Je dois tout à ma mère

27 Mar

Ces derniers temps ont été ceux du seul en scène. Après « Un » et « Deux » Reprise des hostilités,  je suis donc allée découvrir Philippe Honoré sur scène. L’homme n’était pas un complet inconnu pour moi, puisque, en duo avec Philippe Person à la mise en scène, j’avais déjà découvert ses talents textuels (honni soit qui mâle y panse) dans « L’importance d’être Wilde », « Maupassant(es) » et récemment dans l’adaptation des « Enfants du Paradis ». Mais cette fois, ce génie littéraire s’est lancé dans la rédaction d’un texte ne s’inspirant pas d’autres auteurs et qu’il interprète lui-même.

Et ce choix de se lancer sans filet dans le vide est le bon. Surprenant, cet homme fin de corps et d’esprit à la figure bonhomme nous joue l’histoire d’un fils matricide ou désireux de le devenir. Parce qu’à 46 ans, sa mère continue de lui empoisonner la vie. Pour autant qu’il puisse l’aimer, cette vieille femme aigrie et despotique, ou devenue despotique par aigreur ne lui laisse rien passer, se déchaînant en critiques dès qu’elle le voit ou lui parle au téléphone. Alors, lorsqu’un soir, l’un de ses amis lui suggère de la « buter » et lui apprend même qu’il connaît des gens qui pourraient faire le sale boulot, l’idée commence à germer dans son esprit jusqu’à le séduire et le faire succomber.

Ainsi résumé, on pourrait penser que l’on va assister à un spectacle sinistre, ou à une dénonciation assassine (c’est le cas de le dire) des mères trop présentes. Et pourtant, il y a beaucoup de tendresse dans cette pièce. Beaucoup d’humour aussi. Une dénonciation en effet de ces figures maternelles trop présentes et parfois acariâtres. Mais de la dérision aussi sur ce fils qui n’est pas irréprochable et dont la mère brise la solitude tout autant qu’il est son rempart contre l’abandon. Si bien que l’on en arrive à ne plus bien savoir si l’on doit aimer le fils et détester la mère ou vice-versa.

Durant une heure donc, Philippe Honoré fait vivre ces deux personnages ainsi que ceux qui gravitent autour d’eux avec humour et subtilité. Jusqu’à une conclusion inattendue que je vous souhaite de pouvoir découvrir. Une sympathique découverte de cet auteur-interprète qui gagne à être sorti de l’ombre.

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