Archive | avril, 2014

Face à la misère

26 Avr

 article misère

J’ai hésité quelque temps avant d’écrire ce billet. Parce que le sujet est compliqué. Parce que je n’ai aucune connaissance empirique, théorique, historique sur ce qu’est la misère. Parce que je n’ai pas de solutions non plus. Et puis j’ai décidé de l’écrire. Précisément parce que je n’ai ni connaissances ni solutions. Juste des ressentis, des questions, des ambivalences, de la colère, de la peur, de l’espoir, plein de sentiments mêlés face à ce que j’appellerai ici la misère. Celle que l’on voit tous les jours et qui dure, et contre laquelle, pour de bonnes et de moins bonnes raisons, aucune action n’existe, ou des actions insuffisantes. Je ne parlerai donc pas des favelas de Rio ni des enfants qui travaillent dans les usines textiles du Pakistan, ni des drames de l’Afrique. Non pas que les gens concernés ne méritent pas plus d’attention, mais parce que je ne les vois pas tous les jours.

En revanche, tous les jours, je vois la misère, la vraie, à la fois de près et de loin. De près parce que je travaille dans un quartier où elle est prégnante, visible partout. De loin parce que je ne fais que passer. Je sors du métro, je marche ou je prends le bus, je rentre dans l’immeuble où se trouve mon bureau et je fais le trajet inverse le soir. En dehors de ces quelques minutes quotidiennes, je vis dans un univers beaucoup plus protégé. Non pas que tout y soit merveilleux et rutilant, mais les difficultés ou imperfections ne sont ni de même nature ni comparables. Lire la suite

Ces héros du quotidien

22 Avr

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On a coutume, depuis des siècles, voire même des millénaires (malgré le manque de preuves scientifiques de ce que j’avance, aucune VHS de l’an -5000 n’ayant été retrouvée), d’aimer célébrer l’héroïsme au sens grandiloquent. Se trouver des héros ayant réalisé des actes exceptionnels, comme faire reculer des ennemis à dix contre mille (sans potion magique ni bazooka ni bombe nucléaire), découvrir la parthénogénèse (oui, j’avais envie d’introduire un mot savant dans mon texte dans un élan de grandiloquence lexicale), trouver le moyen de généraliser l’électricité à tous les foyers (ceci n’est pas une pub pour un acteur plus monopolistique qu’oligopolistique, et oui, je confirme mon envie de crâner en utilisant des mots compliqués) ou trouver le moyen de sortir le monde occidental de la crise (ceci est en revanche un appel à candidatures). Et pourtant (mis à part le dernier cité), mes héros ne sont pas ceux-là. Pour moi, la « grandeur d’âme hors du commun » du Larousse ou « l’extrême courage face au danger et le dévouement total à la cause pour laquelle on combat » du CNTRL (Centre National de Ressources Textuelles et Lexicales) ne sont pas l’apanage des hommes et des femmes à la renommée internationale.

Dans mes héros du quotidien, il y a d’abord ces gens que je crois et qui ne se font pas remarquer, mais qui font leur travail discrètement, sans se plaindre et qui sont toujours polis : la femme de ménage de l’entreprise, la secrétaire, l’employé de guichet de la RATP (oui, je dis et pense beaucoup de mal de la régie qui gère le métro, mais ça ne m’empêche pas de reconnaître que les gens au guichet sont courtois). Ca n’a l’air de rien, mais savoir qu’ils sont là et que si on leur dit bonjour, ils disent bonjour aussi, et que grâce à eux, la routine est assurée, c’est déjà pas mal. Parce que les N+45 de ces personnes ne font pas toujours preuve d’autant de dévouement. Lire la suite

Quand le temps manque vraiment

20 Avr

 Temps

Lecteurs et lectrices bien-aimés, si vous suivez ce blog régulièrement, vous avez sans doute remarqué que ces dernières semaines, je me suis montrée moins prolixe qu’à l’accoutumée. Non pas que je boudais ou que j’avais soudainement perdu le goût des mots. Simplement, je me suis trouvée à court de temps. Vous objecterez peut-être que j’ai l’air d’une hyperactive habituée à jongler entre travail, amis et autres activités et je ne peux pas le contester sans passer pour une fieffée menteuse. Cependant, il arrive que j’ai les yeux plus gros que le ventre (et ce malgré les réserves de chocolat qui se trouvent dans ce dernier). Ou que d’un coup, les priorités frappent toutes en même temps à ma porte et que je ne puisse dire non à aucune.

