Le songe d’une nuit d’été

7 Mar

Ce mois-ci, pour la deuxième fois de ma vie, j’ai eu la chance de m’asseoir sur les confortables fauteuils de la salle Richelieu de la Comédie Française. Pour voir un classique de Shakespeare déjà maintes fois mis en scène : le songe d’une nuit d’été. Une pièce qui dans le petit monde du théâtre était attendue au tournant, puisque mise en scène par Murielle Mayette, actuelle administratrice de l’illustre institution, alors que sévit une guerre féroce allègrement relayée par la presse (surtout par les amateurs de conflits et de sang) contre son maintien pour un troisième mandat. Mais ni vous ni moi ne sommes concernés. Aussi y suis-je allée comme pour n’importe quel spectacle, pour le plaisir de la découverte. Une semi-découverte toutefois puisque j’avais eu l’occasion de la voir au collège dans un chapiteau à la Cartoucherie du Bois de Vincennes, en 1999 dans son adaptation cinématographique par Michael Hoffmann et en 2012 dans la mise en scène de Nicolas Briançon.

Je suis donc arrivée avec la connaissance de l’histoire de la pièce. Et en même temps, ce qui est fascinant, c’est que cette pièce se prête à une telle fantaisie qu’à chaque nouvelle interprétation, on a le sentiment de la voir pour la première fois. C’est encore le cas ici, dans cette mise en scène que j’ai trouvé brillante, lorsque les personnages, se mêlant au public, nous introduisent les 4 jeunes gens qui vont être au centre de l’histoire du côté des humains : Hermia, amoureuse de Lysandre mais financée à Démétrius qui en est éperdument épris malgré son indifférence, Lysandre et Démétrius, qui viennent donc d’être présentés, et Héléna (excellente Adéline d’Hermy), folle amoureuse de Démétrius qui la rejette constamment. Voulant convoler, Hermia et Lysandre vont s’enfuir dans la forêt. Prévenu par Héléna, Démétrius va partir retrouver sa belle, suivi à la trace par son informatrice.

Seulement, dans la forêt vivent des êtres hors du commun, les fées, avec la reine Titania à leur têtes, et les génies, dont le facétieux Puck (Louis Arène, qui est la révélation du spectacle), qui jettent des sorts sous la houlette d’Obéron. Au milieu de tout ce petit monde, une troupe de comédiens très très amateurs vient répéter dans les bois le drame de Pyrame et Thisbée, et l’un d’entre eux, victime d’un sortilège d’Obéron, se transformera en un âne dont Titania tombera amoureuse. Pendant ce temps, Puck commet quelques maladresses en jouant les sorciers censé régler les histoires de cœur d’Hermia, d’Héléna et de leurs prétendants.

Dans un décor plus que sobre fait d’un grand drap blanc et de drapés plus fins pour symboliser les arbres, la mise en scène inventive et dynamique laisse pleinement la place aux acteurs. Et il faut bien dire que tous sont excellents et ont su créer un réel esprit d’équipe (ou plutôt de troupe). On les sent s’amuser, notamment Puck, Obéron, et les quatre fées, dans leurs costumes originaux et fort amusants de petits faunes géniaux ou de génies à tendance faune.  On rit très souvent, y compris dans les séquences tendres et en même temps extrêmement dures entres les 4 protagonistes qui s’aiment sans s’aimer puis en s’aimant (avec les sorts, ce n’est pas toujours si simple).

Le tout est réellement très drôle, et en même temps, met aussi en lumière le génie des scènes contenant davantage de profondeur et de réflexions toujours très actuelles. Performance d’ailleurs saluée par un quadruple rappel amplement mérité et rare au théâtre. A quand ma 5ème version de cette pièce ?

Plus d’infos :

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2 Réponses to “Le songe d’une nuit d’été”

  1. dedalus 7 mars 2014 à 09:55 #

    Personnellement, je boycotte Murielle Mayette. J’en ai eu plus qu’assez de trop de choses, et en particulier de cette Comédie Française qui ronronne bourgeoisement pour un public bourgeois auquel on offre un succédané d’encanaillement par le théâtre, jamais subversif, toujours politiquement correct, sans jamais prendre le risque du génial. Ainsi, et en passant, un quadruple rappel c’est un peu la règle à la Comédie Française, un public satisfait de lui-même et qui s’auto-congratule. Bref, tout sauf une rareté…

    Le point est que tu as apprécié cette mise en scène du Songe, et c’est tant mieux. Mes mauvaises dispositions à l’égard de ce Français planplan, si moyen, m’aurait sans aucun doute empêché de me laisser aller à partager ton enthousiasme – que je perçois néanmoins pour le moins mesuré 🙂

    [accessoirement : « tous sont excellents et onT su créer … » 😉 ]

    • plumechocolat 7 mars 2014 à 10:07 #

      Je comprends que l’on n’apprécie pas la Comédie-Française, je la fréquente trop peu pour en être lassée. En tout cas, c’est la première fois que j’y vois autant de rappels. Et mon enthousiasme est sincère, j’ai trouvé cette mise en scène vraiment fraîche et réussie. Mais il est d’autres salles que je ne fréquente pas pour ne pas forcément me reconnaître dans leur programmation ou dans leur état d’esprit, tant publiques que privées. Nous sommes suffisamment gâtés en termes de nombre de spectacles à Paris pour que chacun y trouve son compte :-).
      Accessoirement, merci, c’est corrigé 🙂

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