Archive | mars, 2014

Les enfants du paradis

10 Mar

enfants paradis

Les enfants du paradis, pour beaucoup d’entre vous, c’est ce film réalisé par Maurice Carné en 1945 sur un texte de Jacques Prévert avec Arletty et Jean-Louis Barrault. Ce film un peu oublié d’ailleurs, bien que certaines répliques en soient gravées dans la mémoire collective, des phrases aussi belles que « Paris est tout petit, pour ceux qui s’aiment comme nous, d’un aussi grand amour » ou « Non seulement vous êtes riche, mais encore vous voulez qu’on vous aime comme si vous étiez pauvre! Et les pauvres, alors? Soyez un peu raisonnable, mon ami. On ne peut tout de même pas tout leur prendre, aux pauvres! ».

Mais bien au-delà de ça, les enfants du paradis, c’est l’ambiance du théâtre et des saltimbanques. Dans le Paris des années 1830, lorsque Frédéric Lemaître, jeune acteur, se fait embaucher dans un théâtre, où travaillent Nathalie, fille du directeur, et Baptiste, qui joue la pantomime, et dont Nathalie est éperdument amoureuse. Garance, en croisant ce petit monde, va bouleverser leur univers. Lire la suite

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Battements d’elles

9 Mar

battements

Ceux qui ici lisent régulièrement mes chroniques théâtrales savent que j’aime beaucoup le Ciné 13 Théâtre. Et que par conséquent, dès qu’une nouvelle pièce y est jouée, je vais la découvrir sans tarder, ou presque (parce que oui, tout de même, je regarde le pitch avant, et que parfois ça ne m’inspire pas). C’est ainsi que j’ai été découvrir le seul en scène de Pierre-Olivier Scotto. J’insiste sur le fait qu’il ne s’agit pas d’un one-man show tels qu’on les connaît habituellement, même si certaines répliques visent à faire rire. J’ai ainsi pu découvrir cet acteur au parcours déjà riche, ayant commencé à la Comédie-Française avant de la quitter pour écrire, jouer et mettre en scène plusieurs pièces pour certaines auréolées de succès. Pour les cinéphiles, il est le réalisateur du Roman de Lulu avec Thierry Lhermitte.

Après un parcours riche donc, notre homme a cette fois choisi de se mettre en danger, en se racontant un peu lui-même. Ou plutôt en racontant comment les femmes l’ont fait grandir grâce à ces « battements d’elles » qu’elles lui ont offert. De la dame de la cantine à ses amantes, de la directrice de son école primaire à sa femme, de sa psychanalyste à son ancienne camarade de classe rencontrée au Super U. Lire la suite

A Nu

9 Mar

a nu

A Paris, l’offre théâtrale est riche et il est facile de trouver chaussure à son pied, si je peux m’exprimer ainsi, que l’on ait envie de rire ou de pleurer, de laisser son cerveau au vestiaire ou au contraire de l’utiliser. Du coup, il m’arrive parfois d’oublier que le spectacle vivant est aussi un lieu d’engagement. Et parfois de paris audacieux. En adaptant le téléfilm Strip Search, écrit par Tom Fontana (scénariste de Oz) et réalisé par Sidney Lumet, Marc Saez a fait un pari audacieux : celui de montrer la torture sur les planches. En prenant d’un côté une occidentale arrêtée sans accusation pour être interrogée par un officier en Chine (Véronique Piccioto et Anatole Thibaut), et de l’autre un homme de type arabe détenu et questionné exactement de la même manière aux Etats-Unis par une femme (Helmi Dridi et Pascale Denizane).

Nous voyons donc ces deux duos détenu-interrogateur alterner sur le plateau. La personne arrêtée se montrant d’abord incrédule. Puis cherchant à se défendre. A appeler un avocat. Seulement, dans la situation qui est montrée ici, le fait de ne pas être accusé fait que les citoyens arbitrairement arrêtés par la police sont hors droit et ne peuvent donc être défendus ni appeler quiconque. C’est cette situation d’isolement qui va conduire les deux protagonistes soupçonnés à peu à peu se résigner à leur sort. Jusqu’à se retrouver physiquement mis à nu (d’où le titre de la pièce, et la performance des acteurs est remarquable compte tenu de l’engagement demandé). Et soumis à un travail de sape mental et moral destiné à recueillir les aveux attendus. Lire la suite

Le songe d’une nuit d’été

7 Mar

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Ce mois-ci, pour la deuxième fois de ma vie, j’ai eu la chance de m’asseoir sur les confortables fauteuils de la salle Richelieu de la Comédie Française. Pour voir un classique de Shakespeare déjà maintes fois mis en scène : le songe d’une nuit d’été. Une pièce qui dans le petit monde du théâtre était attendue au tournant, puisque mise en scène par Murielle Mayette, actuelle administratrice de l’illustre institution, alors que sévit une guerre féroce allègrement relayée par la presse (surtout par les amateurs de conflits et de sang) contre son maintien pour un troisième mandat. Mais ni vous ni moi ne sommes concernés. Aussi y suis-je allée comme pour n’importe quel spectacle, pour le plaisir de la découverte. Une semi-découverte toutefois puisque j’avais eu l’occasion de la voir au collège dans un chapiteau à la Cartoucherie du Bois de Vincennes, en 1999 dans son adaptation cinématographique par Michael Hoffmann et en 2012 dans la mise en scène de Nicolas Briançon. Lire la suite

Parlez-vous business ?