Ces dernières semaines ont ainsi été une épreuve de résistance comme je crois n’en avoir plus connu depuis pas loin de dix ans. Entre un gros surplus de travail et un coup d’accélérateur sur mes répétitions puis mes représentations de théâtre, j’ai eu l’impression de plonger en apnée avec une dose d’oxygène à peine suffisante pour tenir. Le tout pendant cinq semaines et un jour. 36 jours, ça peut paraître peu, mais c’est tout de même 10% du total de l’année. Il serait long et rébarbatif pour vous de détailler jour après jour ou semaine après semaine la genèse d’un épuisant marathon. Mais à compter du début de la 3ème semaine, la privation d’un des deux jours du week-end qui devait donc se poursuivre encore une vingtaine de jours a commencé à peser sérieusement sur ma forme et sur ma capacité à ne pas maudire mon réveille-matin et à bien l’entendre sonner en temps et en heure chaque jour. Le samedi, jour libre de cette semaine-là, m’a juste permis de reprendre souffle. Une grasse matinée, une bonne séance de shopping aux vertus curatives, j’allais passer la 4ème semaine brillamment. Hélas, mes plans furent quelque peu contrariés par des cernes qui se creusaient de plus en plus, d’autant que 2 soirs de la semaine furent tardivement consacrés aux répétitions. Lire la suite

Je marche dans la nuit par un chemin mauvais

9 Avr

 

Je marche dans la nuit pas un chemin mauvais est une histoire de révoltés. Un ado rebelle en quête d’amour paternel et son grand père solitaire qui vit en pleine campagne. Le jeune homme, au terme d’une énième et grosse dispute avec son père, est expédié fissa chez le vieil homme qui vit seul depuis la mort de sa femme. Deux générations, deux univers, la confrontation est difficile. Un homme habitué aux travaux des champs, à sa soupe et à ses madeleines, un jeune homme habitué à l’oisiveté, accroché à son téléphone et ayant vu plus de hamburgers que de topinambours dans sa vie. Qui est là contre son gré, en colère aussi de ne pas se sentir aimé par ses propres parents, à un âge où forcément l’on se cherche, la soudaine autorité à laquelle il va être confrontée va faire ressortir sa violence et sa colère. Surtout lorsqu’il sera contraint à faucher le champ de son grand-père. Lire la suite

Apportez ce dossier qui ne saurait attendre

2 Avr

Crédits photo : www.photo-libre.fr

Le 21ème siècle est celui de la vitesse. Qu’on le veuille ou non. On peut désormais aller de Paris à Toulouse en une heure d’avion, communiquer avec Pékin par visioconférence, utiliser un drone privé pour porter ses messages plutôt qu’un pigeon voyageurs et faire ses courses sans jamais se rendre dans un magasin. Il est donc logique que cette recherche de gain de temps impacte notre travail au quotidien. Ce qui n’est guère nouveau d’ailleurs. De tous temps, l’urgence a existé dans l’entreprise.

Simplement, le progrès technologique aidant, ce culte de l’urgence atteint un niveau qu’il n’avait pas auparavant. Parce que grâce à l’e-mail, il est possible de répondre à n’importe quelle question dans la minute suivant la réception et la lecture du message. Parce que nous avons aussi de supers logiciels capables de brasser des tas et des tas de données et de nous en ressortir de jolis documents avec des graphiques et/ou des textes complexes, là où auparavant, tout était rentré à la main, et calculé de manière artisanale. Parce qu’Internet nous permet d’avoir accès à des informations sur d’autres sociétés en un rien de temps, de trouver un synonyme grâce au super dictionnaire en ligne que nous avons placé en favori, ou de remplir tout un tas de paperasse sans avoir à décimer 3 forêts avant d’imprimer LE document sans erreur ni rature ni mot manquant.

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Le mardi où Morty est mort

2 Avr

 

Après quelques jours consacrés à des pièces « sérieuses », j’ai eu une envie de comédie. Mais pas d’une comédie trop classique. Et mon choix s’est porté sur la nouvelle création du Théâtre de l’Aquarium, le mardi où Morty est mort. Arriver au Théâtre de l’Aquarium, c’est un peu un cirque, ce qui donne un bon avant-goût du spectacle. En effet, la salle est située à la Cartoucherie, ancien site militaire du bois de Vincennes reconverti en ensemble théâtral (avec 5 théâtres au total), et auquel on accède grâce à une navette qui doit dater de l’époque de nos grands-parents et dont on se demande par quel miracle elle roule encore.

Une fois arrivés, les installations disposent toutefois de tous le confort moderne, d’un coin buvette et repas fort sympathique, et surtout de sièges avec assez d’espace pour les jambes, ce qui mérite d’être noté. Venons-en donc à ce fameux mardi. Enfin pas tout de suite. Plutôt à ce qui précède ce mardi. En ouverture, nous voyons donc un couple vivre son 1er matin, puis son 1er soir. Puis son 2ème matin. Puis son 2ème soir. Puis son 3ème matin. Comme ça pendant pas mal de temps. On sait qu’on vient voir une pièce décalée, mais on n’en est pas moins troublés. Et puis, à cette lenteur du prologue succède une série d’évènements qui vont conduire Edith, veuve de Johann, à se découvrir un cancer incurable, Amanda sa petite-fille à larguer son petit ami Sonny pour Herbert, le médecin d’Edith, et le pasteur à se promener les fesses à l’air au cimetière.

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