dans ce genre de spectacles où l’on voit souvent les mêmes choses d’un humoriste à l’autre. Dans ce domaine, Régis Mailhot fait partie des exceptions. Ceux qui ont le droit à une dérogation spéciale parce qu’ils ont ce petit quelque chose en plus. J’ignore si l’humour de Régis lui vient de son oncle Jacques le célèbre chansonnier qui sévit encore aux Deux Anes (mon petit doigt ne me l’a pas dit), toujours est-il qu’il en a le talent et le mordant, la jeunesse en plus. Autant d’atouts qui le rendent désirable (scéniquement parlant, soyons clairs, toute autre interprétation de mes propos ne serait que pure calomnie).

Avec son côté pince sans rire et son air de ne plus vouloir toucher à l’humour (seulement aux femmes faciles et à l’alcool), Régis Mailhot nous offre donc 1h30 de dézinguage en bonne et due fome de tout ce qui peut être dézingué : les politiques en premier lieu, la France, les femmes, les terroristes, les hommes (pas de lien de cause à effet entre ces deux dernières catégories, je refuse de passer pour la féministe que je ne suis pas), le mariage pour certains, le divorce pour tous (ou peut-être l’inverse), les amis, les religions, la France, et quelques autres grands sujets encore.

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Un

27 Mar

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Un. C’est le titre du spectacle que j’ai vu ce soir. Un. Juste ce mot simple. Comme Un homme sur scène. Comme Un texte fort. Comme Un soir pas comme les autres. Comme Un coup de cœur. Comme Un coup de poing aussi. Comme Un OVNI dans le paysage théâtral. Comme Un moment dont je me souviendrai longtemps. Je pourrais continuer longtemps comme ça. C’est peu de dire que j’ai aimé ce que j’ai vu. En sortant, j’étais tellement émue que je n’avais plus de mots. Même pas Un.

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S’arrêter et regarder

19 Mar

Image

Bien que cet information n’ait aucun intérêt particulier pour vous, hier, j’ai eu l’occasion de voir une belle exposition de photos. Rassurez-vous (ou désolez-vous, enfin faites comme vous voulez), je ne vais pas vous en faire un compte-rendu complet, pas même partiel. Mais ce moment a été l’occasion de constater une nouvelle fois que, ce qui fait la force des clichés les plus réussis, c’est que l’homme ou la femme qui tient l’appareil, à un moment donné, a choisi de s’immobiliser en un point précis et d’immortaliser ce qui était sous ses yeux. Ou de laisser la vie se dérouler devant son objectif jusqu’à capter ce moment unique à ses yeux qu’il ou elle a immortalisé. La photo nécessite ainsi que le photographe soit à l’arrêt. Qu’il s’efface pour laisser place au sujet. Dans un second temps, ayant développé le cliché, la personne a le loisir de le contempler, de revivre l’émotion qui était la sienne à cet instant. Puis, un jour, ayant laissé les clichés s’entasser, le photographe les reprend tous pour les classer. Et se rend compte de la façon dont son regard, ses sujets de prédilection, sa technique aussi ont évolué.

Réfléchissant à cela, à cet art si particulier, qui s’inscrit à la fois dans l’instantanéité et dans l’atemporel, parfois dans l’intemporel, je me suis fait la remarque que nous sommes tous un peu photographes. Parfois, notre cerveau s’arrête, enregistre une image, un mot, une odeur, une sensation, et la mémorise.  A la fin de la journée / de la semaine / du mois, il fait revenir tous ces instantanés qui nous font relire ce laps de temps avec une autre vision que celle de chacun de ces petits moments. Et puis, si l’on va plus loin, que l’on rassemble l’ensemble de ses souvenirs, qu’on les classe, on voit généralement se dessiner les années passées, voir nos vies entières dans leurs ruptures et leurs continuités. Lire la suite

Nan mais tu comprends (pas)

