Archive | mai, 2014

Clôture de l’amour

28 Mai

 Clôture de l’amour

 

Cela fait maintenant quelque temps que je ne vous ai pas parlé théâtre. Non pas parce que j’ai cessé d’y aller, mais parce que je n’y ai rien vu de suffisamment notable pour en parler. Jusqu’au week-end dernier où j’ai découvert « Clôture de l’amour » à la Folie Théâtre, charmant lieu situé dans une impasse du 11ème arrondissement, où l’on est toujours bien installé en attendant la représentation (autant le dire, la petite salle est peu confortable, tandis que la grande est assez agréable).

J’avais repéré la pièce il y a déjà quelque temps, mais, hasard du calendrier, l’occasion ne s’est présentée qu’une semaine avant que le spectacle ne s’arrête. Aussi ne puis-je que vous encourager, Franciliens, qu’à annuler toutes vos activités prévues pour vendredi et samedi soir pour aller vous faire votre impression par vous-même. Pour ma part, je suis restée totalement sans voix d’émerveillement, mais aussi de ce que cette représentation suscite comme émotions.

Le texte de Pascal Rambert est, comme vous pouvez le deviner, un écrit sur la rupture. Un homme, interprété par le ténébreux Régis Lionti, rentre chez lui où se trouve sa compagne et lui annonce froidement que leur relation est terminée. Brutalement même. Et il n’aura de cesse de lui expliquer avec une violence morale presque insoutenable qu’elle ne peut pas lutter contre cette décision, la détruisant intérieurement presque jusqu’à l’écroulement. Lire la suite

Quand les femmes s’imaginent le prince charmant

27 Mai

Image

Après avoir un peu écorné les messieurs récemment à l’occasion d’une petite diatribe sur ceux d’entre eux que l’on peut qualifier de nazebroques, je tenais à rééquilibrer un peu les choses. Parce que je ne peux pas décemment aspirer à l’équité de traitement dans la vie professionnelle et estimer dès que je suis sortie de l’espace ouvert, que nous, femmes avons, toutes les vertus, tandis que les hommes seraient d’odieux lobbyistes exigeant tout de nous sans être prêts à lâcher sur rien. Je ne me ferai pas la voix de ce féminisme de mauvais aloi qui n’envisage le progrès que dans la lutte. Parce que, dans cette série de batailles que nous menons pour tenter de conquérir le cœur d’un preux chevalier, nous aussi avons (bien que ce trait de caractère soit très léger) une microscopique tendance à vouloir le fondant au chocolat (celui qui ne fait pas grossir), le pâtissier, ses tablettes de chocolat, et le cerveau d’Einstein. Une petite infiltration au cœur de nos idéaux s’impose donc, pour mieux comprendre ce que peuvent être nos aspirations amoureuses.

Parmi les désirs communément exprimés, il y a celui du bad boy. On pourrait croire que, passés 25 ans, ce garçon devient aussi attirant que ne l’est Justin Bieber pour un mélomane, et pourtant, le fantasme demeure. Se promener au bras de cet homme mystérieux et imprévisible qui sent bon l’aventure et dont le côté macho donne le sentiment d’être protégée (ceci tant que sa bad boy attitude ne se traduit pas en violence envers sa copine). La joie de vivre au jour le jour, d’avoir un mec qui soit un peu rock’n’roll, avec lequel demain est toujours différent d’aujourd’hui. Son assurance attire, ses tatouages excitent, son côté spontané fait voyager. Mais avoir un vrai bad boy qui va se battre à la première occasion, passe sa vie en pantalon baggy et en marcel, et n’a aucun projet d’avenir, ça, non. Le bad boy charmant a un travail fixe et si possible correctement rémunéré, n’est impliqué dans aucun trafic d’aucune sorte, et a des accès de spontanéité qui nous mènent en we dans les pubs des Pays-Bas ou sur les plages du Touquet. Et veille bien à ne pas laisser apparaître certains de ses tatouages lors des présentations à ses beaux-parents. Lire la suite

La fille qui avait peur

18 Mai

Image

C’est l’histoire d’une fille qui avait peur. Elle avait peur de traverser la rue, parce que c’est dangereux une rue, même quand il y a un feu, et même si on regarde bien à droite et à gauche, on peut se faire écraser. Elle avait peur aussi quand les autres n’étaient pas à l’heure qu’il leur soit arrivé quelque chose. Elle avait peur que la maison explose si elle oubliait de fermer le gaz. Alors elle prenait beaucoup de précautions et très peu de risques.