4 Mar

business

Chers lecteurs, vous avez sûrement, à un moment ou à un autre, discuté avec vos proches, des générations Y, Z et PSP qui ne savent plus écrire correctement et manient le langage sms avec la même dextérité du pouce et de l’index qu’autrefois Voltaire mettait dans sa plume pour faire se succéder les alexandrins. Et de ce fait, vous avez exprimé vos regrets de voir se perdre cette douce mélodie des vers en douze pieds (en non pas des douze verres à pieds) que le 17ème et le 18ème siècle ont vu fleurir au profit de messages d’une très rare concision tels que « tkt j’t’m » (rassurez-vous ma douce, malgré mes longs silences, je pense bien à vous et implore votre clémence) ou « g pa f1 g fé 1 mcdo » (Par l’appel d’un burger je me suis fait tenter, aussi suis-je désormais parfaitement sustenté). Et pourtant, sans s’en rendre compte, les générations V, W et X, ont instigué de leur propre chef un langage tout aussi inintelligible et critiquable, qui n’a de cesse de s’enrichir de nouveaux termes de plus en plus invraisemblables : le business language (en français : le vocabulaire des affaires).

Force est en effet de constater que nous sommes en pleine mondialisation, et que, pour montrer que vous n’êtes pas du genre totalement hors du coup has been, les actifs qui sont aux commandes aujourd’hui ont entériné l’usage de termes franglais, leur permettant de se donner une image moderne et tournée vers l’avenir, permettant de masquer partiellement leurs lacunes dans la langue de Shakespeare (lequel n’est pas beaucoup mieux traité par ses congénères que ne l’est Voltaire ici, soit dit en passant). Donc, il a fallu s’adapter, et l’un des premiers changements opérés a été de transformer les « encadrants » en « managers ». Heureusement, et en cela nous sommes tous rassurés, de la génération L à la génération Z, un manager, tout comme l’était l’encadrant, est toujours un chef, donc la plupart du temps un sale con. Mais pour se mettre au goût du jour, mieux vaut dire « jerk » ou « asshole », ou « fucking son of a bitch » (être mère de manager n’est pas une sinécure, sachez-le). Lire la suite

Projet Luciole

2 Mar

Ce soir, je vais créer une frustration chez vous en vous parlant d’une pièce qui n’est plus à l’affiche. J’aurais de ce fait tout aussi bien pu ne pas en parler, dans la mesure où aucune reprise ne semble prévue à ce jour. Enfin sait-on jamais. Elle mériterait d’être rejouée en tout cas. Mais j’ai quand même une bonne nouvelle : à défaut d’en voir la mise en scène, vous pourrez au moins lire ce texte dense et bien écrit, qui fait du bien au cerveau.

 Note du 17 novembre : j’ai bien fait de formuler ce vœu puisque la pièce est bien reprogrammée.

Le projet Luciole, puisque la pièce se nomme ainsi, c’est une rencontre de la philosophie avec le théâtre, une sorte de conférence philosophique comme l’introduit l’excellent acteur Nicolas Bouchaud à la première minute, listant l’ensemble des auteurs dont la pensée sera représentée à un moment ou à un autre de ce spectacle plein de magie. Avec comme fil rouge, ou plutôt comme fil vert luminescent, celui de la disparition réelle ou supposée des lucioles, ayant fait l’objet, entre autres de l’ouvrage « Survivance des lucioles » de Georges Didi-Huberman  (auteur que comme moi vous ne connaissiez certainement pas il y a encore  secondes, mais que vous pourrez désormais citer en prenant un air très supérieur la prochaine fois qu’un pseudo-intellectuel viendra vous jeter ses connaissances à la figure). Lire la suite

Jeanne et Marguerite

1 Mar

Ce trimestre, les créations théâtrales foisonnent, et parmi elles, Jeanne et Marguerite a retenu mon attention. Une histoire qui mêle correspondance et amour portée à la scène pouvait en effet difficilement ne pas me donner l’envie de la découverte. Nous sommes au début du 20ème siècle, quelques années avant que n’éclate la Grande Guerre. Marguerite, jeune femme privée d’éducation pour veiller sur son jeune frère malade, rencontre Eugène. Elle a 16 ans et en tombe amoureuse. De la façon dont on tombe amoureux à 16 ans dans les années 1900. C’est pur et frais, innocent et profond à la fois. L’amour est instantané. Il prendra son temps avant qu’Eugène, ayant enfin terminé ses études, puisse épouser sa bien-aimée. Six ans durant lesquels les deux jeunes tourtereaux s’écriront des lettres, qui pour Marguerite, coincée dans l’ennui de son enfermement, constitueront son uniquement distraction.

Un siècle plus tard, Jeanne rencontre James par Internet. Elle succombe à une passion dévorante pour cet homme fuyant qui vient « l’aimer » épisodiquement à son domicile, la laissant se consumer dans le désir et dans un espoir jamais comblé entre deux visites. Jusqu’à disparaître plusieurs années, durant lesquelles elle se jettera à corps perdu dans des relations tout aussi destructrices. Lire la suite

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