13 Mar

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Amis lecteurs, vous êtes tous potentiellement des coupables en série, parce que, lorsque vous parlez, vous voulez que l’on vous comprenne. Et lorsque ce n’est pas le cas, vous n’arrivez généralement pas à réprimer un geste d’agacement (au mieux) ou de franche irritation (vous devenez tout rouge, vous vous agitez dans tous les sens, de la fumée vous sort des narines et vous sautez rageusement comme Joe Dalton à ses bonnes heures). Et puis, parfois, vous êtes celui qui n’a pas compris l’autre, et vous le regardez vociférer comme un fou furieux ou s’enfermer dans un mutisme dont il est plus difficile de le faire évader que d’Alcatraz. Le plus souvent, cette réaction vive et qui vous paraît (très légèrement) surdimensionnée arrive en plus de nulle part, alors que vous devisiez en toute tranquillité sans signe avant-coureur de la tension qui sévit tout d’un coup. Désireux de ne pas contrarier votre interlocuteur, vous lui demandez ce qui se passe, et c’est là, que, sur un ton méprisant, dépressif ou colérique, vous vous entendez dire ce fameux « nan, mais tu comprends pas ». Dans le cas de l’incompris notoire comme dans celui de l’agressé ignare, il est ainsi quelques principes simples qui méritent d’être posés, pour le bien de tous.

Il existe ainsi plusieurs situations où l’incompréhension a de fortes, voire d’immenses probabilités d’émerger :

  • Si l’explication n’est pas claire : cela paraît évident de prime abord, mais la réalité ne l’est pas autant. Imaginons ainsi qu’un passionné de finances discute avec une personne normale (il est communément admis en effet que la passion pour la finance est un signe avant-coureur de désordre mental). Sachant qu’il a à côté de lui un ignare qui le prend pour un doux-dingue (parce que malgré ce désordre mental latent, notre passionné a des éclairs de lucidité), il va tenter de lui expliquer une notion aussi ridiculement simple que celle du délit d’initié. De façon assez pédagogique pour que la personne croit revivre un remake de n’importe quel film américain des années 80 se déroulant dans le milieu de la finance. Seulement, à part se dire que tel acteur canonissime serait au top avec un costume cravate dans Wall Street 3, le concept devient vite trop embrouillé avec cette histoire de miser sur un effondrement des actions et les conséquences ravageuses que cela finit par avoir sur le PEA (un quoi ? un péheuha ? tu mâchonnes du chewing gum ou quoi ?) qui contient toutes les économies du père Michel (oui, il y a aussi un père Michel et des enfants Michel, ras-le-bol de ne parler que de la madone). Moralité : il y a trop de détails dans tout ça, vous vous y perdez, et le financier est très contrarié de ne pas avoir réussi à susciter l’intérêt, malgré tous les efforts faits pour rendre l’histoire ludique. C’est tout de même qu’a priori, ce qui est dit ne coule pas de source. Devant votre air dubitatif, ou si vous-mêmes êtes ce fameux financier, il est donc nécessaire de revenir à du basique. En gros, on te donne une info illégale qui rapporte plein d’argent (comme si on te révélait les 6 chiffres du loto du lendemain), tu t’en sers (en gros tu valides une grille avec ces 6 numéros + 15 autres pour que ça n’ait pas l’air trop suspect) et tu gagnes plein de de pognon. Bon, potentiellement, tu peux aussi te retrouver en prison. Au moins, dit comme ça, c’est limpide (plus que le PEA du père Michel). Lire la suite

Mécanique instable

10 Mar

Faire se rencontrer le théâtre et le monde de l’entreprise est de plus en plus fréquent, comme une sorte d’effet de mode amplifié par la crise. Au cours des dernières années, j’ai ainsi assisté à plusieurs de ces tentatives pour montrer la vie des employés de bureau vue par le monde de l’art. Et j’ai souvent été déçue, d’où mes réticences initiales à aller voir Mécanique Instable. Mais il se trouve que l’insistance de certaines personnes l’ayant vue m’a poussée à faire fi de mes préjugés. Et je les remercie d’avoir su me convaincre. Parce qu’il s’agit réellement d’une bonne pièce, avec un vrai travail de recherche, d’écriture, et de décryptage des jeux de pouvoir dans l’entreprise.

L’histoire est celle d’une PME à succès que le patron, Stéphane, décide de vendre au bout de dix ans, parce que son âme d’entrepreneur est tentée par de nouvelles expériences. Seulement, ses salariés vivent mal la perspective d’être rachetés, et petit à petit germe dans leur esprit l’idée de se constituer en SCOP (société coopérative, dont les salariés sont collectivement propriétaires et touchent donc tous une part égale des bénéfices). L’on assiste donc à tous les échanges et débats qui vont les amener à faire ce choix, alors même qu’ils sont peu convaincus au départ. Lire la suite

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