La fille grandit et elle avait toujours peur. Elle avait compris que pour les voitures, on n’était pas à l’abri mais qu’il était rare qu’un accident arrive quand on regardait bien des deux côtés. Et puis que la maison n’allait pas exploser comme ça d’un coup. Et que beaucoup de gens étaient en retard, et qu’il ne devenait normal de s’en préoccuper qu’à compter d’un délai conséquent. Mais elle avait trouvé d’autres peurs pour l’occuper. La peur des piqûres de frelons en été, la peur qu’on se moque d’elle si elle était mal habillée, la peur d’avoir des mauvaises notes…Alors elle continuait à faire attention à tous les dangers et elle travaillait dur pour être une bonne élève. Lire la suite

Le concept du nazebroque

12 Mai

 nazebroque

Chères lectrices et (peut-être, ça dépend, c’est à voir) chers lecteurs,

Je me permettrai aujourd’hui une digression sans doute honteusement partiale, qui pourra à tort me faire passer pour une féministe, en vous parlant de cette espèce qui semble en voie d’expansion sans qu’aucun phénomène géologique ou climatique ne vienne l’expliquer : le nazebroque. Je parlais de féminisme parce qu’il est possible que la nazebroquine existe, mais que je ne tiens pas à m’attaquer à mes consœurs aujourd’hui, tenant soudainement la solidarité féminine pour une valeur phare de mon existence.

Ehontément détrôné par le « selfie » parmi les mots nouvellement rentrés ou re-rentrés dans le dictionnaire (alors qu’il existait déjà depuis longtemps un synonyme plus élégant répondant au doux nom d’autoportrait), le nazebroque est présent uniquement sur le wiktionnaire, sous la charmante définition de « naze, démodé, sans intérêt, minable ». Commencez donc à trembler si vous faites partie de ces vils pleutres, car ces quelques mots vont bel et bien planter le décor de ce billet.

La principale caractéristique du nazebroque est donc l’insignifiance qu’il finira inévitablement par revêtir (hormis bien sûr, la place qui lui est faite sur cette page). Parce que le nazebroque n’est ni un connard qui abusera de votre bonté, ni un vermisseau de l’amour, ni un homme qui vous fera passer un rendez-vous raté, non. Juste un mâle qui n’est visiblement pas volontaire pour être d’un quelconque usage. Mais qui va tout de même vous faire perdre votre temps, alors que vous auriez utilement pu l’utiliser à regarder la saison 3 de Scandal à lire ou relire tout Flaubert ou un quart de l’œuvre de Balzac (il est évident que nous, femmes, ne lisons que des classiques de la littérature française, consommez local, c’est le ministre qui le dit, et il est tout aussi évident que l’on respecte profondément les préconisations du ministre). Lire la suite

L’Ut final

5 Mai

 

L'UT FINAL

 

 

Le Vingtième Théâtre n’aura eu de cesse de m’enchanter cette année, et il le fait cette fois dans une bonne humeur contagieuse avec cet ut final que nous offre la compagnie les Quat’Quartes. Le pitch pourrait donner des allures de spectacle sous acide. En effet, la fin du monde approche et les derniers humains veulent envoyer dans l’espace une trace du patrimoine musical de la terre sous forme de DVD pour les extra-terrestres. Présenté ainsi, on est raisonnablement en droit de se demander s’il n’y aurait pas un peu d’hélium dans le saxo de ces quatre musiciens et chanteurs de génie, et un peu de colle sur les touches du piano.

