Hitler, son dernier secret

22 Juin

Hitler, son dernier secret Théâtre du Nord Ouest Affiche

 

Chers lecteurs, je me vois tenue de vous frustrer tous ce soir. Et pas uniquement les non Franciliens. Parce que la pièce dont je vais vous parler ne se joue déjà plus. Cela dit, je tenais à en parler quand même.

 

Alors que l’on vient de célébrer le 70ème anniversaire du débarquement allié en Normandie, l’auteur et comédienne Christiane Marchewska nous livre une pièce originale sur le Führer. Et, telle une petite souris qui débarque sur scène en se demandant ce qu’elle y fait, elle commence son spectacle en allant vers le public et en lui annonçant que la représentation est annulée parce qu’elle n’a pas écrit le texte. Public qui oscille entre surprise, crédulité et méfiance. Mais par un coup du sort donc seul le théâtre a le secret, elle donnera tout de même à voir cette histoire de nazisme et d’eau croupie.

 

La scène relate donc la révélation faite par un couple d’anciens serviteurs d’Hitler, restaurateurs au Berghof de 1936 à 1944, et témoins privilégiés de sa relation avec Eva Braun, à une actrice de passage à Munich et interprétant le rôle d’une espionne nazie pendant la guerre (Christiane Marchewska donc, pour ceux qui ont le sens de la déduction). Le couple raconte ainsi les circonstances dans lesquelles il a été recruté dans la résidence privée du Führer et est intarissable sur la personne d’Eva Braun, sa solitude, l’amour porté au Führer malgré la brutalité et parfois la froideur de ce dernier.

 

Et puis, cette actrice venue entendre un scoop finit par s’impatienter, par devenir un peu agressive aussi envers ce couple qui a servi un homme mauvais. Jusqu’à ce que l’homme et la femme hésitants lui révèlent de quoi il retourne [ATTENTION, MEGA SPOILER QUI VOUS GÂCHERA LA PIECE SI ELLE EST REPROGRAMMEE UN JOUR, VOUS DEVEZ ETRE SÛRS DE VOUS SI VOUS CONTINUEZ A LIRE. VRAIMENT SÛRS. ARCHI-SÛRS MÊME]. Ce que nos deux amoureux ont à dire, c’est qu’ils ont élevé un garçon, Siegfried, né alors qu’Adolf et Eva n’étaient pas mariés, comme si c’était le leur. Et que jusque-là, dans leur loyauté et la promesse qu’ils avaient faite à l’époque, ils n’en ont jamais parlé.

 

Mais ils demeurent marqués à vie par la supercherie dont ils ont été les complices. Ils soulignent malgré tout la réelle tendresse des parents biologiques pour cet enfant. Jusqu’au plus tragique de l’histoire [DEUXIEME SPOILER DU BILLET, VOUS ETES VRAIMENT D’UNE CURIOSITE EXCESSIVE, JE PARIE QU’IL VOUS ARRIVE DE LIRE VOICI ET CLOSER]. La véritable raison pour laquelle ce couple a besoin de se confier à quelqu’un après tant d’années, c’est qu’ils ont dû assassiner l’enfant sur ordre du Führer sans même en connaître la raison alors. Et que cette épreuve fût la plus terrible qu’ils aient eue à vivre et leur avait alors fait réaliser le caractère véritablement sanguinaire du chef du national socialisme, au-delà de la peine ressentie à perdre l’enfant qu’ils élevaient comme le leur.

 

Tout au long de la représentation, l’auteur prend plusieurs fois à parti le public, l’incitant à réfléchir sur ce couple simple, sur sa part d’innocence et de culpabilité, sur le sens de la loyauté au Mal également, par leur silence prolongé. Autant de questions auxquelles il est difficile de répondre et qui sont le véritable tour de force de cette création. Qui je l’espère se rejouera ailleurs.

 

 

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