Jeanne et Marguerite

1 Mar

Ce trimestre, les créations théâtrales foisonnent, et parmi elles, Jeanne et Marguerite a retenu mon attention. Une histoire qui mêle correspondance et amour portée à la scène pouvait en effet difficilement ne pas me donner l’envie de la découverte. Nous sommes au début du 20ème siècle, quelques années avant que n’éclate la Grande Guerre. Marguerite, jeune femme privée d’éducation pour veiller sur son jeune frère malade, rencontre Eugène. Elle a 16 ans et en tombe amoureuse. De la façon dont on tombe amoureux à 16 ans dans les années 1900. C’est pur et frais, innocent et profond à la fois. L’amour est instantané. Il prendra son temps avant qu’Eugène, ayant enfin terminé ses études, puisse épouser sa bien-aimée. Six ans durant lesquels les deux jeunes tourtereaux s’écriront des lettres, qui pour Marguerite, coincée dans l’ennui de son enfermement, constitueront son uniquement distraction.

Un siècle plus tard, Jeanne rencontre James par Internet. Elle succombe à une passion dévorante pour cet homme fuyant qui vient « l’aimer » épisodiquement à son domicile, la laissant se consumer dans le désir et dans un espoir jamais comblé entre deux visites. Jusqu’à disparaître plusieurs années, durant lesquelles elle se jettera à corps perdu dans des relations tout aussi destructrices.

Durant toute la pièce se succèdent les interventions de l’une et de l’autres, toutes deux interprétées par Françoise Cadol. Des mots tendres et touchants, des pensées dures et cruelles, et toujours ce temps passé à espérer que la sonnerie retentisse. Celle qui annonce le facteur ou celle qui témoigne de la présence de James. Cette poésie des premières rencontres, des regards échangés, de l’évidence de la relation qui se crée. Cette rudesse du que vit Jeanne 100 ans plus tard de l’égoïsme, de la peur, de l’incapacité à dire non à ce qui vous dévore.

Deux époques, deux vies, deux regards portés sur l’amour. Et pourtant, des points communs également.  Cet accueil de l’homme jusqu’à se laisser envahir, cette joie du temps reçu comme du temps non partagé, cette capacité à rire mais aussi à accepter les malheurs quand ils arrivent, tout cela entraîne le spectateur dans cet univers un peu nostalgique qui sent la craie, la plume et l’encrier.

Sur la base du très beau texte de Valérie Péronnet, écrit à partir des 700 lettres trouvées dans le grenier de sa grand-mère, ce spectacle dresse avec beaucoup de tact et de brio le portrait de ces amours qui envahissent pleinement ceux qui les vivent. Une heure

Plus d’infos :

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

amenaviguante

La douceur et la force du thé, le piquant du chocolat au piment, la passion des mots

Broute le gazon

mais souris pas ! t'en as sur les dents !

cylklique

Des images... et des mots

rienaredire

La douceur et la force du thé, le piquant du chocolat au piment, la passion des mots

Chroniques erratiques d'une emmerdeuse

Wandering City et tout le reste

Les confidences extraordinaires du Professeur Bang

La douceur et la force du thé, le piquant du chocolat au piment, la passion des mots

#EtaleTaCulture – La Culture Générale pour briller en société

La douceur et la force du thé, le piquant du chocolat au piment, la passion des mots

%d blogueurs aiment cette page :