 

Dans le fond, j’avoue que je ne jurerais pas que Céline Fabre, Dany Aubert, Robin Laporte et Pierre Pichaud sont totalement « normaux ». Mais très sincèrement, je m’en réjouis. Parce qu’ils ont un talent et une imagination que l’on a rarement l’occasion de voir au théâtre ou dans les salles de concert. Lire la suite

Parlez-moi d’amour

4 Mai

 

 

 

 

 

Cela fait un petit moment que je n’ai pas parlé de théâtre. Non pas que je me sois décidée à me sevrer. Je vous ai simplement sevrés, vous lecteurs, de mes avis sur les pièces que j’ai vues. La faute en revient à un emploi du temps un peu chargé qui ne m’a pas permis à la fois de me rendre dans les salles obscures à fauteuils rouges et d’en parler. Voir ou écrire, il faut parfois choisir.

 

Et pour me remettre dans le bain, et vous dans la douche (ou inversement), je commence par quelque chose de léger et sympathique : des chansons d’amour. Avec un joli duo formé par Lydie Muller, comédienne-chanteuse, et Vincent Prezioso, pianiste-chanteur. Qui nous présentent au Théâtre La Bruyère un sympathique tour de chant, incluant du Barbara, du Piaf, du Blanche-Neige, du Trenet, bref des airs connus et qui font toujours plaisir à entendre et à ré-entendre. Surtout quand on vous les sert avec beaucoup de bonne humeur. Lire la suite

Les compliments pourris

4 Mai

 compliments pourris

Amis lecteurs, l’heure est venue d’évoquer un sujet grave. Ou peut-être pas si grave que ça mais important. Formulé en termes grandiloquents (oui, je sais, j’emploie régulièrement le mot grandiloquent lorsque j’écris), je dirais qu’il est vital de comprendre que votre contribution à la valorisation d’autrui se doit de reposer sur des bases solides nécessitant un sens de l’écoute, de l’observation, de la réflexion et de la formulation allant dans le sens d’une parole qui encourage le fameux autrui. Comme il est probable que vous n’ayez rien compris à mes circonvolutions (oui, j’aime aussi le terme circonvolutions) ou que vous les trouviez trop complexes pour un dimanche soir, je vais donc traiter le sujet de façon un peu plus concrète. En gros, je vous exhorte à arrêter, quand vous faites un compliment, d’en choisir un qui soit pourri et ne fasse pas plaisir. Parce que le coup de la bonne intention est un tantinet éculé. Ce qui compte dans un compliment, c’est le résultat. Et le résultat, c’est que l’autre doit être content de ce que vous lui avez dit.

Au pinacle du pourri, on trouve cette terrible phrase : « je t’admire d’arriver à gérer tout ça », sentence des plus atroces qui soient. En gros, vous êtes en train de signaler à l’autre que vous le prenez pour une personne à deux têtes et six bras qui s’en sort les doigts dans le nez (ce qui au passage, est fort peu élégant) et à qui on pourrait même en rajouter une dose sans que cela ne se voit. Or, il est très probable que la personne en face de vous donne bien le change mais soit épuisée et qu’elle admirerait pour sa part le fait que vous lui offriez votre aide de temps à autre. Au lieu de ça, vous lui signifiez simplement qu’elle va continuer à nager la brasse coulée comme une abrutie dans sa piscine de 200m de long. Ce faux compliment atteint le comble de l’immondice s’il est formulé par le conjoint de la personne admirable, qui, en gros, se tourne les pouces pendant que sa femme ou son homme fait tourner le foyer. Lire la suite

Les carnets du bien-être

Des idées et des outils pour se détendre et se ressourcer

amenaviguante

La douceur et la force du thé, le piquant du chocolat au piment, la passion des mots

Broute le gazon

mais souris pas ! t'en as sur les dents !

cylklique

Des images... et des mots

rienaredire

La douceur et la force du thé, le piquant du chocolat au piment, la passion des mots

Chroniques erratiques d'une emmerdeuse

Wandering City et tout le reste

Les confidences extraordinaires du Professeur Bang

La douceur et la force du thé, le piquant du chocolat au piment, la passion des mots

#EtaleTaCulture – La Culture Générale pour briller en société

La douceur et la force du thé, le piquant du chocolat au piment, la passion des mots